‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 224 sur 276 · Erbaby, bien d’un propriétaire · texte numérisé non relu

Erbaby, bien d’un propriétaire

fermier de la pari du roy, qui a toutes ces terres à sa disposition. Les villageois, selon leur force, prennent delny tant ou tant de terre, rensemencent à leur volonté, puis au temps delà moisson, dereaii \ ce vizir fait sa cavalcade, et Vestefa^ (estimation du revenu); un tiers, une moitié^ plus ou moins est pour le villageois, le reste est pourle roy. Gestuy-cyfaict ses procès-verbaux, établit un rosie que tel et tel villageois doibt tant au compte du roy et il envoyé cela au de fier kroné (chambre des comptes), qui ramasse tous ces papiers, et d’iceux en paye les officiers du roy et la soldatesque, les païant en berat (papier), pour que eux s’aillent faire païer là.

Lorsque le vizir faict son estimation, il juge à l’étiquette du sac et par une simple veue sur l’apparence des espis; si le païsan homme d’entendement fermant la bouche, ouvre la main, il sera content de la taxe; mais s’il faict le contraire, en ne faisant que clabauder, il sera sanglé et les poulces lui seront si fort serrés que il n’osera toucher à la moisson de peur d’estre redebvable; de sorte que, aucunes fois, pour l’avarice et opiniastreté de l’un et de l’autre, la neige, berfe^, et glace, yark'^, survenant, ils feront la moisson hors de temps; et par cela commence et se continue la ruine de ce royaume, car les vizirs qui ont infinies bouches à contenter à la cour, pour conserver leur oflice ruinent tout le plat pais.

Les fruits de la Perse sont le froment, le riz et le mil, car il n’y a ny seigles iiy avoines. Ils ont des orges pour les chevaux, ensuite tous les fruicts que nous avons en France, non point en les mêmes quantité et qualité et non point en toutes ses parties, car aucunes donnent les oranges et les limons; d’autres, les abricots, les poires, les pommes; d’autres, les châtaignes ;

Page 1