‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 258 sur 276 · MÉMOIRE POUR LE COMMERCE DE PERSE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE POUR LE COMMERCE DE PERSE

Dans l’établissement que l’on propose en Perse, il faut avoir en vue^ et distinguer deux sortes de commerce, celuy des Indes et celuy d’Europe. Le premier est très seur et très avantageux et peut, non seulement suffire en l’entretien des employés d’Ispaham et du Bender Abassi, mais encore donner de très grands profils toutles les années. — Pour y parvenir, il faut que la Compagnie destine deux ou trois vaisseaux qui fassent toultes les années un voyage d’Inde en Perse et dans la mousson convenable. — Ces vaisseaux se mettront sous le frêt et recevront les marchands, passagers Arméniens, Indiens et autres qui se présenteront avec leurs effects; on ne manquera pas de trouver dans ce seul frêt touttes les dépenses de l’armement par la raison que les François sont toujours préférés aux Anglais, sur lesquels lesdils marchands et passagers ne s’embarquent qu’à regret, parce qu’ils trouvent chez nous meilleure composition^ beaucoup plus d’honnesleté et de civilité que chez les autres qui les tirannisenl et les maltraitent; voilà qui est sans contredit.

Le lest de ces vaisseaux est ordinairement en ris et en sucre de

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Bengalie ; si c’est pour le compte des chargeurs, le ris donne 50 pour 100 et le sucre 25 pour le frêt qui se prend en espèces et si la Compagnie le fournit elle-même, elle y trouve les profits que lys chargeurs se proposent, qui sont ordinairement de trois pour un, touttes les autres marchandises des Indes propres pour la Perse rendues à Ispaham donnent, dans le cours ordinaire, l’une portant l’autre, de 80 à 100 pour 100 de profit. Les employés de la Compagnie angloise font leur fortune en peu d’années à ce commerce; d’abord qu’ils sont parvenus à être chefs du comptoir, ils ont crédit ouvert ; ils empruntent 40 ou 50 mille écus au change courant de la place, les envoyent à Bengalie ou autres lieux de leur résidence; leur retrait arrive en moins d’une année, parce qu’ils ont des vaisseaux destinés à ces voyages annuels. Quand il est arrivé, ils vendent à 80 ou 100 pour 100 de profit ; ils font faire un second voyage aux fonds qui leur demeurent après avoir acquitté leur emprunt, et ce second voyage les met en état de se retirer, nous en avons veu partir deux dans moins de cinq années, avec une fortune de cinquante ou soixante mille écus gagnés de cette façon. Il est constant aussi que les capitaines, sobreguargues et autres officiers des navires françois armés pour compte des particuliers, empruntent dans les Indes de l’argent à la grosse aventure à quarante pour cent et ne laissent pas, malgré ce gros intérest, de bien faire leurs affaires, quoy qu’ils ne vendent qu’à Bender Abassi, où le prix des marchandises est toujours plus bas de 40 pour 100 qu’à Ispaham. Pourquoy est-ce que la Compagnie qui est aujourdhuy puissante n’entrepren droit pas de faire elle-mesme un commerce auquel ses employés s’enrichissent et qui mesme en a soustenu plusieurs dans le temps que ses affaires languissoient, cela étant ainsi comme il est de fait, n’est-il pas évident que ce seul commerce peut, comme il a été dit, fournir à l’entretien des employés d’Ispaham et de Bender Abassi et donner de grands profits par dessus.

Mais voyons quelles sont les marchandises en question.

Marchandises d’entrée dinde en Perse.

Outre le ris et le sucre dont il est parlé cy dessus, on trouve un profit constant et presque toujours de 100 pour 100 sur les articles suivans qui sont les toileries blanches de toutte sorte, comme sanas, garas, malmoles, tocques, mousselines de toute façon, unies, rayées, fleuries, etc. ; les toiles peintes, comme chit ou indiennes, en tapis.

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couvertures, etc., les étoffes de soye, comme somis,, aurengchays, tipayes, chaquila, chalbafs et plusieurs autres, les pièces de mouchoirs en soye, ou soye et cotlon^ tous ces effects donnent, sans contredit, des profits seurs et considérables et se consomment, partie en Perse et partie sont levés par les marchands grecs, turqs et arméniens qui les transportent en Turquie et en Europe où s’en fait la consommation. — La Compagnie peut aussi envoyer de tems en tems du caffé de Mocca; les Anglois etHollandois le pratiquent très avantageusement, elle peut encore mieux présentement qu’elle est en possession de Mahé, envoyer du poivre et du cardamone ; sur tout cela, il n’y a nulle perte à craindre, et beaucoup de profit à espérer ; il y a plusieurs autres marchandises des Indes qui se consomment directement en Perse, c’est la cochenille, le bois de sandal rouge pour la teinture, du blanc pour les parfums, du bois d’ébène, l’ivoire, des cocos, de l’huille de coco, des cannes à fumer et à écrire, du gingembre, des parfums , la lacque et le safran. Les vaisseaux qui ont porté ces marchandises se remettent au retour sous le fret et chargent pour leur retrait.

Marchandises de sortie de Perse aux Indes.

Des eaux de vie, des eaux roses, du vin et autres distillations qui se vendent à très haut prix dans les Indes, de l’argent monoyé, des amandes, des pistaches, et touttes sortes de fruits secs, des racines pour la teinture appelées ruinas, des galles, des tapis, des peaux de vache de Russie, des maroquins, des chevaux, des étoffes brocards d’or et d’argent, et du sel d’Ormus, dont on fait le lest des bâtimens et qu’on trocque assés ordinairement avec du sucre, poids pour poids, danslesindes. Voilàquelest lecommerce desindesen Perse; il faut voir celuy de l’Europe.

Il n’est nullement nécessaire d’équiper des vaisseaux exprès en France pour porterai! Render Abassi les marchandises propres pour la Perse à moins que, dans le commencement, on ne voulût faire parade des forces de la Compagnie, ce qui dans le fonds faisoit un fort bon effect; cette veüe à part, les vaisseaux qui font les voyages des Indes peuvent les porter à Pondichéri, ou à Bengalie, ou à tel autre lieu destiné pour le magasin général, et de là, avec moins de dépense, on les chargei’a sur ceux qui seront destinés pour le commerce d'Inde en Perse.

Voicy quelles sont ces marchandises.

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Marchandées d'entrée d’Europe en Perse.

Les principales sont : le drap, la perpétuane, la serge, l’étain, le plomb, et le vif argent; on peut y adjouter aussi des damas, des tabisoudes, des glaces de miroir, des verres coupés de touttes sortes de couleur, le corail travaillé ou non, les cristaux, l’horlogerie et la quincaillerie, tout cela est de débit, et les articles qui ne souffrent point en magasin ont leur rencontre, et sont toujours vendus avantageusement quand on veut attendre; pour les autres comme draps, serges et perpétuanes, quoyque rien ne se gatte à Ispaham à cause de la bonté et sécheresse de l’air, il ne faut pourtant pas en surcharger les magasins, et n’en envoyer à la fois que ce qui peut être débité dans une année, pour tenir toujours les acheteurs en haleine sur l’incertitude de ce qui doit venir; les matières d’or et d’argent, les sequins, les piastres, et touttes les espèces étrangères sont marchandise en Perse et y passent plus avantageusement qu’en aucun autre endroit de l’Orient.

Voicy ce que l’on tire de Perse.

Marchandises de sortie de Perse en Europe.

Diverses sortes d’étoffes et de brocards, les soyes fines du Guilan, les ardasses et les ardassines de Chamaki et de Ganges, les toiles peintes. Tassa fetida, les laines fines, celles de la première qualité viennent de Kerman, celles de la seconde de Mâchât, et celles de la troisième, on les tire de Tauris. On doit encore regarder comme marchandises de Perse, la rhubarbe, le séné, et la semensine quoy qu’elles soient apportées à Mâchât par les Yousbeks, peuples libres qui en sont voisins. On peut faire passer cesmarcliandises en Europe, ou par les Indes, ou par la Turquie, cela sera au choix de la Compagnie, quand les Persans seront en paix avec les Turqs, que laseureté sera rétablie, et que les caravanes iront leur train comme auparavant. Il n’est pas nécessaire de dire que ces marchandises achetées de la première main, donneront bien plus de profit qu’étant achetées en Levant de la main des Arméniens qui les y portent.

Pour prouver l’utilité de ce commerce, il n’y a sans entrer dans de longues discussions que quelques réflexions à faire. — Premièrement, touttes les marchandises d’entrée sont du crû de la France, et si elles ne donnent pas des profits éclatans, elles en donnei’ont infailliblement de seurs et solides, et ce sera un moyen défaire valoir et augmenter

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nos manufactures; mais à l’égard des draps, il est de conséquence qu’ils soient de bonne qualité, qu’ils ayent du corps, que les couleurs en soyent hautes et éclatantes, et que rien ne manque à la largeur ni à l’aulnage. Il faut se mettre en réputation dès le commencement, et de cette façon on pourra fort bien en faire passer deux mille pièces touttes les années, et mesme beaucoup plus, lorsque la Perse sera revenue de ses agitations ; pour les autres articles, cela va du plus au moins, ils sont sujets à révolution, mais le profit en est seur et constant.

