Ra'chèli, tremblement, a
récompense de ce brave compagnon, duquel pour se desfaire lionnestement, il ne faut pas le congédier tout d’un coup, ains peu à peu se retirer de sa trop grande conversation et ce adroictement, pour ne pas irriter par trop son tempérament.
Le second est le tabac pris en fumée par le moïen de ces bouteilles et cannes, qui font passer par l’eau cette fumée pour la tempérer. C’est à présent si commun en Perse que les femmes, les enfans et les hommes en usent. Leur tabac n’est pas si violent comme celuy de Saint-Christophle, qui est cordé et confit dans son jus. Icy les fueilles sont desséchées ; les ayant comme conquassées et pulvérisées, ils les détrempent avec de l’eau pour en faire durer la fumée plus longtemps. Ceci encor est une horrible subjection; car s’ils manquent d’en prendre de temps en temps, vous les voyez tout souste (efflanqués et abattus)'. Pour ce subjecC le long des rues, passages et lieux de promenade, vous ne voyez que tabaqueries et vendeurs de tabac tout prêt qu’un More tirera vistement en passant ; il jettera un kasbequi, ou ne donnera rien pour le paiement, puis il suivra promptement son chemin. Cette façon de petun n’enivre pas, mais depuis peu les Yuzbeks, peuple de la Tartarie mineure, leur ont appris, au lieu de tabac, d’y mettre des feuilles de chènevière qui donnent des illusions et des endormissements à la teste merveilleux et pires cent fois que ceux du vin.
Kokenar~ est une autre drogue permise par la loy : c’est le Suc du pavot mis en consistance. Icy l’on en sème des campagnes tout entières. Le matin, le villageois va faire, avant le soleil levé, trois incisions à la teste du pavot par lesquelles découle son suc que ces pauvres gens ramassent ; l’odeur seule les met presque hors d’eux, mesme comme gens attaqués du haut mal.
Icy, dans Hispan et la Perse il y a comme des académies pour