Mourlchèli, 4>- jyt
tiS ESTAT DE LA PËliSE
fermer la porte ; entre temps, ils font ouvrir uneporte de derrière pour faire entrer les estrangers qui aident à païer la dépense du bain, et encor, en outre, quelque petite rente qui sert à la maison.
De maladies dans la Perse, le Bender Abbassi, port surle Sinus Persicus en pourvoit assez bien les marchands qui passent par là pour aller aux Indes. Il y a assez bonne garnison de marchands anglois et hollandois ; l’intempérie de la chaleur avec les vapeurs de la mer auxquelles la montagne ne permet pas d’aller ailleurs, font trouver à plusieurs passagers en ce lieu ce qu’ils ne cherchent pas; s’ils ne demeurent là en garnison, d’ordinaire ils s’en reviennent icy avec une maladie, telles que fiebvres et langueurs irrégulières dont il faudroit encor ajouter l’espèce à celles que Fernel a descriptes. Les mauvaises eaux de Lar, qui sont de cisternes où, dans ces eaux croupissantes, s'amassent des insectes infinis, causent des endures de jambes et dans icelles comme un ver qui perce de sa teste la peau pour regarder ce qui se passe au dehors. L’expérience a appris à ces gens icy de le tirer peu à peu, le roulant chaque jour d’autant qu’ils le peuvent tirer sur un petit rouleau de bois, mais que l’on se garde que, précipitant la besogne, l’on le vienne à casser, car surviennent alors des douleurs intolérables ’.
Icy les gouttes ne sont pas ordinaires, non plus que leurs supposts ; il y a peu de la gravelle ; il y a quelque espèce de ladrerie, beres', car à beaucoup vous verrez leur corps ou leur
1. Il s’agit clans ce passage du dragonneau ou ver de Médine appelé par les Persans richtùh, })eyouk, ou erqi medcni, Jju M. Schlimmer a consacré à cette maladie fréc^uente dans le, sud de la Perse et à son traitement, un long chapitre dans sa Terminologie médico-pharmaceutique française-persane, pages 198-214.
2. Bores, j . Cette maladie est connue sous le nom vulgaire de ph (sale, immonde) ; elle est une affection endémique spéciale mais rare, se caractérisant par des taches plus blanches ou plutôt plus pâles que le reste de la peau (ou bien comparables pour la couleur à celle de cicatrices résultant de profondes brûlures chez des personnes de teint plus ou moins bronzé) d'étendue diverse, sans prurit, sans
EN L’AN IGGO
visage comme de marbre, quelques parties blanches sont comme dominées d’excès de pituite, d’autres sont brunes de leur couleur naturelle, car les gens naturels du païs ont quelque peu du blanc d’Égypte, non pas tout <à faict.
D’escrouelles, krtmasir \ il s’en trouve quelques-unes, avec beaucoup d’hémorrhoïdes , ^ lesquelles bouchées ou
arrestées ne manquent point de dégénérer en hydropisie, cstiska^. Au temps des melons, mais particulièrement comme au mois d’aoust, il y a force fiebvres avec grands tremblemens, ce qui ne peut provenir que des crudités et quantités de fruitages qu’ils mangent. Le pourpre, haspè'*, en emporte encor assez. Les petits enfans sont aussi, comme en nos quartiers, subjects à laverette, lesquels en sonticy quelquefois esborgnés
plus que chez nous.
Outre ces maux génériques, il y a quantité de douleurs intérieures d’espaules, de jambes, d’os, de cuisses, lesquelles ne viennent toutes d’autres sources que de Yatechnk , qui s’étant retranché au dedans, suivant les changemens du temps, envoyé ses qualités d’un coslé et d’autre, et si l’air estoit humide dans ce païs, ils tomberoient par pièces. Icy sont aussi quantités de tayes, perdé'^, sur les yeux qui grossissent et débordent à merveille au dehors. Une autre maladie est encore celle de l’esprit, de laquelle un homme ne guérit point qu’à la mort ; c’est la folie ou privation de jugement; plusieurs personnes icy sont de
sét-rétion aucune, sans inégalités ou aspérités, dont la guérison a été jusqu’ici difficile et qui par cela persistent souvent pendant de longues années chez des individus de caractère insouciant qui n’en font aucun cas et cachent leur mal aux yeux de leurs parents et de leurs proches pour n’ètre point exclus de leur société. Schlimraer, Terminologie, pages 22-21 .