PouC les marchandises de sortie, chacun sçait ce qui en est, les Arméniens qui sont très habiles marchands ne se bornent pas de les vendre en Levant, mais ils en font négoce pour toutte l’Europe; ce négoce les enrichit malgré les droits excessifs dont ils sont chargés tant en Perse qu’en Turquie. Sur ce pied-là, n’est-il pas évident que la Compagnie achetant de la première main, et n’ayant pas tant de droits à supporter, y trouvera encore mieux son compte en réunissant tous ces profits qui se partagent?

Voicy une autre preuve de la bonté et de l’avantage de ce commerce; elle paroit incontestable, on la tire de la jalousie des autres nations, et de l’obstacle qu’elles tâchent d’apporter à nostre établissement. Laissons à part les Hollandois, dont le commerce n’a rien de commun avec le nostre, et qui ne nous croisent que parce qu’ils voudroient être seuls partout où ils sont, et revenons aux Anglois, qui font tous leurs efforts et mettent tout en usage pour nous décrier et empescher nostre établissement. D’où peut provenir cela, si ce n’est de la crainte où ils sont que nostre commerce qui est en tout et partout semblable au leur, ne porte préjudice à leur Compagnie, et ne la prive des grands profits qu’elle et ses employés trouvent en Perse. Car ils n’ignorent pas que les Persans nous souhaittent, que la Cour est dans des dispositions favorables à nostre égard, et que pour peu que nous veuillions travailler, nous obtiendrons la confirmation des privilèges que nous souhaitions, et, qu’en un mot, ils ne pourront plus tiranniser, pour ainsi dire, les Persans par des infractions manifestes aux traités, par des contrebandes sans bornes, et par des manières fières et arrogantes qu’on est obligé de dissimuler jusqu’assés qu’on ait veu à quoy aboutiront nos belles promesses. — De plus, quelle apparence y a-t-il, si le commei'ce de Perse ne donnoit pas des grands profils à la Compagnie angloise, quelle apparence qu’elle y entretînt son établissement avec tant de soin et de dépense, car rien n’est borné aux employés d’ispaham et de Bender Abassi; elle supporte tous les frais (jui se font, tant pour l’éclat et

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l’entretien des deux maisons, que pour les gratifications, et autres dépenses extérieures, et ces employés qui ne sortent rien de leur bourse ne ménagent point celle de la Compagnie, et font des dépenses que cette Compagnie qui n’est d’ailleurs pas trop bien dans ses affaires ne sçauroit supporter, si les profits n’étoient bien grands. Notre commerce est, comme l’on sçait, tant d’entrée que de sortie, tout pareil à celuy des Anglois, et de là et de tout ce qui a esté dit plus haut, on conclut que notre établissement en Perse ne sçauroit être qu’avantageux par rapport au commerce et l’on adjoute qu’il devient honnorable et nécessaire par rapport à la religion.

On le dit honnorable parce qu’il paroit de la grandeur de nostre nation d’avoir des établissemens partout où les autres Européens en ont, et, qu’en outre, tous les catholiques, religieux et missionnaires établis dans l’étendue de ce vaste empire, sont tous sous la protection de nostre Monarque, à l’abri de laquelle les uns et les autres ont l’exercice libre de leur religion et s’acquittent en seureté des fonctions de leur ministère. On avance que cet établissement est aussi nécessaire parce que les mesmes catholiques, religieux et missionnaires, n’ont été jusqu’icy, ne sont actuellement soufferts, protégés et maintenus dans leurs privilèges, que dans la veue d’avoir un jour nostre nation solidement établie, et nostre commerce constamment entretenu, ainsi qu’on le fait espérer depuis si longtems.

Mais si ce projet échoue, et si cet établissement est entièrement abandonné, il n’y a pas de doute que les catholiques ne soient persécutés jusqu’à l’extinction, et les missionnaires honteusement chassés de tous leurs postes. Ce n’est pas icy une simple conjecture tirée de l’animosité que les Arméniens hérétiques nourrissent contre les catholiques, ni des efforts qu’ils ont faits du teins des rebelles pour parvenir à ces fins; mais c’est une certitude touchée sur l’intention de la Cour persane, car voicy comment s’en expliquoient les premiers Ministres du tems de Cha Sultan Hussein, avant la venue des rebelles et de quelle manière on en a parlé plusieurs fois, depuis l’avènement de Cha Tamas, lorsqu’il a plu à ce Prince d’accorder la confirmation des susdits privilèges. — Pourquoy est-ce, disoit-on à Gardane, frère du consul, que nous accorderons à vos religieux tant de privilèges au préjudice de nos propres sujets ? pour quelle raison, en faveur d’une poignée de misérables que vous appeliez vos catholiques, et qui ne nous sont d’aucune utilité, devons nous mécontenter un si grand nombre de riches marchands qui par leurs soins infatigables et leur commerce assidu enrichissent le pays, augmentent les revenus du Roy, et se mettent en état de subvenir

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commodément à toute sorte de sujétions? — L’objection est forte, on ne peut y opposer que les égards qu'ils doivent avoir à la recommandation du plus grand monarque de l’Europe. Bon, reviennentils à dire, nous distinguons le Roy de France au-dessus des autres princes d’Europe, c’est pour cela que nous avons accordé tant de privilèges à ses sujets sans en avoir encore veu le moindre bénéfice; mais, à la fin du compte, il faut qu’il fasse exécuter les traités et qu’il nous tienne la parolle que ses envoyés nous ont si souvent donnée au sujet d’un bon et solide établissement, sinon, nous pouvons bien sans injustice, préférer nos sujets à des étrangers; voilà sur quoy l’on fonde la nécessité de cet établissement. Supposant donc touttes les raisons cy dessus alléguées, tant pour le commerce que pour la religion, bonnes et valables, il ne reste plus qu’à voir comment on peut le fonder et l’entretenir. — Il est de toutte nécessité d’avoir deux maisons, l’une à Ispahan et l’autre au Bender Abassi ; deux ou trois employés à chacune suffiront dans le commencement, et dans la suite, quand les affaires seront bien établies, on pourra avoir des facteurs au Kerman et à Tauris, pour y lever ses belles laines et débiter des draps. Il seroittrès convenablequele chef de la maison d’Ispaban eût titre de consul pour le Roy et directeur pour la Compagnie, ces deux qualités ne sont pas incompatibles, et celle d’homme du Roy donnera non seulement du relief à ce chef auprès des gens du pays, mais terminera tous les différends au sujet de la préséance que les Anglois et lesllollandois ne se disputent entre eux et aux François qu’à raison de l’ancienneté de leur Compagnie. Ce chef donc, en qualité de consul, répondra à la Cour, fera valoir les privilèges, protégera les missions et les missionnaires, et en qualité de directeur répondra à la Compagnie en Europe et aux Indes et il en régira les affaires et le commerce, le comptoir du Bender Abassi, et ceux qu’on pourroit établir dans la suite luy seront subordonnés, mais il ne fera rien de considérable que par délibération avec les employés subalternes que la Compagnie trouvera bon de tenir auprès de luy. Le comptoir dudit Bender Abassi étant subordonné à celuy d’Ispahan, aura soin d’entretenir la correspondance, de faire passer les dépêches, d’envoyer et recevoir les marchandises d’entrée et de sortie, et de percevoir les droits que la Compagnie réglera sur les etîects des particuliers qui trafiqueront d’Inde en Perse. Chez les Anglois, c’est cinq pour cent moyennant quoy, ces effects qui entrent dans la loge sont exempts de tout autre droit de courtage, magasinage, interprète, etc., et de cette façon, touttes les affaires se font dans la maison de la Compagnie, et les

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passagers ny les officiers des vaisseaux ne sçauroient porter préjudice par des ventes précipitées et indiscrètes. — La maison que nous avons à Ispaliau est une des plus vastes et des plus belles; la donation nous en a été confirmée par Cha Tamas; rien n’y manque ni pour les logemens ni pour les magasins, elle a besoin seulement de quelques réparations ; nous n’en avons point au Bendèr Abassi, mais dans les commencemens, on peut en prendre une à louage et dans la suite, si la Compagnie trouve les profits qu’on se promet, on pourra en faire bâtir une et si pour éviter toutte concurrence avec les Anglois, on vouloit s’établir dans quelque autre port, à Congo, à Bender Boucbir, ou à Bender Rik, nous y attirerions tout le commerce, et la Cour a promis tout contentement là-dessus. Le Bender Boucbir paroit le plus commode de tous ; il est véritablement plus enfoncé dans le golfe, mais il est de douze journées plus près d’Ispahan et de Cbiras, et plus à portée de Bassora, où l’on peut aussi faire quelque commerce. — Outre les deux ou trois employés qui sont nécessaires dans les maisons d’Ispaban et du Bender Abassi, il faut aussi un interprète à chacune et un chapelain pour celle d’Ispahan; il seroit mesme bon pour éviter touttes contestations, que ce chapelain fût indépendant de l’évêque et qu’il pût faire les fonctions curiales dans la maison consulaire, ou tout au moins que les privilèges de la chapelle fussent si bien établis que ce ne fût plus un sujet de contestation entre l’évêque et le consul. Il n’en est pas de ce pays là comme des autres de l’Orient. Les Persans aiment le faste, et le consul, s’il veut être respecté comme les autres chefs de nation, il ne sçauroit sortir sans un grand cortège, et la maison religieuse la plus proche est trop éloignée pour pouvoir y aller en tout tems, sans s’exposer quelques fois à des inconvéniens. — Il est à présent question de voir comment on peut fournir à l’entretien de touttes ces personnes; les Persans, comme on vient de le dire, aiment le faste, et ne font cas des gens qu’à proportion de la figure qu’ils font, de sorte que nostre nation pour être considérée à la Cour de Perse doit y faire une figure proportionnée à celle des Anglois et des Hollandois. Ainsi donc, le moins qu’on puisse attribuer au consul, pour l’entretien de sa maison, c’est douze mille livres touttes les années, encore faut-il supposer la bonne règle et l’économie dans l’intérieur, sans quoy il ne sçauroit y subvenir ; il n’y a pas de doute que le Roy ne veuille contribuer six ou sept mille livres pour son consul en faveur des missions que Sa Majesté protège, la Compagnie fournira le reste, et réglera des appointemens aux deux autres employés, au chapelain et à l’interprète; elle fixera

