‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 188 sur 276 · Chàl, jU · texte numérisé non relu

Chàl, jU

dit non, valla ne midehem'^ (par Dieu, je n’en donnerai pas tant). L’aulre le repince ailleurs pourhausser ou baisser le prix. Vous diriez que leurs doigts sont un clavier d’épinette, dont en touchant quelque marche, l’on luy faict sonner le ton que l’on désire. Us continueront quelque temps cette pince-morille alternativement jusques à ce qu’ils s’accordent sur le prix.

Mentir, jurer et se dédire, apporter le privilège des Normands, lesquels n’ont que vingt-quatre heures seulement, mais qui icy est sans limite, cela est l’ordinaire. 11 n’y a point d’autre raison sinon que, Makboum choudem' (j’ay esté trompé), Cheraïa 710X0)1 ne mi fei'maied^ (la loy ne commande la perte d’aucun). 11 n’y a point de parole asseurée et arrestée, car fausser sa foy, se parjurer, c’est icy chose commune. Aussi un homme quelque honneste qu’il soit, ne prendra point en mauvaise part d’entendre que l’on luy dise, di'ourj (joufti' (tu as menti). De tromperies dans la marchandise à revendre, le proverbe de llispan estant ab ba ab kati mikonende^ (les Persans pour vendre de l’eau mesleront de l’eau avec), c’est-à-dire que ils altèrent tout. Il n’y a marchand qui vend à balance qui n’aye une pierre pour peser en acheptant et une autre pierre pour vendre. Tune et l’autre différentes du juste poids ; avec cela, ils ont la main adroicte pour donner le tour à la balance. D’aucuns laissent traisner d’un des bassins une petite corde à terre et mettent le pied dessus, particulièrement en vendant choses grossières comme bled, charbon, bois, raves ou choux.

Un marchand acheptera vostre marchandise à païer à tel terme. Durant ce temps, il vendra la marchandise à profit s’il

Page 1