‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 210 sur 276 · Sokoulmèh, ce mot est turc · texte numérisé non relu

Sokoulmèh, ce mot est turc

retirer quelque denier des spectateurs. Aucuns qui en ont trop donnent ; d’autres sentant ce terme d’exaction volontaire s’approcher, lèvent le siège sans attendre cette estocade, ce que voyant, ces matois, par une autre ruse plus spirituelle, se mettront d’ordinaire à crier : duchemen morteza Ali cheved on kes ke verkrized' (qu’il soit tenu pour ennemi de morteza Ali qui est leur second grand prophète celuy qui se lèvera) ! Lors ou par timidité ou par crainte de passer pour infidelle, Kafei\ ou pour Sojini, Turc, qui ne recognoissent point cette sainctelé, ils resteront là et, par considération d’estat et par cérémonie, ils sont obligés à quelque denier. Pour amasser encor mieux leur monde, ils font sonner les nagaré , qui sont des pots de terre couverts d’une peau de parchemin qu’ils battent avec deux petits bastons; carde se renfermer en quelque lieu, comme nos comédiens en un jeu de paulme, et envoïer un tambour pour assem- 1er le peuple, ils pourroient bien jouer au large sans que Taffluement les empeschast, ces gens icy n’estant point si curieux, de sorte qu’il faut que tous les tamascha^ (divertissemens), se fassent en pleine rue comme les suivants, autrement il n’y viendroit personne.

Rismon baze'^, danseurs de corde. Ceux cy n’en doibvent rien auxnostres. Les commençans se servent du contrepoids, les autres non, et ils font là dessus des tours de passe-passe que Cille le niais, l’an 1645, ne faisoit pas en France.

Hokka joueurs de gobelets. Ceux cy font encor assez

bien leur mestier ; pour des boutons, ils se servent d’œufs. Couper le filet, le tirer de la bouche, jetter le feu par icelle, ainsi que les eaux de diverses couleurs, ils le font assez adroictement.

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