‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 132 sur 276 · Il faut lire Menbourèh · texte numérisé non relu

Il faut lire Menbourèh

8 Tigh,

peu à peu se retire au dedans dans les os et dans les joinctures, ce qui faict que leurvie se passe en misère, non telle toutefois qu’en Occident, où, comme la crotte de Paris, elle emporte la pièce.

Les enfans icy ne prennent point le nom de quelque terre de leur race; celle ci estant ou de nulle considération ou qui n’aura paru qu’en leur père ou grand père avec esclat, car icy de grandes et anciennes maisons avec leurs alliances qui, comme grands chesnes avec leurs rameaux verdoyans ombragent tout un pais, l’on ne sçait cequec’est. Il n’y a encormoins de ces beaux escussons, armes, blasons, timbres et couronnes, où par les couleurs, par les diverses pièces entretaillées, l’on cognoist et l’alliance et l’antiquité des maisons ; icy mesme , ils n’en ont pas l’idée. Prendre le nom de leurs terres nullement, car icy baronnies, marquizats, comtés, duchés, etc, sont trop beaux titres pour les gens de néant qui icy n’auront de l’esclat, encor passager, que durant leur vie ou partie d’icelle, quand le roy leur aura donné quelque charge à l’ombre de laquelle ils font esclairer un feu de paille qui passe incontinent, ne restant plus que la fumée et la cendre noire pour leurs enfans, qui, pour ce subject, demeurent d’ordinaire plus que pauvres, car tant et tant de kroné zad (enfans de leurs esclaves) kenizes (servantes de couche), de leurs pères et femmes, avec toute la maison, kolphé ^ leur restant à entretenir et n’ayànt pas le deromeden^ du defunct, et par honneur ne pouvant pas rien retrancher de toutes ces bouches inutiles, ils soupirent à chaque moment de leur vie, s’engaigeant de çà et de là en espérance de quelque menseb'' (charge, office), ou d’un don de Roy qui quelquefois viendra, et quelquefois non. Leur vers icy est bien vray :

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