Maièl), capital, mise de fonds, <i>U
dans leur mestier, qui est une vie plus lucrative et moins fainéante que de s’attacher à une boutique, car en cet estât, ils ont tousiours un pied dans l’air, d’où nos Porfugois les appellent coiiratoures .
Les ouvriers principaux icy sont les Charbo.fes \ ouvrier:, en toile d’or, d’argent et de soye à haute lice, en quoy ils surpassent l’Occident, pour de peu faire quelque chose. 11 est vray que les zerhafes, ou estoffes d’or de Venise, sont icy plus chères et plus estimées à cause qu’elles sont plus chargées d’or et d’argent, celles d’icy estant plus à la légère, Mesme dans Yezde, l’on tire si délié le fd de laton que l’on le met en estoffe comme or, que, durant six mois, l’on auroit de la peine aie discerner d’avec le vrai filet d’or.
Zerkech^ sont ceux qui tirent l’or et l’argent en filets par filières, si délicats que cà peine l’on le voit.
Makkekou'^ sont ceux qui, sur des enclumes très polies et marteaux de mesme, aplatissent cet argent et cet or traicts et les femmes des ouvriers les roulent sur la soye pour les employer.
Ces trois sortes d’ouvriers n’en doibvent rien aux nostres pour l’habileté, vu le peu d’instruments dont ils se servent.
Zeryner* sont orfebvres ; ils sont infinis en nombre et pauvres gaigne-mailles qui, le matin, chargent leur fourneau, soufflet et boutique, à leur col et vont travailler là où l’on les appelle ; d’autres sont de résidence en leur boutique, mais avec tout cela, ils sont bien gueux. Leurs ouvrages sont comme pour faire des bagues de chambrières, des ceinturons, des joncs et autres petites nippes, carde ces grandes et hardies pièces telles que celles que l’on voit à la foire de Saint-Germain, à Paris, il n’y a pas d’ouvrier qui les puisse faire, ny aucun qui les puisse commander.