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aussi la dépense et réglera les appoinlemens des employés du Bender Abassi, de la manière qu’elle trouvera bon, mais il faut sur toutte chose qu^’elle entretienne dans les deux maisons neuf ou dix chalers pour porter les dépêches d’un comptoir à l’autre et à Alep même lorsqu’il le faudra, sans quoy l’on ne sçauroit bien faire ses all'aires. Les Anglois en entretiennent quinze ou seize, et les Hollandois bien davantage. Faute d’avoir eu de pareils courriers qui vont toujours deux à deux, la pluspart de nos lettres ont été interceptées ou détournées dans ces derniers tems et lorsque la jalousie des affaires s’en mêleroit, il n’en passeroit plus aucune.

Aous avons à Chiras une maison que feu Cha Sultan Hossein avoit accordée au sieur Paderi ; cette maison est en état; elle a été sauvée de la fureur des rebelles et de l’insolence du soldat Persan, par le facteur que ledit sieur Paderi y avoit laissé. Il étoit véritablement honteux qu’un homme caractérisé fût établi dans un poste où les autres nations ne tiennent que des simples serviteurs, qu’ils laissent toujours à la nomination du chef d’Ispahan. En effet, ces sortes de gens ne sont préposés que pour faire du vin, de l’eau de vie et autres distillations qui sont demandées dans les Indes. Il est à croire que nostre Compagnie abandonnera aussi ce petit bénéfice au chef d’Ispahan pour luy donner quelque aisance à soutenir son caractère et ce sera à luy de réparer, d’entretenir la dite maison, et la munir des ustencilles nécessaires; il y mettra aussi tel homme qu’il trouvera bon, à condition qu’il fournisse à la Compagnie le vin et les eaux de vie dont elle aura besoin à un prix honneste et raisonnable, ainsi qu’on le pratique chez les Anglois.

Pour conclusion de ce mémoire, on ne doit pas dissimuler que pour bien et solidement faire ratifier tous nos traités et fonder notre établissement, il en coustera quelque chose; il seroit même convenable que celuy qui sera destiné pour chef à Ispahan, ait au commencement le titre d’envoyé ou de commissaire, qu’il soit muni de deux lettres de créance, l’une de la part du Roy et l’autre de la Compagnie, etaprez avoir bien établi tous nos privilèges, il demeurera à Ispahan, et ne retiendra plus que le titre de consul et de directeur; mais il faut se persuader qu’il ne réussira peut-être point du tout s’il n’a quelques présens honnêtes pour Cha Tamas et pour ses principaux ministres. On fera dans ces commencemens de règne avec peu de chose ce qu’on ne sçauroit faire après avec des grosses sommes; il n’y a qu’à profiter des dispositions favorables.

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Relation du voyage de V Archevesgue d' Ancyre, envoyé légat du Pape et ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté Impériale , vers le Grand Sophy de Perse : où l’on verra de quelle ynanière ce légat du Saint-Siège a esté reçu dans te Royaume de Perse, et son entrée dans Hispaham, ville capitale de Perse.

L’arclievesque d’Ancyre estfinl jiarty de Moscovie dans ce royaume en qualité de légat apostolique, pour les missions de Perse et du Grand Mogol, le Grand Sophy lui envoya unMamimdar sur lafronlière pour le défrayer et le faire servir dans les lieux de sa route, avec ordre de luy fournir trente chevaux, tant pour luy que pour les gens de sa suite. Le gouverneur de Camak^ qui est la première ville de la frontière, le reçeut avec les honneurs deus à son caractère, selon les ordres du Sophy; il donna audience au 1 gat qui le régala de quelques présens, et il le traita ensuite, et le 8 mars, aiirès une longue marche assez pénible à cause di s hautes montagnes et des chemins difficiles qu’il faut traverser, il arriva le onze may à Casbin, qui a esté autrefois le siège des Roys de P(‘rse, où il s'arresta trois jours. Le 22, il vint à Hazen, et le lendemain il rencontra dans sa route un ambassadeur Turc qui retonrnoit à Constantinople avec une suite de huit cents personnes. Lorsqu’il fut arrivé à deux journées d’icy, il fut rencontré et complimenté par le clergé romain d’Hispaham qui estoit allé à sa rencontre, il s’arrêta à Gest qui est une petite ville à trois lieues d’icy, d’où le Mamandar Bassy qui est l’introducteur des ambassadeurs instruit de l’arrivée du légat, qui envoya icy son secrétaire avec quelques domestiques pour faire compliment de sa part à l’ambassadeur du Roy de Suède, et aux consuls Anglois et Hollandois, à qui le légat avoit esté recommandé par des lettres de leur souverain Le 11, le légat fut complimenté par le Mamandar Bassy qui luy fit sçavoir le 14 que le Sophy avoit marqué le lendemain pour son entrée publique, et que les Arméniens du fauxbourg nommé Sulfa, qui sont de l’Eglise Romaine, lui feraient l’honneur de l’accompagner; le Père Elie de l’ordre des Carmes déchaussés, natif de Monts en Hainault, évesque d’IIispaham, régla l’ordre de la marche avec le légat. Le 15, l’envoyé de Moscovie envoya ses trompettes et ses timballes pour joindre ceux du légat, et rendre l’entrée plus éclatante ; sur les trois heures

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après midy, la marche commença par vingt-quatre soldats, suivis des trompettes et des timballes qui précédoient le Mamandar Bassy avec les officiers de sa suite et douze pages; le légat venoit ensuite accompagné de l'évesque d’Hispaham, et immédiatement après, les consuls d’Angleterre et d’Hollande, suivis des Pères missionnaires de divers ordres, sçavoir ; Capucins, Jésuites, Augustins et Dominicains, tous à cheval, allant deux à deux, de même que le clergé séculier, et les Arméniens du fauxhourg de Sulfa au nombre de cent quatre-vingts personnes ; le bagage chargé sur quatre-vingts chevaux ferma la cavalcade qui passa par les principales rues de la ville, et alla descendre au palais destiné pour le légat, qui, le 17, célébra une messe solennelle pour rendre grâces à Dieu de son heureuse arrivée. Le 18 et les jours suivans, il reçeut les visites du clergé, des missionnaires, d’un grand nombre de marchands et autres personnes. Le vingtième, le Mamandar Bassy alla visiter les présens que le . légat devoit présenter au Sophy. Et le sixième de juillet, il luy fit sçavoir que le Sophy avoit marqué le 9 pour le jour de son audience publique; le Mamandar le vint prendre ce jour-là sur les sept heures du matin, avec un magnifique cortège, et le conduisit au palais Royal. Il y avoit devant la porte trois éléphans et douze chevaux de l’écurie du Sophy avec des brides d’or massif et des harnois et couvertures, enrichis d’une infinité de pierreries. Les salles estoient remplies d’un grand nombre de seigneurs persans magnifiquement vêtus. Le Sophy estoit assis sur son thrône; le légat s’estant avancé luy fit sa harangue, et luy présenta ses lettres de créance, après quoy, il fut reconduit à un autre appartement, où le Sophy luy fit sçavoir qu’il l’invitoit à manger à sa table, et qu’il pouroit amener trois personnes avec luy, qui furent le Père secrétaire de la Légation, le Père Eustache de Bary et l’évesque d’Hispaham, tous trois Carmes déchaussés; ils furent surpris de la magnificence de ce festin, dont les plats et vazes au nombre de plus de sept cents, estoient tous d’or massif; le Sophy heut deux fois à la santé du légat et aux trois Pères; et après le repas, on les reconduisit en leur Palais, où le légat reçeut tous les jours des visites des principaux du païs.

