Serbadd, frontière, js
Les sultons sonl des petits gouverneurs d’une place ou d’une contrée seulement ; iceux sont soubs les kams^ mais leur investiture ou leur déposition est indépendante d’iceux.
Ces trois estats qui passent icy pour gouverneurs, mangent les provinces, car le mot ordinaire y est propre en cette langue, d’autant plus, que pour demander qui gouverne tel pais, l’on dit qiiis flan olkeïmikouret'^ (qui est celuy qui mange tel pais ou telle province) ? pour dire a qui gouverne tel pais, »
Iceux reçoivent les revenus, et là-dessus leur entretien pris, ils sont obligés de païer leur soldatesque, de donner telle somme par an dans les coffres du roy, au grand vizir, telle somme, et ce par an et par obligation. A présent, pour se maintenir, en outre, de leur libéralité, ils envoient de temps en temps au roy des présents, des barkroné-, comme chevaux, fruicts, esclaves et fdles, comme aussi aux grands de la cour pour qu’ils soient leur souslien, et pour le cas où plumant leurs poules trop fort, si elles viennent à crier, les oreilles de ceux qui pourroient en prendre cognoissance soient bouchées.
S’ils se montroient trop serrés en cecy, l’on a encore deux machines pour deslier leurs bourses. Le roy pour récompenser un officier, envoie à ce kam ou sidton, quelque oiseau de sa vennerie avec ordre de donner au porleur tant; en outre, il faut qu’il fasse son présent à part. L’on luy porte cet oiseau ; luy avec sa cour vient au devant, le reçoit avec mille témoignages d’allégresse de se voir dans le bon souvenir du roy. Un chacun de ses gens loue cette clieveche, qui d’ordinaire, n’a ni serre ni bec, et est un vieil oiseau dont il faut descbarger la fauconnerie. Enfin le kam qui voit bien que ce n’est pas pour la perdrix, la grue ou la gazelle que cet oiseau est venu, mais pour luy tirer une dent, faict le magnifique de contenance,