‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 158 sur 276 · Barkhanèh, «lU-jl · texte numérisé non relu

Barkhanèh, «lU-jl

traicte à merveille son hosle afin que, à son retour, il en fasse un récit avantageux au roy. De cette mesme façon, il leur envoyé une veste ou kaleate \ de quoy ils séparent dans les jours d’honneur.

Toutefois, si ces choses ne hiy venoient quelquefois, luy mesme se les procure par argent et amis, et ce pour estonner ses subjects qui auroient quelque envie de se plaindre de ses tyrannies, appellées chekaiet^, car alors eux votant que le roy luy envoie tel ou tel présent, ils le croient fort intime du prince et que, par conséquent, leurs plaintes ne serviroient que pour leur attirer quelques bastonnades qui leur cousteroient encor de l’argent.

Outre ceux cy, il y a encor les coiitouals^ gouverneurs

d’une petite place, roc, bastille ou chasteau, où l’on met les mauvais garçons en dépost.

Pour le criminel, le premier est le divan begui, qui est comme le grand prévost du royaume ; à iceluy doibvent estre reportés tous les meurtres signalés, et il a droict d’en prendre cognoissance. Iceluy a soubs soy quantité de cavaliers, d’archers, de piétons, qui sont autant de lévriers qu’il envoie à la chasse.

Dans chaque ville, en outre, le roy envoie chaque an ou le continue un daroga^ qui est prévost ayant Tintendance du criminel. Cecy d’ordinaire est pour récompenser un officier. Celuy-ci arrive dans son lieu, réveille les vieux péchés, prend de l’agresseur et de l’agressé, et les battus paient aussi bien l’amende comme celuy qui a battu. Icynos procédures d’Europe, rapports du chirurgien, pensions alimentaires, etc., ne sont point en usage : s’il y a du sang respandu, des injures dites, le tout se termine au profit de ce bon sainct, que Ton peust bien dire qu’il maugeles péchés du peuple.

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