‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 140 sur 276 · Cbar’y · texte numérisé non relu

Cbar’y

son indigence, prend la pluspart de ses noms substantifs et adjectifs de l’arabe. Elle a peu de verbes, etencor d’ordinaire elle les laisse pour prendre un nom arabe et raccommoder avec le verbe auxiliaire. L’inllexion de ses verbes est une seule, ils ont peu de temps et aucune distinction de genre masculin ou féminin ; les noms sont sans déclinaison et par conséquent les prépositions sans régime ; la syntaxe a peu de gouvernement, de sorte que dans les phrases l’on trouve les mots tout dans leur entier sans que, comme dans le latin, les dernières syllabes soient changées. Enfin la persienne que l’on appelle icy l’ancien foursse ', se perd de jour en jour pour se meslanger de trop de vocables arabes.

Pour laturquesque, elle est plus régulière dans sa conjugaison, car elle n’en a qu’une seule et uniforme dans tous ses temps; dans tous ses noms de quelconque termination^ elle n’a qu’une seule déclinaison ; lespronomsprimitifs, possessifs, se déclinent demesmepartousles cas sans toutefois avoir de masculinou féminin; les prépositions, leurs cas particuliers comme aussi les verl)es dans la syntaxe suivent en quelque façon la syntaxe latine ; pour la détermination des premières, secondes et troisièmes personnes, on insère de certaines lettres de .AI. N. 1., avec tant d’ordre et de gentillesse que lorsqu’il se trouvedeuxvoïelles,runepar exemple qui détermine la personne, l’autre un cas, comme le datif on l’accusatif, elle interpose une consonanfe pour en éviter la cacophonie. Les langues latine et grecque sont belles pour leur abondance d’inflexions qui toutes ont des significations propres et particulières; la turquesque en cela ne leur cède rienet^ en outre, n’a point tant d’hétéroclites anormaux et diversités de conjugaisons et déclinaisons, par une unique et régulière satisfaisant à tout ce que l’on sçauroit désirer. Le Turc de ce pais cy, appellé Turc Afjemi, est plus délicat à l’oreille que le Turc Osmanloii^

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