‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 138 sur 276 · Melhleb · texte numérisé non relu

Melhleb

EN L’AN IGGO

fection, puis ayant mis ce soulier en pantoufle ils porteront cet (invention), en disant, c’est moy qui a trouvé cela, et pour se chaulTer à leur feu, il ne faut pas dire le contraire, mais enchérir là dessus, faire le pasmé d’admiration, et si quelqu’un à la traverse disoit avoir veu en d’autres mains quelque chose de mesme, il ne faut dire aré (il est vray), mais tclié neshet daret- (quelle comparaison y a il)? Quelque pièce d’armeurerie, de force mouvante, hydraulique, pnefmatique, que nos Arméniens et Francs auront apportée icy, ils la considéreront et diront, encor à grand peine, koiih tesscrouf est ^ (voilà une belle invention), amnia aibeki dared'" (elle a un petit deffaul). Alors, comme ils ne manquent pas d’esprit ny de malice, ils maçonneront quelque chose approchant qu’ils haut loueront et feront passer cent piques par delà. Ainsi est le resme" (coutume) de ces gens icy à qui le désir du choheret^ (réputation) faict faire des pièces de Zoïlus, mais comme c’est icy la coustume, l’on ne s’estonne point de voir s’imputer à faux le travail d’autruy. La conscience et sincérité ont esté pratiquées bien autrement chez les Européens de tout temps, car un autheur rapportant quelque figure, théoresme et invention qui n’est pas de son creu, ne manquera jamais de mettre le nom de l'auteur, moiitsennef'; autrement il se déshonoreroit soy mesme, en se faisant passer pour copiste. La nature corrompue et viciée en Adam et fomentée en ce désordre produit par ces gens cy encor l)ien d’autres sottizes, comme de se louer tousiours soy mesme et ce qui aidera encor le plus adroictement à leur dessein pour

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