Qassas, conteur public
EN I/AN IfiOO
tabac en fumée est le premier mets, qu’ils prennent d’une façon assez industrieuse et commode pour amortir sa trop grande force, car ils ont une bouteille pâtée cà gros et égal col, pleine au deux tiers d’eau. Dans le col de cette bouteille prend un canal de bois tourné et percé; dans ce trou est un canal de laton ou fer blanc, qui, du fond de celte bouteille, s’enva jusques à cinq ou six doigts par dessus le col de celte bouteille. Lcà se met la teste du galion faicte quelquefois de terre ou d’argent; on y met le petun un peu détrempé en eau pour le faire fumer davantage; dessus on met un charbon. Ensuite dans ce bois tourné, rais\ au haut de cette bouteille est comme un tuyau d’argent ou de laton comme en saillie dans lequel s’articule une canne creuse, longue de trois, quatre et cinq pieds. Maintenant, en tirant de l’haleinel’airde là dedans, la fumée de ce tabac est attirée le long du canal de fer blanc; elle en sort, et passe par cette eau, par ce tuyau en saillie et par cette longue canne et vient dans la bouche de ce pétuneur. Tout l’instrument s’appelle c/alioîi^, ce qui est icy, à présent, si en usage que hommes, femmes et enfans, en prennent en tout lieu et en toute occurrence, d’où il arrive qu’en tous lieux de passage, et en toutes les places, vous ne voyez autre chose que gens qui tiennent quantité de ces galions tout prests.
Teberdar’' : ce sont autre sorte de canailles, car ils sont fascheux soubs un zèle de loy. L’on les appelle ainsi à cause d’une grande hache d’armes qu’ils portent tousiours en main. Ceux cy vont par les rues et les places, là où ils voyent du monde capable, ce leur semble, de leur donner quelque chose. Ils disent des histoires de guerre des grands héros, de leurs saincts,et quand ils voyent passer quelque gair mellet (qui n’est pas mahométan), vous di-