Chauher
Par tout il se trouve des veillaques qui en usent de la sorte, mais icy plus qu’ailleurs ; d’autres en usent plus raisonnablement comme gens d’honneur et d’espée, qui tiendroient à déshonneur qu’une femme les quitte. Ils la tueroient plustost, comme cela arrive quelquefois.
Une autre espèce de mariage est celui à' amoiithé'- (femme à louage). 11 faut encor faire venir un moulna^ qui lit le aifjuè ou paroles adaptées cà ce contract, qui se limite à dix ans, à deux ans, à tant de mois et de jour, conformément à leur pacte. Au bout du terme, l’homme est obligé de luypaïer ce qu’il luya promis, et elle est obligée de se conserverquarante jours ensuite, sans ce donner à aucun, pour voir si elle ne seroit point grosse, d’iceluy.
Une autre espèce de mariage est cehiy de qui a des femmes ou des filles ses esclaves ; il peusts’en servir comme de son /irass^ (propre). Or, les enfans tant des uns que des autres sont censés légitimes et héritent également, sçavoir, un garçon, pser', aura la part de deux filles: posons en une maison un garçon et deux filles ; tout le bien consiste en deux cents tomans ; le garçon prendra cent tomans pour soy et chaque fille aura cinquante tomans.
Pour les femmes répudiées amoiithé , leur temps fini, elles emmènent les filles avec elles si elles le veulent; pour les garçons, ils restent au père. Un homme icy peut espouser quatre femmes légitimes, et à'amoiithé^ autant qu’il voudra; (\q canizes’'" ou esclaves, tant que portera son moïen ; ce qui faict icy que dans les maisons oü est celte polygamie infâme, c’est un enfer. Les enfans de ces diverses femmes sont tousiours en riotles, fetné le pauvre geôlier de ces prisonniers a la gehenne pour concilier
1. Amoutèh ou Amoutia, L'^l est un ancien mot persan qui a le sens de
servante.