‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 206 sur 276 · Benna, maçon, l · texte numérisé non relu

Benna, maçon, l

loules de matons cuits au soleil. Ces gens icy en travaillant parlent tousiours : krichtebdé' (donne moy une tuille),^w?7 bdé- (donne moy du mortier), qui n'est que terre destrempée sans chaux; Jiimé bdé^ (donne une demi tuille), koulouk bdé\ (une pièce), et ainsi en marmottant continuellement, l’accoustumance faict que leur gosier ne crève point de sécheresse causée d’un si long gourmellement. Ils font les murailles assez droictes, sans niveau et sans truelles ; seulement pour les renduire avec du kahguil^ (mortier faict avec de la paille), ils le font avec le malé^' (truelle), qui n’est qu’une lame d’acierlongue d’un demi pied et large de quatre doigts qui a dessus comme un petit archet de bois attaché à cette lamepour l’empoigner. Ils unissent fort bien leur renduit, font en moins de rien des voustes de toutes façons, sans cintres ; seulement, pour commencer un rang de matons, ils auront un gros baston un peu courbé, et sur iceluy ayant posé ce premier rang de matons avec du piastre, qui sèche icy incontinent, sur celte arcade, ils continuent à attacher et planir leurs matons, qui, en moins de rien, prennent forme de vouste. Aussi n'imaginez icy de grands dômes et voustes comme Saint- Pierre de Rome ou Nostre-Dame de Paris. Mais icy l’on s’en passe et les logis ne sont point tant hors de raison. Quant au piastre, qui est le second et dernier renduit, ils l’unissent mieux qu’à Paris : vous diriez que c’est du blanc en bourre, poli sans fractures, ni fentes, ni diversité de pierres, qui feraient paroistre le lieu où l’on a commencé et fini.

Ceux qui veulent passer outre, collenlavec de la ^omme^samke\

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