Ceux qui ont lu la relation de l’Estat présent du royaume de Perse ne seront pas surpris de la magnificence du festin où se trouva l’archevesque d’Ancyre le jour que ce prélat eut son audience publique; c’est toujours dans des festins publics que le Sophy traite des affaires d’Etat et qu’il donne audience aux ministres des princes étrangers. Ces festins sont toujours très superbes et très magnifiques, parce

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qu’on étalle dans ces occasions tout ce qu’il y a de plus précieux dans la Maison royale, les tapis sur lesquels on s’asseoit sont de la dernière beauté, et les nappes qu’on y estend sont de brocard : on sert le Roy dans un vase d'or qui a plus de trois pieds de diamètre, le couvercle et le cadcnat sous lequel la portion de ce monarque est renfermée sont de la môme matière et on porte ce vase en cérémonie sur une espèce de civière ornée de lames d'or; l'escuyer tranchant ouvre le cadenat devant Sa Majesté, et il se met à genoux après en avoir fait l’épreuve, et il sert les mets dans plusieurs plats d’or qu’il remplit avec une cüiellère et une longue fourchette d’or qu’il porte toujours à son côté. Quand le Sophy boit, on luy sert le vin dans des bouteilles scellées ; le grand maître les ouvre devant luy et en fait l’épreuve. Après qu’on a servi le Sophy, on sert les conviés dans plus de cent cinquante plats d’or avec leurs couvercles qui pèsent deux fois autant, chaque plat n’a pas moins d’un pied et demy do diamettre, les plats d’entremets sont d’or aussi; avant que l’on ayt servy en or, on a déjà servi les confitures en vaisselle d’argent et ponrcelaine. Le service des confitures et des sucreries précède toujours le repas, on les sert aux conviés pendant que le Roy donne les audiences et c’est dans ce tems que ce Prince fait donner du vin aux seigneurs de la Cour, et cecy n’est pas moins somptueux que le reste. Les bouteilles et les tasses dans lesquelles on les sert sont d’or émaillé, on les range sur le bord d’un grand bassin de marbre qui est au milieu de la salle où se font les festins, et on place au coin de ce bassin quatre petits tonneaux d’or et quatre d’argent qui pèsent chacun la charge d’un homme, on les met en ordre avec les bouteilles, les tasses, les cassolettes et les pots de tleurs qui sont tous d’or, ce qui fait, comme on peut se l’imaginer, une très agréable simétrie. On met en parade devant la salle où se font les festins, quantité d’éléphans, de lions, de tigres, de léopards et toutes les bêtes rares de la ménagerie, les chaînes et les clouds avec lesquels on les attache sont d’or, et chacun de ces animaux a devant soy deux cuvettes d’or, dans l’une desquelles est sa boisson et dans l’autre sa nourriture. Mais il n’y a rien qui approche de la magnificence de dix-huit chevaux de main, qu’on expose devant cette salle, chaque cheval vaut un trésor. Les estriers sont d’or, les brides, les poistraux, les devans et les derrières des scelles sont d’or émaillé, garnies de pierres prétieuses aussi bien que les housses qui sont fort amples; le harnois de l’un est garny de diamans, l’autre d’émeraudes, de rubis et de saphirs, de très grosses perles, et de toutes sortes de joyaux d’une grosseur et d’une beauté enchantée. Chaque cheval a

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aussi devant soy deux cuvettes d’or, comme les autres animaux dont je viens de parler.

Voilà une terrible magnificence; on range quelquefois parmy les chevaux des asnes sauvages. Un missionnaire espagnol se trouvant en cette Cour, y présenta au Sophy une lettre du Roy de Pologne, et surpris de voir des asnes si bien ornez et si richement couverts, il perdit sa gravité, et ne put s’empêcher de rire. Un officier de la Cour s’aprocha de luy, et luy demanda fort civilement ce qui luy donnoit occasion de rire; il répondit qu’il rioit de voir traiter avec tant de distinction des animaux qu’on traitoit avec le dernier mépris en Espagne. L’officier luy répliqua avec esprit : C’est que les asnes sont communs en votre païs, et nous en faisons grand cas dans le nostre, parce qu’ils y sont rares.

Les lettres de Hamadam du 6“ aoust 1699, confirment que le Roy de Perse a fait une réception magnifique à l’archevesque d’Ancyre, Légat du Saint-Siège apostolique, et ambassadeur de Sa Majesté Impériale.

Ce Prélat célébra pontificalement la messe le jour de Saint-Pierre dans l’église des Jésuites, avec un si grand concours de peuple qu’on ne pouvoit s’y mettre à genoux. Cet archevesque va toujours accompagné de deux trompettes, faisant porter devant luy deux estandards, l’un du Pape et l’autre de Sa Majesté Impériale, et la croix élevée. Le Sophy l’a déjà régalé en trois divers lieux, une fois de jour, et deux fois de nuit, l’une de ces fêtes fut solemnisée dans l’une des maisons de plaisance du Sophy avec des illuminations et des feux d’artifices ; dans la dernière audiance, il y eut une conférence secrète avec ce Monarque, de plus d’une heure et demie.

Relazione dell’ Ambasciata fatta al Re di Renia dal Padre Felice Maria da Sellano, Missionario Cappuccino délia Provincia dell’ Umbria, dall’ anno 169^ sino ail' anno 170'2.

Doppo di esser dimorato per alcuni anni nel Regno délia Persia, in qualità di missionario Apostolico, ed ivi sopportate moite calamità e miserie di quei barbari, ed insieme da quella gente scismatica, per ordine del Reverendo Padre Silvestro da Panicale délia

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Serafica Provincia di S. Francesco, Prefetto di quelle Missioni, ed insieme di tutti li PP. Missionarj Cappuccini, venni in Roma per rappresentare alla sacra Congregazione de Propaganda fide, gli bisogni di quelle missioni e missionarj. E nel montre, che mi trattenevo in Roma per taie effetto, capitarono lettere di detto P™ Prefetto, ed altri missionarj notificando in esse le fiere persecuzioni mosse dagli Armeni scismatici aile due Missioni, l’una di Tiflis in Giorgia, l’altra di Cangia nel Regno di Persia a tal segno, che le volevano affatto desolare, et avrebbero eseguito il loro pessimo intente, se l’altissimo IDDIO per sua pietà e misericordia, non avesse mosso i cuori Giorgiani e Turchi ad accorrere agli poveri Cappuccini missionarj ; e se bene in quel punto si sedarono alquanto, non di meno, a forza di danari, ottenero poi che la chiesa nostra di Tiflis fosse serrata, e che nessuno dei Cattolici sotto pena délia vita, vi potesse comparire.

Sentendo dunque queste fiere persecuzioni il R™" Padre Casini, Predicatore del sagro Palazzo, ed insieme Procurator generale deir Ordine, e parlando meco del rimedio essendo poco prima venuto da quelle Missioni, gli proposi che l’unico mezzo si era pregare la Santilà di Nostro Signore Papa Innocenzo XII. volersi degnare con sue lettere Apostoliche, spedire qualcheduno alla Corte di Persia, pregando quel Re rafrenare l’orgoglio de’ nemici e dar libertà agli poveri missionarj e Cattolici, di poter senza contraste esercitare il culto Divine, seconde l’uso délia santa Romana Chiesa. Piacque al Sud° Padre Procurator Generale la mia proposta, che perô m’impose farne il memoriale, e che di propria mano lo presentassi a Sua Reatitudine.

Oprai il tutto con somma prontezza, mi présentai a’ suoi santi piedi, narrandoli quanto passavo, e le miserie di quei poveri missionarj e Cattolici. Al sentire tali calamilà, piangea il santo Pontefice, e volendo che si provvedesse per quanto a lui s’aspettava, m’ordinh, che detto memoriale lo porlassi ail’ Emin""’ S' Card'® Sacripant!, e che al medesimo narrassi in lungo tutto il successo, e posciasi proponesse in Congregazione de Propaganda. Eseguij quanto Sua Santità m’ordinù; onde in breve tempo fu risoluto, che si spedisse uno al Re di Persia, e taie spedizione cadde sopra la mia povera persona, benchè scarso d’ogni talento ed indegno d’un taie ufizio. Per non contradire dunque alla Santità Sua, ed alla Sagra Congregazione, accettai colle lagrime agli occhi taie impiego. Mi diederoperil viatico cento cinquanta scudi Romani, e moite lettere da portarsi agli SSig” Nunzj Apostolici che si trovavano inFirenze,

Venezia, Impero, e Polonia, acciù questi rni assistessoro per aver’ altre leLtere da' Principi Cristiani, pregando tutti insieme il re di Persia, voler concedere quanto da me si domandava, per parte dcl sommo Pontefice Innocenzio XII.

Partii dunque da Roma colle benedizioni di Sua Santità, e breve Apostolico, li 3 Febbrajo 1699, per la volta di Firenze ; ivi pervenuto non vi trovai Sua Altezza Reale; onde mi convenne aiidare in Pisa, dove anco ritrovavasi Mons. Nunzio; li présentai le leltere délia Sagra Congregazione, e con tulta benignità m’ introdusse da Sua Altezza Reale. Quesla scrisse al Re di Persia un’ efficacissima lettera, in confirmilà di quanto desiderava Sua Santità, con soprascritla d’ oro, ricoperta con borsa di fondo d’ oro, con donarmi due cassettine délia sua fonderia, e cento talleri; ringraziatala di tanti favori allô meglio che potei, m’inviai verso Venezia, nel quai viaggio mi convenne soffrire gran freddo, perche nella cima delle Alpi vi era gran neve con tuffa, che poco mancù non ci lasciassi la vita, e se una povera donna, che facea osteria, non mi stemperava i piedi agghiacciati, con vino caldo, era cosa facile il perderli. Non senza gran fatica proseguii il viaggio per Venezia, ove per mezzo di Mons. Nunzio parimente ottenni da quella Seren"’'^ Repubblica, un'altra lettera per il medesimo Re, non meno efficace di quella datami dal Gran üuca, pure ricoperta di un broccato di fondo d’oro, e sigillata con un gran sigillo parimente d’ oro, spedito da quella Seren"”' Repubblica, e rimessi tutti li danari per Vienna, proseguii il mio viaggio, col cavallo del noslro serafico padrone S. Francesco, verso rimpero. Pervenuto in Inspruch m’ imbarcai sul Danubio, ed in sei giorni arrivai a Vienna.

