‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 139 sur 276 · MoiilePFaïuiir · texte numérisé non relu

MoiilePFaïuiir

obtenir la meilleure place proche de leur cœur qui se repaist de telles viandes creuses, est de mespriser et abaisser de leur possible leurs compétiteurs, puis par une sainctelé et naïveté pliarisaïque, il dira, kodra tarif ne ml keneni, hemmè kess midoiied^ ( je ne me loue pas moy mesme, un chacun le sçait), car c’est une chose notoire, je ne puis pas le cacher.

Le temps et le papier me manqueroient si je voulois peindre ces gens cy avec les couleurs vives qu’il faudroit et dont j’ay une science expérimentale non encor totale, car, de jour en jour, elle crois! et de plus en plusmefaict rendre grâces à Dieu de m’avoir faict naistre en un païs où la vérité, sincérité, recognoisance et pureté sont les premiers mobiles de nos actions ; que s’il se rencontre quelques petites imperfections, pleut à Dieu qu’elles fussent icy ! en comparaison du procédé de ce païs, elles seroient action de surérogation. L’object immédiat à la puissance empesche d’en faire la sensation, il faut un medium entre deux pour le passage des espèces. Quiconque vouldra voir la beauté de l’Occident, l’ordre admirable de toutes les parties qui le composent tant à raison du civil, eurfP, que de l’ecclésiastique, cheraldi\ qu’il s’en vienne icy, s’informe soigneusement de tout ce qui est icy et entre dans l’esprit du païs ; qu’il hante et converse avec toute sor!ed’estats,non point parpersonneinterposée, mais, qu’avec la langue du païs, il puisse cognoistre scienlifiquementce qu’au rapport de dixmilleilnepourroit s’imaginer; après avoir bien tourné et viré et acquis une science expérimentale, il diracomme en s’estonnant que de cent l’on luy en avoit à peine dit deux.

La langue ordinaire de la Perse est la langue persienne pour le commun, la turquesque pour la cour; la persienne, à cause de

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