‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 253 sur 276 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Le 24 novembre 1664. *■

Au Roy. •

Sire, ?

L’exactitude avec laquelle nous devons exécuter les ordres dont ^

il a plu à Vostre Majesté de nous honorer, nous fait prendre la ^

liberté de l’informer des moindres particularités de nostre voyage i

et de luy dire que nous arrivasmes hier à Lion par la route de Rour- „

gogne, et que nous en partons demain 25% pour Avignon d’où nous faisons estât d’arriver vendredi ou samedi au plus tard à Marseille. *

Nous ne croyons pas y rester longtemps, car nous avons trouvé ici <

des letti’es entre les mains des marclians, par lesquelles on leur donne advis que la santé y est tres-bonne et qu’il y a trois vaisseaux ^

prests à faire voile pour Smyrne et un pour Alexandrette. Si ce der- ♦

nier part aussi promptement que les autres, nostre pensée est de nous y embarquer pour gagner le temps et abréger le chemin. Nous éviterons autant que nous pourrons d’en faire d’inutile, n’ayant point d’autre but ny d’autre passion que de nous voir au plus tost en estât de travailler aux fins pour lesquelles Vostre Majesté nous a fait l’honneur de nous envoyer. Nous nous y disposons avec beaucoup d’esperance d’y réussir, et nous nous le promettons du bon succès que l’on doit raisonablement attendre d’une entreprise si grande et si digne de V. M., des lumières que nous ont données les

APPENDICE

instructions que nous avons receues et de la ponctualité avec laquelle nous prétendons les suivre ; comme c’est le seul moyen que nous avons de respondre à l’honneur que nous fait V. M. de se servir de nous, nous la supplions tres-respectueusement d’estre persuadée que nous conserverons toutte nostre vie tout le zèle et'toutte la vénération avec laquelle nous sommes obligés de vivre et mourir,

Sire,

De Vostre Majesté,

Les tres-humbles, tres-obeissants et tres-fîdeles sujets.

De Lalain, De la Boullaye Le Gouz.

XVÜ Axi Roxj.

A Marseille. Le 2 décembre 1664.

Sire,

Nous sommes arrivés à Marseille le 29 du passé, où nous avons trouvé le vaisseau appelé le Dauphin de France prest à faire voile pour Smirne en Natolie; nous nous y embarquons aujourd’hiiy, n’y ayant point d’autre navire en estât de partir pour le Levant.* Celuy-ci estant monté de 40 pièces de canon avec l’équipage de 150 hommes, nous n’avons rien à craindre sur mer et nous serons plus tost en estât d’exécuter les ordres de Votre Majesté et de luy tesmoigner que nostre inclination est egalle au devoir de nostre naissance en qualité de

Ses tres-humbles et tres-fideles sujets,

De la Boullaye Le Gouz, De Lalain.

Sire,

Au Roy.

Nous sommes partis aujourd’huy de Smirne et sommes campés au pied d’une montagne proche le village appelé Hongarbachekoi ‘ dont elle prend son nom à trois lieues de Smirne. Nous en partons demain pour la Perse par la voie de Tokat, Erivan et Tauris avec

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