‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 23 sur 276 · Gouraz, jl · texte numérisé non relu

Gouraz, jl

tionnée à leurs forces. Cinq ou six cents tomans mange cet office.

EcJiik agaci' (maistre du dehors). Celuy-cy est appelé grand portier du Roy, lequel estant dans son séant, iceluy est là avec une canne ou baston pour l’ordre du merjeles ; ainsi l’on le pourroit appeler grand maistre des cérémonies. Soubs luy sont les Sohbet aiasoid^ qui sont encore les petits maistres de cérémonies. Iceux sont tousionrs dans le megeles du Roy avec un baston ou canne pour faire tenir les places à un chacun. Chacun de ces officiers aura par an quelque quatre-vingts tomans au plus, leur chef [echik agacï), aura cinq ou six cents tomans, car iceluy sur chaque présent que l’on faict au Roy, l’on en fait (estimation): de dix, il luy faut païer un ; le présent

estant estimé cent tomans, il faut que celuy qui fera ce présent paye en argent à cet officier dix tomans, et ce par obligation.

MetJier\ c’est tousiours un chastré {coagé)'\ Iceluy demeure tousionrs en la maison du Roy. Son office est de porter le mouchouër {destcmaiy du Roy: pour ce subject^ il porte à sa ceinture un petit coffret d’or, dans lequel sont quelques moucbouërs. Celuy-cy entre avec le Roy, sans danger, dans son haram. Ce que cet officier mange ou plutôt amasse, cela ne se peust évalüer, car comme domestique du dedans, l’on ne sauroit cognoistre sa dépense qui n’est pas grand chose, pour estre un chastré. Néantmoins, ils sont les plus avares vilains qui soient en ce pais ; car, comme de tempéramment ils sont froids, ils sont comme les crapauds qui gardent tousiours de la terre entre les pattes de peur qu’elle leur manque. Ils sont tousiours dans l’inquiétude, dissi-

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