‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 198 sur 276 · Tchenar, platane, jlU · texte numérisé non relu

Tchenar, platane, jlU

vent d’un oustil appelé tiché \ qui est presque faict comme une petite herminette, la teste leur servant encor de marteau.

Sahaf^^^ relieur de libvres, le tout tà la grecque, sans nerfs, qui à la vérité, tiennent bien le dos d’un llbvreen estât, mais empeschent l’ouverture totale d’iceluy, et luy faisant force, voilà que le libvre crève et que le dos d’iceluy faict gouttière. Ils rognent leurs libvres avec un grand Cousteau, l’unissent avec une râpe, n’ayant point encor l’usage de notre tourniquet à rogner les libvres. De dorer sur tranche et sur le maroquin, il n’y a point de nouvelles ; cela est particulier pour nos libvres qui contiennent la vérité.

Kagaz saze^^ papetier. Ils font du papier, mais assez grossièrement. Les Juifs et les ramasseurs de guenilles leur en ayant assez fourni, ils les lessivent et les font pourrir, puis au lieu que nous les mettons au moulin, ils ont une roue de pierre, pour les broyer, comme nos huiliers en France, puis ils les mettent en une auge pleine d’eau ; leur châssis est de jonc assez grossier où, chez nous, il est de fil de laton. Leur papier tout rabotu doibt estre lissé avec une paste de verre solide faicte à ce dessein, autrement l’on n’y sçauroit escrire ; ils passent dessus le nechasté * ou colle, autrement l’encre passeroit comme au travers d’une toile.

Voilà les principaux et plus relevés ouvriers d’icy. Quant aux autres, nous n’en mettrons que le nom, n’y ayant rien de remarquable.

Ahengue7''\ ferronniers, taillandiers, œuvres blanches.

Kefch douze cordonniers, dont le point menu ne cède en rien à celui des nostres et peut estre l’emporte.

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