Giunto a Vienna mi portai dal Mons. Nunzio Santa Croce, ora cardinale, il quale con somma benignità mi ricevette. Li présentai la lettera délia sagra Congregazione, parlé con Sua Maestà Cesarea, m’introdusse alla sua udienza, gli esposi quanto dal sommo Pontefice si bramava; ed egli, corne pieno di pietosissime viscere e zelantissimo delT aumento délia santa fede cattolica, non solo ebbe la bontà di pazientemente ascoltarmi, mà di più scrisse una lettera alla corte di Persia, sopra tutte 1’ altre efficacissima e nobilissima, con soprascritta d’ oro, e di nobilissima borsa. di fondo d’ oro ricoperta, quai lettera, fra tutte le altre eccettuatane quella di Sua Santità, ebbe grandissima forza presse del Re Persiano.

Nel mentre che mi trattenevo in Vienna, mi sopravenne una gravissima infermità, ed al certo sarei morto, se la somma bontà del Gran Monarca IDDIO, non mi avesse preservato, e la gran carità

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tli quei buoni e perfelti noslri Religiosi, non mi avesscro assistito cou tenera carità, che non ho ling-ua snfficiente a poterlo spiegare. Nel metlesimo tempo s’ ammalù anco il R**" P''® Marco d’Aviano, predicatore Cappuccino, a liitli notissimo per le sue rare virlù e santità; ed appenapostosi in lelto, subito 1’ Aug'us'”® Imperatore, Impératrice, Re de’ Romani, Arciduca, Regina, ed Arciduchesse^ per la grande stima e divozione, che gli portavano, vennero a visitarlo nella propria cella, assegnandogli nel medesimo tempo rAugus™” Imperatore il suo medico proprio,e spezieria, acciù cosa alcuna non mancasse per fargli ricuperare la pristina sanità. Mà perche IDDIO aveva determinato di coronarlo délia sua gloria, in ricompensa di tante fatiche sostenute per suo amore, non giovarono i tanti medicamenti addoprati che pero il decimo terzo délia suainfermità se ne passù a miglior vita, trovandosi présente alla sua morte l’Augus"*® Imperatore coll’ Impératrice, e doppo di averlo fatto stare insepolto, cinque giorni, con tanto concorso del popolo, che se le guardie del medesimo Imperatore non avessero custodito il suo corpo, non vi sarebbe restato nullo di quello. Basti il dire, che anco li PP. Gesuiti ponevano sopra di quello le corone, e con somma riverenza le baciavano. Yi tornù l’ Imperatore, con tutta la Casa Augus™® nel giorno dell’ esequie, e fattogli cantare due messe da due arcivescovi, con solennissima musica, le fù data onorevole sepoltura ; cosa, che fece maraviglia a tutta la città.

Ricuperata io perfettissima salute, e ringraziataSua Maestà Cesarea, m’inviai verso Costantinopoli, con la grande ambasciala, li venti Ottobre del medesimo anno accennato, e ciô mi fù di gran sollievo tuttochè non mi mancassero travaglj e patimenti, si per avéré cura di trenta sei schiavi tra uomini e donne Turche, che si riconducevano a Belgrade; corne anco per ii gran freddi, nevi e ghiacci sofferti. Basti il dire, che passato Belgrade, in una sola nott * si congelù talmente il Danubio, che tutte le hardie delP ambasciadore e saiche de’Turchi, che erauo da sessanta in circa, vi restarono congelate e cosi convenne lasciarle tutte, e trovare da quatre cento carri, per poter proseguire l’incominciato viaggio, quale durù mesi tre, e giorni venti.

Pervenuto in Costantinopoli, cominciai a procurare il passaporto del Gran Signore per andarmene in Pcrsia, e fra questo tempo dimoravo ora in S. Lodovxo, ora in S. Giorgio, chiese ed ospizj de’ PP. Missionarj Cappucciui Francesi; e con tutto chè il Sig’’® Amhasciatore Cesareo, molto perciô s’ alfaticasse, nulla di meno mi convenne aspettare da tre mesi, prima di poterlo avéré. Ricevutolo

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finalmente partii nel principio di Maggio, ed arrivalo alla bocca del Mare Nero, mi convenne stare ivi dodeci giorni, per il vente contrario. Poscia cessato tal vente, m’inbarcai li 14. dette, in compagnia di due Sig” Francesi, con il loro servidore in una saica Turchesca, che anco loro andavano in Persia; ed in dodeci giorni di viaggio, arrivassimo in Trabisonda, e trattenutici ivi da dieci giorni per aspettare ivi la caravana, dovendosi fine in Persia andar per terra. Congregata la caravana per Erzrum, in ollo giorni vi pervenissimo. Anco in detta città vi trovai un capitano Francese ed un Padre Carmelitano, quali pure andavano in Persia. Doppo alcuni giorni ivi trattenuti con buona caravana, tutti inviassimo verso Erivan, prima città del Regno di Persia, ed in dodeci giorni in circa, vi arrivassimo. Giunto in Erivan, vi trovai un’ ambasciatore Pollaco, che tornava da Persia. Con esso lui mi portai ad Esmiazino, sedia patriarcale degli Armeni; e ciù fece per fare l’ambasciata di Sua Santilà a quel Patriarca, cbe era l’unione di quella chiesa colla Latina, acciô lasciasse una volta tanti errori^ e se riduccsse alla vera chiesa caitolica. Mà per quanto dicessi, nulla polei concludere : per tante me ne ritornai ad Erivan, e V ambasciadore Pollaco prosegui il sua vinggio verso Costantinopoli.

Piitornato in Ei ivan, spedii un messo a posta, con mie lettere, al P""® Prefetto de’ nostri Missionarj Cappuccini in Giorgia, per sapere dislintamente lo slato di quelle Missioni ele persecuzioni occorse doppo la mia partenza, corne anco lo pregai, che mi mandasse il Sig’’® Caieuro Tiflislu per interprète, et il Padre x\lessio da Milano, con altre persone, acciô mi fossero di decoro per la mia ambasciata, insieme con tutto il necessario dei paramenti sacerdotali, perpoter celebrare almeno gli giorni festivi in si lungo viaggio.

Subito il Padre Prefetto mi spedi l’interprete, il Padre Alessio da Milano, il Padre Tommaso da Leonessa, délia Provincia Serafica, FraNiccolô da Orta délia Provincia di Roma, ed altre persone. Nel mentre che stavo aspettando la riposta e dette persone, mi cominciai a preparar de’ vestimenti, e di tutto l’allroa me necessario per manifestarmi ambasciatore de’ Principi sopradetti al Re di Persia. Fraquesto mentre si sparse voce per la città, che vi era un’ ambasciadore Franco. Subito quel Principe mandé a cercarmi da un signore Turco, assai confidente suo, per parlar meco e sapere se ciù era vero. Venne questo ; mà io no volli vedere, ne dargli udienza, poichè ero impreparato, ed ancora non avevo posto in aspetto quanto era necessario per una tal manifestazione : mà gli feci intendere, che doppo alcuni giorni fosse ritornato, ed avrebbe veduto 1’ am-

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basciadore Franco. Se ne parti questo, e più non comparve sino al g-iorno prefisso. In pochi giorni adunque, messi in ordine e vestinaenti e gente, sino al numéro di vinte cinqiie persone, comprai un bel cavallo di rispelto, con tutti gli ornamenti necessarj, che tra ogni cosa porté la spesa di cento venti zecchini incirca. In questo fatto un Fratello Gesuita mi fece de’ grandissimi servigj, corne pratico di quella città ajutandomi a preparare tutto il bisognevole. Giunto il tempo prefisso, ritornô il messo di quel Principe e fattolo entrare lo ricevei, stando perô nel mio posto, attorniato da que’ Sig" Francesi, e da tutta l’altra mia gente, che mi serviva di corteggio; fattolo sedere, m’ interrogé per paret del suo principe d’ onde io venissi, e chè mi mandava al suo Re : gli risposi, che ero mandate dal somme Pontefice, dall’ Imperatore e daaltri Principi sovraccennati. Allora mi soggiunse, che era necessario mostrare gli riscontri al suo Kan; gli fece dire, che qualunque voltaavesse voluto 1’ avrei fatto; doppo alcune altre pocce parole se ne parti. Passati due giorni, fui chiamato dal detto Kan, che vuol dire principe, e cosi andai alla sua udienza : il modo che tenni fù questo. Prima facevo andare avanti a cavallo alcuni per far fare largo nelle strade, dove era gran gente concorsa, poi lo stendardo grande che ivi aveva fatto fare, con una gran croce in mezzo, poscia duodeci archibugieri, poi andavo io con due lacchè avanti, vestiti di rosso, e due altri appresso di me ai lati del cavallo; poi vicino a me li gentilissimi Francesi, con altre persone civili, ed in ultimo veniva l’altra mia gente, con li SSig" mercanti, miei amici che in tutto erano da quaranta cavalli incirca. Arrivato dal principe, e fatte alcune ceremonie, messomi a sedere, comincié a venire caffè ed altri sorbetti ail’ uso turco. Poi voile vedere le lettere, che portavo, e di che erano; gli dissi il tutto; m’ interrogé poscia a che fine ero stato mandate; gli feci rispondere, che molto mi maramigliavo di lui che mi facesse taie interrogazione, mentre le cose de’ principi grandi devon’ esser segrete, e non palesi a tutti, e cosi mutato discorso, doppo qualche tempo me ne partii verso il mio albergo, con l’ordine sopradetto. Il giorno seguente, mandé avisitarmi, ed a vedere se portavo regali al suo Re : risposi, che gli portavo, e volendoli vedere, non volli mostrargli. Miré poi tutta la gente, che avevo meco, interrogandomi se ero per fare qualche l’egalo al suo principe? Gli feci risposta, che sapevo quello che dovevo fare con un signore cosi benigno. Si parti, ritornando poscia il giorno seguente mi fece intendere, che il suo Kan mi aveva assegnato trenta piastre al giorno, e che mi aveva dato qumdeci cavalli per portare le mie robe sino in Persia, e che

