‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 153 sur 276 · Tnhah · texte numérisé non relu

Tnhah

que peut-cstre, le maistre de celte eau courante, pour avoir passé sur son fonds avant d’arriver dans le bain n’est pas content que l’on se purifie de cette eau. Comment voulez-vous que l’usage d’une chose soit licite quand le maistre y contredit? Et après cela vous n’advoquerez pas les Persiens, gens de conscience, qui regardent aux petites choses de la sorte!

11 y a des haiiis qu’ils appellent merdoné\ là où les femmes ne sont pas reçues, et ce pour les hommes qui ne peuvent pas prendre le temps des autres bains.

Si icy les Persiens, hommes et femmes, manquent huit jours d’aller aux bains, il leur semble avoir un million de fourmis, mourché' , qui leur démangent le corps à raison que les pores bouchés, les vapeurs fuligineuses qui veulent sortir par les passages ordinaires et ouverts cherchent passage par les estuves et baigneries.

Cette fréquentation des bains et celte laverie de coi-ps faict que leur odeur tient tousiours du faquenas et particulièrement les femmes qui, dans les rues, puent estrangement et vous empestent de leurs cassolettes ; car, en passant dans les rues, prenez tousiours le dessus du vent, car autrement vous ne manquerez pas de vilain parfum, particulièrement quand il y a quelque temps qu’elles n’ont été au bain. Là encor dans le bain , les femmes font paraislre leur grandeur d’avoir à leur suite quelques esclaves qui les servent, leur grand bassin d’airain à elles, leur pot à puiser de l’eau, leurs tapis mis en terre, leur pierre ponce pour s’oster les caluts des talons, leurs mirouërs et leurs toiles, ne se servant point du tout des ustensiles du bain qui sont communs à toutes.

D’aucuns des plus grands de la Perse ont des bains à eux dans leur maison, et lorsque eux et leurs femmes y vont, ils font

Page 1