Ileraret
ü. liisaf, justice, droiture, éijuilé,
son monde par un certain son clair, ce qui n’arrive que trop souvent, les uns et les autres ne cherchant que àexpiner et faire leur compte.
Le grain, comme nous avons dit, est trituré et esvenlé comme chez nous, mais non point vanné (car icy il n’y a point de vans), mais bien criblé, kalbir^\ l’on le pèse pour que un chacun en prenne son droicl, qui moitié par moitié^ plus ou moins, selon que les terres sont de difficile valeur et entretien; le maistre faict mettre sa part dans des sacs, joüales-, puis sur des asnes ou des mules, le villageois la porte en ville tousiours accompagné, autrement il s’y treuveroit du deschel.
Quant aux semences que l’on confie aux villageois, icy il n’y en a point : car, par plusieurs expériences, ils ont treuvé que le païsan porteroit ce dépost au moulin ou marché plus tost que de le garder fidèlement pour l’enterrer en son temps. Au temps de la semaine, il faut estre présent pour voir espandre et enterrer le grain, car autrement, l’an suivant, il n’y auroit point de moisson. Or l’industrie et la malice de ces kentehj'^ n’ont point encor treuvé d’invention pour retirer et ramasser avec profit ce dépost confié à la terre, quoy qu’ils n’aient pas manqué d’y penser longtemps; peut estre y réussiront ils un jour, car ils sçavent d’autres tours qui ne sont gueres loin de cestuy cy.
Pour la paille qui est, comme il est dit, triturée, les villageois, après leur petite provision, apportent vendre le reste en ville dans des sacs. Quant aux erbabe ou maistres, les plus riches garderont d’ordinaire un kator\ qui sont sept chameaux, que un sarboîi^ (chamelier) doibt panser chaque jour; celuy cy envoie ses gens quérir la paille de ses provisions, et ce avec