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un signore Turco, con suo’ servidori mi avrebbe at:compagnato per tulto il viaggio, e questo chiamavasi il Memendar, a cui toccava provvedere ogni sera l’alloggio, e risquolere per li villaggj e città per dove si passava, il denaro suddetlo, sentendo io queslo non ne facevo caso, ne stima esternamenle, mà inlernamente, non mi dispiaceva, perche allrimenti gli miei afîari non sarebbero riusciti, e non mi sarei esposto a taie impresa, se non avessi saputo l’uso Persiano, che è di spesare tutti gli ambasciadori che passano alla corte di Persia. Onde vedendo la liberalità di quel Principe, lo régalai di un’ orologio e di altre cose, che sapevo essere di suo genio. Régalai anco due allri minislri, che il lutto portô di spesa due cento e cinquanta piastre incirca. Questi regali erano molto necessarj a farsi, per acquistarsinel principio buon nome,essendo tal città, la prima nel Regno di Persia, d’onde anche da quella fii spedito da quel Kan, corriere alla Corte dandogli parte délia mia andala.

Mi trattenni per alcuni giorni in detta città pe’ calori eccessivi, essendo il mese d’Agosto, ed in questo montre mi venne l’inlerprele, ed altre persone da me desiderate per il mio viaggio. Feci anco in detti tempi alcuni conviti, necessarj a farsi secondo l’uso del paese, che mi fù di non poco spesa. Corse voce nella Giorgia ed in allri luoghi délia venula di nuovo ambasciatore Pontifizio al Re di Persia, onde gli nemici fierissimi de’ PP. Franchi, e de’ Cattolici, cominciarono a temere, che sopradiloro non si scaricasse qualche grave castigo, e fra gli altri quel fiero Vartabietle Armeno, che era stato il capo di si barbara rivoluzione contro gli Franchi, e che avea composte un sonetto infâme contro del somme Pontefice e de’ Callolici, quale faceva cantare nelle pubbliche chiese, e quesla persecuzione e rivoluzione ebbe a mandare in rovina tutti li poveri Armeni Cattolici, obbedicnti alla sagraRomana chiesa; che perè nepatirono molto nella borsa. Il Vartabiette corne reo di tanto male, per assicurarsi se ne fuggi nel regno del Gran ïurco, e gli allri capi scismaticinon potendo lasciarele loro case, ricorsero al Padre prefetlo, volendosi pacificare; màegli rispose loro, che senza l’ Ambasciatore, che andava alRe, non poteva farniente, e cosi gli tonne molto tempo sospesi. Fraltanto si parti verso Tauris, passando per la provincia di Narcivan, per vedore gli bisogni di quella Cristianità e religiosi Domenicani, corne ne avovo l’ordine dalla sagra Congregazione; viddi e sentii quanto bramavano, e mi facero molle accoglienze, specialmente Mons. Arcivescovo, quale mi donù unbello slendardo del sommo Pontefice Pignatelli, che molto mi fù caro e ben mi servi nelle mie funzioni. Ringraziali adunque tutti e Mons*'® an-

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cora, me ii’ andai in Tauris, città doppo Ispahan, la maggiore. Prima di arrivare in delta città, spedii un corriere ai PP. Missionarj Francesi Cappiiccini pregandoli a dare avviso aquel Principe délia mia andata; esegnirono pnntiialmenteil tutlo, e dette Principe ordinù a tutti li mercanti crisliani, che dovessero venirmi incontro, corne fecero, e gli Padri, corne avevo scritto, mi condussero alcuni cavalli da mano, fatlisi prestare da’ loro amici, e cosi con lutta solennità entrai in delta città, ed in essa mi tratenni da dieci settc giornatc,per non essere stato spedito da quel Kan, corne anco in tal tempo, feci de’ nuovi vestimenti per me e per allri, per fare l’entrata solenne in Ispahan.

Arrive) in questo mentre un ambasciatore Moscovite, a cui mandai quatre genliluomini a visitarlo, ed il giorno seguente, mi rimandè il suo fralello, ed altri a restituirmi la visita, facendomi sapere, che volenlieri si sarebbe abboccato meco. Gli feci rispondere, che se voleva era padrone, mentre ivi mi sarei traltenuto per due giorni ancora. Egli non venue, e cosi faite le mie provvisioni, il primo di Ottobre me ne partii.

Inviatomi dunque verso Ispahan, non mi mancaronointal viaggio travaglj, perché trovandosiin tali luogbi de’ barbari, che non slimano ne Re, né molto meno Ambasciadori, onde appena si irova il pane damangiare,e quel che è peggio, bisogno dormire ail’ aria, e volendosi far forza, non puô succedere senza qualche ammazamento, infermità per l’aria catliva, ed acque salse, ollre li caldi eccessivi senza trovare un’ albero da potersi fermare ail’ ombra, per essere tutte campagne aperte. Per queste cagioni, non passarono molti giorni, che mi ammalai gravemente, e benchè avessi medici e medicine, nulle mi giovarono. Ari’ivai più morto che vivo, quando a DIO piacque, ad una città chiamala Kum, d’ ariapessima, ed acque infâme. In quella nolte cadero infermi di febre vinti due persone délia mia corte; onde mi convenue trattenermi da cinque giornate, nel quai tempo furono date moite medicine, colle quali molli si riinisero in istato di poter proseguire il viaggio, e benchè io non migliorassi apunto, lutta via convenue partire, dovendosi proseguire il cammino alla volta di Casciano, città ove si fabbricano bellissimi arazzi e panni di gran valuta di seta, d^ oro ed argento. Ivi pure mi traltenni tre giorni, si per la mia grand’ infirmità, corne per provvedermi di alcuni vestimenti necessarj alla mia persona ed alla mia corte, per l’entrata solenne in Ispahan.

Da delta città spedii un corriere per la Regia, corne fece il Memandar Base! mio condultore. Questi per dar parte alla Corte, che

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conduceva un’ ambasciatore Franco, ed io al Mons''® Vescovo Pétri Francese, e specialemenle al R”® P''® Elia, Vicario Generale Residenle del Re di Portogallo e religioso Agostiniano. E perche questo era molto pralico nella Corle, gli nolificai la mia andata ed il carattere che lenevo, pregandolo darmi alcuni indirizzi necessarj, corne pratico nella Corte, notificaudoli anco le persone, che conducevo meco, acciô se non fossero baslanti, ne pigliassi altri, avant! di arrivare in Tokici, borgo d’Ispahan. Inteso il tutto, mi esortè a pigliarne allre dieci acciù mi servissero di sciatiri, e cosi egli medesimo mi venne incontro con le dette persone, ed io entrai nell’ accennato borgo, ove per ordine Regio era preparata l’abitazione per me, con un bellissimo giardino.

Arrivato dunque in detto borgo li 9. Novembre, cadde si gran pioggia, neve e grandine, che pareva volesse subissare il mondo, e tutto quello inverno fù assai rigido, ed io slavo tanto male, che appenami reggevoinpiedi. Lamatlina seguente di buon’ ora, mandô il Re il Memandar Basci a visitarmi, e darmi il benvenuto, e sapere da chi ero mandate. Inteso il tutto, m’interrogô se avevo presenti per il suo Re, e rispostoli di si. Soggiunse se erano mandat! da Principi, oppure se fossero i miei, gli feci rispondere, che erano miei, e non de’ Principi, perche essendo passato sconosciutto per tutto il regno del Gran Turco, non potevo portare cosa di gran rilievo e degna de’ miei Principi, per presentarsi ad un Re di Persia, per non mettere a rischio il tutto, ed essere scoperto. Questa ragione lo sodisfece, e numerate le persone, che avevo al numéro di quaranta in circa, se ne parti.

Mi trattenni in detto luogo per alcuni giorni, e frattanto mi andavo disponendo per poter fare l’entrata in città. Feci fare un’ altro stendardo, colle armi dell’ Imperatore da una parte, e dall’ altra una gran croce d’oro, avendo già l’altra del sommo Pontefice. Disposi ancorai regali, che dovevo fare,e quelli, che mi mancavano, gli comprai indetta città. Fraquesto tempo ricevei molle visite, si di Religiosi, corne di secolari, il chè non mi fù di poca spesa, per li rinfreschi, che sogliono darsi, consistent! in acqua vite, caffè, vini e confetture. Passai! dieci giorni fui invitato ad entrare in città, venendo il Memendar del Re 'a preiidermi; onde vestitomi di nuovi vestimenti, colla pompa maggiore che potevo, feci il mio ingresso, andando a dirittura al palazzo assegnalomi. Non era ancoraben guarito, enon di meno i ministri mi afîrellavano ad andare ail’ udienza del Re, mà io non voilé andare, finchè nou ebbi ripreso alquanlo le forze, e che il tutto fosse ben preparato.

