‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 155 sur 276 · Tchitchek, variole, ce mot est turc · texte numérisé non relu

Tchitchek, variole, ce mot est turc

G. Perdèh, «j j

ESTAT DE F.A PERSE

ce rosie. Dans quelque saison de l’année, ils reviennent un peu à eux ; en d’autres temps, ils mériteroient les petites maisons. La grande sécheresse de l’air, l’inquiétude de la vie humaine touchant la dépense et la pensée où la trouver, qui est logée dans la plus grande part des maisons, pourroient bien causer ce désordre dans leur cervelle joint avec cette pétunerie continuelle.

Icy, les malades estant comme désespérés, la coustume est d’allumer plusieurs feux sur la terrasse de la maison, affin que ceux qui voient cela, prient Dieu pour la santé du malade, ce qui n’est pas mauvais. Si ces feux ne profitent pas pour cela, au moins servent-ils pour avertir le messager Eblis^ que on doibt faire la dernière voicture. Le médecin venant voir son malade met d’ordinaire deux cordes à son arc ; en arrivant, après avoir considéré son patient, il rassure les esprits des assistants en disant : Akhet be kreir Jdchdadagué nist^ (la fin en sera bonne, il n’y a aucune appréhension) ; en sortant vers la porte il dira à quelque domestique comme en secret, aagel ech resid goun nemitoned bourden ^ (son heure de mort naturelle est arrivée, il ne sçauroit réchapper) et ainsi quoy qu’il arrive, il a ses garants qui le justifient, lui et sa judiciaire.

Pour l’enterrement, nous l’avons descript ci-dessus. Après avoir descript ce que nous avons pu remarquer des façons de faire de ces gens icy en général, nous particulariserons sur toutes sortes de conditions, des plus hautes jusques aux moindres; d’autant que pour faire une description méthodique qui comprenne tous les habilans d’un royaume chrétien, l’on les divise d’ordinaire en trois ordres, sçavoir ceux du clergé, de la noblesse et du tiers estât ; aussi me proposant de descrire les

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