‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 128 sur 276 · Fitnèh, discorde, dispute · texte numérisé non relu

Fitnèh, discorde, dispute

leurs différents; il n’y a point d’amour, point d’union ni d'affection. Les voisins sçaventbien qu’en dire. Leur raison icy d’avoir plusieurs femmes est, ce disent-ils, pour la pluralité d’enfans qui puissent servir Dieu, mais la vérité est que c’est pour contenter leur concupiscence, chehvet \ caria raison physique enseigne que ce grand meslange empesclie la génération, tant de tempéramens divers se destruisant et s’achevant l’un l’autre. L’expérience, tegrebé' , le confirme, car icy les Arméniens qui n’ont qu’une femme, abondent en enfans et ces gens cy en ont peu.

Le père venant à mourir^ le fils aisné est le tuteur de tous ses frères. Icy il est plus respecté que dans nos pais, car l’on ne l’appelle point autrement que Yaga (maistre). Cet homme mourant, s’il est du tiers estât, sur lequel la justice a du pouvoir, le kazi faict son enqueste ; s’il a faict le voïage de la Mekke, qui est icy d’obligation une fois en sa vie, il ne prélève rien pour ce, sinon il prend tant de son bien pour hiy achepter une hagge ou voïage de la Mekke que l’on faict faire à quelque autre au nom et pour le mérite du deffunct. Le kazi trouve son compte en ce procédé, ce qui le rend si aspre à la curée.

Chaque enfant maslenaissant, les tambourineurs, nogaretchi\ qui, gagés du Roy, sont en quelque haut bastiment proche la maison du Roy poui‘ sonner les dianes à minuit, à midy, le soir et le matin, envoyent un ou deux de leurs gens, ou plus, selon la condition des personnes, tambouriner à la porte de l’accouchée, et ils ne cesseront point que l’on ne leur aye paié leur droict, qui leur est deu de par la loy du prince. Aucunes femmes veulent tascher d’éviter ce coup, mais les matois ont complot faict avec les sages femmes, mamatché^ ^ qui les advertissent.

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