Serban
des filets, qui sont encore en façon de poche, mais à quarreaux.
L’hiver, les villageois, pour ne point perdre de temps (car là ils n’ont pas de fosses à creuser, de haies à relever), envolent leurs valets et leurs petits enfans avec leurs asnes et leurs mulets, au pied des montagnes charger du piastre crud, kech, qui ne couste que à prendre et le porter aux fourneaux de la ville, karépeze, et de là ils vont le long des rues ramasser les ordures pour faire leurs fumiers.
Ils vont aussi proche du fleuve ramasser du sable et du gravier pour les porter dans leurs terres qui sont des terres fortes, pour les rendre un peu plus légères et plus faciles d’estre arrosées au fond.
Ascia¥ , sont moulins à farine, car àtan et à foulon, il n’y en a point. Ces machines sont, selon le pais, à petites roues, qui sont doubles, pour prendre davantage d’eau qui tombe tout d’un coup sur leurs palettes, non par des gouttières, mais par une subite cascade d’eau de rivière ou de ruisseau,, que l’on aura détachée par un conduict lointain pour l’élever plus haut que son canal naturel. La meule n’est que d’une pierre seule arrondie avec le marteau de trois pieds de diamètre, laquelle tourne sur l’immobile, qui est d’un diamètre approchant. Cette machine tourne très vite à cause de sa légèreté, et fait de la farine assez subtile, non toutefois tant que la nostre. Icy, il n’y a point de tour de bois autour de la meule ; le point rond en quarré où nos meuniers sçavent bien faire réserver les premiers leur part de la farine, ne cause point de procès, seulement avec un peu de terre franche, rouste ou argile, ils eslèvent un peu les bords pour empescher la farine d’eschapper. Leur trémie est sanstraquet, car le maistre du bled est tousiours présent lorsqu’il moût, autrement il ne treuveroit pas son compte.
Les meusniers ne vont point icy à la chasse des pochées de