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Passai! doclcci giorni, ed essendo alquanto sollevato, mi disposi air andata, onde assegnatomi il giorno dal Re, vennero quei cho dovevano prendere i regali, e scritto il numéro e qualilà dei medesimi, se li porlarono via, ed erano li seguenti. Un calione da fumare tabacco ail’ uso Persiano; questo era tutto d’argento doralo al di fuori, e smallato di bellissime figure ed uccellami, con altre galanterie, il di cui prezzo era cento cinquanta Ungheri. Un’ orologio piccolo da petto, colla sua campanella, piastre due cento. Uno scrigno fabbricato tutto di specchj, piastre cento sessanta. Tre specchj grandi, con bellissime comice dorate, piastre cento e dieci. Alcune caraffine di cristallo et altre galanterie di Germania, che ben non mi ricordo : il prezzo di tutto perô importava piastre nove cento incirca.

Il giorno seguente determinato per l’udienza, venue il Memandar Base! con cinque cavalli del medesimo Re, con li soldati cbe sempre assistevano alla porta délia mia abitazione; si cominciô la cavalcata, quale fù in questo modo. Prima andava avanti il Memandar Base! con i snddetti soldati; poscià li cavalli di mano, dietro a questi i luz Basci, che vuol dire capo di cento uomini ; di poi, un capitano Francése ; a questi seguivano li stendardi del Papa, e dell’ Imperatore, doppo li quali venivano li archibugieri, dieci sciatiri ô sia lacchè, ed altri due avanti il mio cavallo, vestiti di rosso, con berelta in forma del mio cappuccio. Doppo di me, veniva il primo gentiluomo, che portava in mano le lettere de’ Principi; vicino a lui il mio interprète maggiore; di poi li gentiluomini, con tutti li altri délia mia corte, oltre moite altre persone, che mi facean corteggio. Arrivati alla piazza del Reale Palazzo, vi erano ai balconi di quello divers! suoni di tamburi ed altri stromenti. Giunto alla porta, smontai da cavallo, ed enlrato, fui rattenuto nella porta del giardino per lo spazio d’ un’ ora incirca a sedere; e questo fù fatto, acciù vedessi passare tutti li grandi del regno con il loro equipaggio, consistente in piatti e bacili tutto d’oro, suonatori di stromenti musicali; dodeci cavalli nobilissimamente bardati ; due elefanti, in ultimo, docenti ragazzi^ con pertiche in mano, sulla punta delle quale sostenevano teste d'uomini, per significare la bravura de’ guerrier! persiani.

Terniinato tal passaggio, colla gente più nobile e due camerieri fui introdotto nel giardino, in prospetto del quale vedevasi un bellissimo teatro, tutto lavorato di specchj, in cui stava il Re, assistito da’ grandi, e da una nobilissima Gorte,con grau musica e suoni, Giuiito alla porta di quella, presi le lettere in mano, e due magnati del Re servendomi di braccieri, mi condussero alla presenza di sua

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Maeslà,chc sedeva sotto d’una gran corona pendante da alto. Fatta gii umilissima riverenza, venne FljUmadi Deulet, cioè primo Veziro, prese dalle mie maui le lettere, e presentolle al Re, quali 1’ alzô verso la testa e poi se le pose vicino, indi cominciô ad inlerrogarmi, corne stava, se aveva avuto buon viaggio, corne ritrovansi li miei Principi, ed allre cose simili di poco rolievo, ed il tutto per mezzo del primo Veziro. Finito tal discorso, m’ ordinô,che andassi a sedere; ma perche il luogo non mi pareva convenieute al mio stato,stando sotto tutti li Grandi del Regno, non volli sedere; e ciù cagionù non poco bisbiglio : domandandone il Rè la cagione, il maestro di cirimonie gli disse che io non voleva in tal luogo sedere, per non ossere proprio d’ nn’ ambasciadore, che rappresentavali primi Principi d’ Europa. Allora, ordinù che fossi portato dirimpetto a Lui, stando in mezzo di tutti li Grandi, e che veramente era doppo delRe il primo luogo; postomi a sedere da una parte mi assisteva il Memendar Bascl, e dall’altra, il mio interprète, che veramente era uomo di gran garbo, Doppo qualche spazio di tempo, mi cominciô a domandare il Re, se era vero che la pace fosse conclusa tra l’ Imperatore e gli al tri Principi con il gran Signore. Clio cosa questi avcsserô preso al gran Turco ed altre cose somiglianti : gli risposi a tutto, dandogli notizia di quanto era passato. Fatto questo, furono letli i regali, che io gli aveva mandati, ed in questo mentre passavano avant! la sua real presenza. Poscia licenziati alcnni ambasciatori Tartari, venne il mangiare, ed in gran quantità, tutto preparato sù hellissimi piatti d’ oro ; e perche era giorno di sabato, non volli gustare di quei cibi, ma solo presi altre bagatelle, con alcuni sorbetti assai delicati e freschi, che tutto mi consolavano. In tempo del convito, non s’udivano clie bellissime armonie di suoni e canti secondo l’uso diquella Corte : la mia gente[eccettuatine quatro che eranonel convito, essendo cosi l’uso], stavasene tuttafuori di quella gran sala, rimirando la grandezza del Re, che veramente era degna d’esser veduta, essendo questo in età di soli trenta tre anni edi gentilissimo aspetto. Terminato il convito, con mille onori me ne ritornai al palazzo collo stess' ordine, con cui era andato, tutto sodisfatto o contento* Il giorno sequente, mi portai all’udienza del primo Ministre, colla stessa pompa, con cui era andato dal Re, eccettuati li cavalli del Re e quelli di mano, che gli lasciai. Già aveva mandate avant! li presenti per il medesimo Memandar Basci, quali consistevano in orologj ed altre galanterie, che ascendevano alla somma di cento zecchini. Fui ricevuto con molto onore, e doppo alcune ceremonie, vennero diverse confetture, caffèe sorbetti; poi mi disse, se aveva

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a parlarli in segrelo, chc avrebbe fallo uscire lutta la sua gente ; gli risposi di si, ma che la mia potea reslare. Onde licenziali tutti gli al tri, ed accostandoci Tuno e l’altro, gli narrai la buona corrispondenza passata sempre tra il suo Re e gli Principi Cristiani, specialmenle col soinmo Pontefice e colT Imperatore; mi rispose, cbe sempre era stato cosi, e che sarebbe iiiviolabile anco per l’avvenire. A queslo soggiunsi cbe gli effetti non lo dimostravano ; menlre li suddilî del Papa, dell’ Imperatore e d’allri Principi Europei, erano assai maltrattali da’minislri, che governavano, corne anco quei che per amiciziii andavano da loro, ù per imparare leltere, ô per inlervenire aile loro chiese alla spiegazione del vangelo ed altre funzioni. E qui gli narrai li travagli e persecuzioni cbe pativano, solto un governo si inumano, e corne non erano eseguiti gli ordini Regj, fingendo di averne altri in contrario, per fare avanie e risquotere ingiusli tributi, corne per l’appunto era succedutto in Giorgia, nella citlà di Tifllis. A tutto ciù mi rispose di non saper nulla, ed io gli risposi, che beu lo sapevano li miei Principi, i quali per tal’ effelto mi avevano mandalo per vederne l’esilo; e se il Re gli avesse accordato quanto cbiedevano nelle leltere, bene; allrimente si sarebbe sciolta l’amicizia, ed avrebbero prese altre risoluzioni. Ciô inteso, mi promise che il Re mi avrebbe accox’dato tutto. Con taie occasione gli esposi ancora li travagli che soffrivano gli Cristiani délia provincia di Narivan, corne ne aveva ordine dalla Sacra Congregazione ; e sù questo pure mi diede buona speranza, con soggiungermi, che di tutto ne facessi memoriali, li quali sarebbcro stali sotloscrilti in mio favore; poi sorridendo, mi disse che il Papa, ed altri Principi spesso mandavano ambasciatori al suo Re per ottenere grazie, ma chè egli non mandava mai nissuno al Papa, ne agli altri. Io risposi, che il suo Re non avrà queslo bisogno; poichè li suoi sudditi in Europa erano ben veduli e meglio tratlati; ma che se ne avesse mandate, sarebbero stali sempre ben’ accolti; soggiunse ancora, cbe quando gli Principi Cristiani hanno fatlo una promessa, sono inviolabili nell’ osservarla; e cosi doppo alcuni altri discorsi fui licenzialo.

Ritornato a palazzo, mi fece sapere il Memendar Basci, che dal primo giorno, che eraarrivato in Tockci, borgo d’Ispahan,mi correvano dieci selle piastre al giorno, mâche queste gli parevano poche, onde facessi instanza per altri denari, ch’ egli V avrebbe presentato. Io risposi, che non era venulo per motivo d’inleresso, ma per tratlare gli affari de’ miei Principi, e fincliè loro fossero stali vivi, non mi sarebbe mancato mai il pane, seconde il proverbio persiano.

