Cherachir iiaz, qui joue du sabre, jlj
que justice civile et appai’ente, puisque l’offensé se met en armes égales avec l’offenseur comme luy voulant faire sçavoir : « Vous m’avez offensé, je désire en retirer la vengeance ; que si c’est moy qui vous ay offensé, faictes en de mesme. Je ne prends aucun advantage sur vous ; que le sort des armes et ce que, selon votre condition, vous avez deu apprendre à l’académie vuident nostre différent. » Mais icy ils procèdent tout autrement ; car après avoir enombré une légende d’injures et ne faisant désormais que les répéter, pour n’en pouvoir plus désormais forger de nouvelles, si la passion n’est satisfaicte par ce procédé de lavandières, l’un ne manquera pas, à son avantage et en cachette, sans bazarder sa personne, de tascher de tuer l’autre, et ceci arrive quelque fois sur le différent d’une kahbé^ fahsché ‘ ou d’un erjlomi, n’en cherchez point la signification; — car sur un point d’honneur, sur une place prétendue par droict de préséance, pour un mépris imaginaire, leurs patientes espées ne sortent jamais du fourreau pour ces subjects trop spirituels et trop délicats pour eux, leurs meurtres et assassinats, n’arrivant d’ordinaire que dans le bail elletif^ (patte mouche).
Pour retourner à nos spadassins, quelquefois, dans une place publique, deux coquins qui vivent d’industrie, l’un et l’autre avec un bouclier, tiirse^, à la main gauche et un baston à la droicte, se mettent par jeu à tirer quelques coups d’estrançon, zerbe et non point d’estoc, soukoulmé^" ; l’un et l’autre sautillent continuellement pour tascher de se surprendre au défaut de la rondache, et le premier coup qui touche l’emporte. Leur intention est d’assembler les fainéans et les passans, car leur jeu fini, vous voyez l’un d’iceux faire le complaisant et allonger la main pour