Menzil, station, gîte, JjL
après l’avoir liié, l’avoir escorché et avoir nettoyé le dedans, ils le renfermeront dans sa propre peau ; puis, ayant faict un grand brasier, ils le couvriront de feu dessus et dessoubs, faisant ainsi, que l’on auroit de la peine à juger si c’est paslé, fiemboust\ bouilly, yakni^ , ou rosti, berion^. Voilà comme ils en usent quelquefois, non d’ordinaire, car il ne faut pas marcher à si grands frais pour s^accommoder au païs.
Caravansera [corps de logis pour les passans). Aucuns se treuvent ça et là en la Perse ; ils sont assez beaux, bien bastis de quarreaux cuicts, que la dévotion d’aucuns a légués au public. Ceci s’appelle kreir gari’' (bien courant et éternel), d’autant que un chascun qui y loge, moufle'’ (pour rien), donne quelque doa (prières) pour le fondateur. D’ordinaire, ce grand corps de logis sera gardé par un hixxücpmcr , doukondar^ ^ qui aura sa pelite boutique à la porte, comme nos Coridons à la porte des collèges d’une université.
Sepher'' (voïages), ne se font pas icycomme en France, à quelle heure que l’on veut, en prenant le jour déterminé d’un messager de la poste, ou d’un relai. Icy, l’on s’enqueste si quelqu’un veut aller en tel endroit ; un chacun s’abouche, et ainsi, comme une boule de neige, peu à peu se grossit la pluralité de ceux qui veulent prendre la mesme roule. Les principaux marchands donnent le bransle de sortir, et pour plus grande quiétude et ordre, comme aussi pour païer les péages, les passages, et satisfaire pour tous, ils eslisenl un karavan bachi (chef de caravanne). Celuy cy aux difficultés de passage, aux arrests, aux