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Per tal rispostane fui molto lodato, dimostrandomi disintercssato e non curante di denaro. Doppo qualche giorni feci il memoriale, seconde il tenore delle leltere, aggiungendovi moite condizioni, non espresse in quelle, corne la francliigia delle nostre case e cliiese, e l’esenzione dalle visite di quelle; che gli nostri Cattolici nelle imposizioni non fossero aggravati più dagli altri. Che li preti Armeni fossero astretti a seppellire li morti de’ Franchi e fare i loro sposalizj e baltesimi, altrimente facendo fossero gravemente puniti, e fosse levito ai PP. Franchi il far simile funzioni. Che ad ognuno fosse permesso l’entrare nelle nostre case e chiese, 6 per sentire la spiegazione del vangelo, ù per assistere ail’ orazione, ô per apprendere lettere, ô per causa di medicina, etc. Che li medesimi PP. Missionarj potessero in Tillis, Gori e Gangia fabbricar case e chiese nuove a loro piacere, fare provvisioni di vino ed altre cose necessarie per vivere. Che quel vartabietto, il quale aveva sparlato de’ Franchi e del somme Pontefice, fosse gravemente punito. Che quel nuovo comandamento pubblicato da’nemici de’ Franchi di pagare dieci mila piastre,, non solo fosse annullato, madi più fossero restituiti li trenta sei tomani ingiustamente riscossi da’ poveri Franchi Armeni. Che gli Missionarj non potessero essere giudicati daver un grande del Regno, fuorchè dal Re ù dal Governatore di quella città, in cui dimoreranno, con altre similicondizioni, etc. Tuttequeste cose gli dimandai per parte di Sua Sanlità e dell’Imperatore e d’altri Principi, seconde le lettere, che aveva presentate. Chiesi pure alcune grazie per altre quatre persone, aile quali era molto obbligato. Feci un’ altro memoriale per li Cattolici di Abravello, seconde l’ordine avuto dalla sagra Congregazione in Vienna, Questi memorialierano in gran foglio, quali mandai ail’ Ijtimad Deulet primo Ministre, egli lo présenté al Re. Terminât! questi primi affari, cominciai a render le visite, e tutti mi riceverono con somma benevolenza, eccettuali li molto Rev‘‘‘ PP. Gesuiti; màposcia pentiti s’ umiliarono, 0 cosi per 1’ avvenire passammo di buona corrispondenza, non lasciando di addoperarmi in benefizio di tutto.

Doppo la mia dimora di tre mesi in Ispahan, risolvei di dare qualche sollievo alla mia gente, quali faceva vivere più da Religiosi, che daSecolari, di modo chè tutta la città ne restava sommamente edificata. Chiesi licenza al Re di vedere il suo giardino, quale volenlieri m’ accordé : ivi giunto colmio seguito; doppo contemplate quelle delizie, passai ad un monte chiamato Tactà Soliman, ove si scuopre lutta la città d’Ispahan, quale di grandezza non è punclo inferiore a Roma. Ci recreassimo con un picciol rinfresco, bevendo

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allasalule del sommo Pontefice, tlell’ Imperatorc, e delRe di Persia, accompagnando gli Evviva il rimbombo de’ musicali stromenti. ïerminato queslo, mi portai colla stessa comitiva in cavalcata a Ciulfa, città degli Armeni, ove giunto smontai in casa dei PP. Gesuiti, già meco riconciliali, doppo qualche spazio di tempo andai a visitare altre case di Religiosi nelle quali presi qualche rinfreschi, e mi fecero vedei'e la forza grande che aveva nelle mani un Turco, il quale col pugno spezzava grossissime pietro, ed io gli diedi una buona mancia. Frattanlo fecessi notte, onde co’ lumi accesi, fra lo slrepito di suoni e tamburi me no tornai al palazzo, passando per mezzo la città, ove lanto fù il concorso del popolo per vedermi, che attesa la grand calca, non si poteva passare le strade, che cou molta fatica. Pervenuti al palazzo, stava preparata lacena solenne dame ordinata, alla quale intervennero Monsignore Vescovo Pétri, ed il Signore Vicario Generale, e Residenli di Portogallo con altri Religiosi e Secolari, e cosi allegramente ce la passammo sino a mezza notte. Questo convito lo feci più per rispetto umano che per mia sodisfazione, essendo taie il costume di quei paesi fra le persone grandi ; onde trovandomi ancor’ io nel ruolo dei Grandi, dovevo fare una taie dimostrazione, henchè contre mio genio.

La mattina seguente che era il giorno di carnevale, venne il Memandar dal Re, portandomi li regali del medesimo, che tra denari, ed altre robe Persiane di drappi, broccati e simili poteaportare la somma di mila piastre incirca ; mi porté ancora la Galata, cioè la veste Regia, che soglion dare a tutti gli ambasciadori, e poi mi disse, che la sera era per portare le altri quatre per li gentiluomini che erano stati meco al convito del Re. Io già sapeva quelle essere il segno che il Re mi voleva licenziare,cominciando il giorno seguente la loro quaresima; onde feci molli riflessi,è tanta più, che il Memandar non mi disse parola alcuna, che il Re mi avrebbe in quel giorno chiamato;maquesta fù astuzia dei Ministripercogliermi nella trappola.

In dette giorno, in tempo di vespro, ecco che il Memandar manda i suoi lacchè con ordinarmi che mi preparassi per andare air udienzadel Re, il quale voleva licenziarmi, a taie elfetto sarebbe egli venuto co’ cavalli del Re aprendermi. In fatti mentre facevasi questo discorso, venne il Memendar co’ cavalli sudetli, portando le quatre Galata accennate di sopra. Ciù vedendo, subito mi posi in trono, circondato dalla mia gente. Entrato quasi nella mia caméra mi salutô, ed io con ciera brusca gli resi il saluto, poichè mi si era

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alterata la bile ; poi mi fece l’ambasciata con dirmi chc il Re era uscito clair barem, e che già stava aspettandomi. A qucste parole alzatomi in picdi, tiitto acceso iiel vollo gli risposi che il suo Re con tulta la corte fosse andato ail’ inferno, che io non curava de’ falti loro. Dove sono, dissi, le riposte dei rnemoriali presenlali al Re ? Impaurito il Meinendar per si inaspettata mia riposta, tremendo mi disse che la sera sarebbero uscili dall’ harem, e che il giorno seguente me li avrebbe portati ; si, ripigliai io, cosi pretendi ingannarmi? pensi forso,"chc io sia un pazzo ? E che viioi tu io faccia dal Re? O mi ha concesso ciù che gli ho chieslo, ô nè : se me r ha concesso, devo ringraziarlo ; se poi me l’iia negato, ben so io, che debbo dirli, perù non avendo le risposte de’ rnemoriali, corne vuoi tu, che mi porti dal Re? Eh, che questo è un inganno manifeste di voi altri ministri, con cui pretendete pigliarmi al laccio. Già conosco voi altri Persiani, che siete ingannatori e che non stimate punto honore e la reputazione del voslro Re. Usci per tanto fuori da questa stanza, nè più abbi ardire di comparirmi avant! con simili asluzie, se prima non porti le risposte del Re, e cosi dispettosamente me lo cacciai dagli occhi, anzi mancô poco non lo facessi bastonare bon bene. Tutto ciù erasi ordimento de’ Signori Ministri, trasporlati dal maledetto interesso, poichè diccvanoquesti, sel’ ambasciadore sarà licenziato dal Re, non polrà più ritornare dal medesimo, sicchè bisognerà si raccomandi a noi, e cosi facendolo noi stentare, converrà che ci regali per avéré il suo intento. Mà io, che sapeva le loro furberie, feci tutto ail’ opposto di quelle essi pensavano, e cosi non volendo mai andare,e stando saldo nel mio proposito, doppo un mese di tempo, ottenni tutto ciù che bramava, ed essi per coprire i loro inganni presse del Re gli dissero, che non era andato da lui, per aver fatto un convito a mioi amici, in cui mi era ubriacato, e pure in quel giorno stetti senza mangiare e senza bere. Cosi, se non fossi stato costanle nel mio proposito, tutte le mie fatiche sarebbero andate al vente.

Passato dun(jue il mese e terminato la loro quaresima, la vigilia del loro gran Bajram, fui di nuovo avvisato che, il giorno seguente, il Re mi voleva licenziare; gli risposi, che se mi avessero portato gli rescritti de’ mémorial!, sarei andato, e che altri mente non voleva in conto veruno andare. La sera sul tardi, lo stcsso Memandar Basci me li portù tutti, quali da me ben considérât!, e vedendo, che erano seconde il mio desiderio, corrispondenti in tutto e per tutto aile dimande latte.

La mattina seguente, mi portai dal Re, con quella pompa mag-

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gioro, chc polova coll’ ordine stesso di prima, vcstito colla Galala, mandalomi da lui, corne fecero pure gli allri quattro genliluomini. Quosta Galala consisteva in una veste bellissima pavonazza, tulla fîorita d’ oro, colla sua cinla e turbanle di non inferiore bcllezza, ed una sopraveste di lama di oro. Con tal vestimenlo comparvi alla Reale prescnza,e faltagli una profonda riverenza, gli rosi le dovute grazie per parte del sommo Pontefice e di tutti gli altri. Il Re mi augurô un buon viaggio, presentandomi ncl tempo stesso le riposte de’ Principi, eccetlo quella del Grau Duca.

Quella délia Repubblica di Venezia, che era la più piccola, me l’accomodarono sul lurbante, cbe jiorfava involto inlorno al cappollo, e l’altre due presele in mano, fui licenziato, Rimontato a cavallo con quella lettera sul lurbante, mi portai per là città, sino alla mia abitazione. Nello stesso giorno terminé la spesa, cbe mi faceva il Re, secondo il costume del paese.

Il giorno seguente, mi portai dall’ Itjimadi Deulet primo Ministro, licenziandomi ancora da lui, e dolendomi délia riposta, che non avevano faltaal Gran Duca, intimandoli che non sarei partito délia città, se non l’otteneva, corne pure d’alcuni affronti fatli dal Kan di Narcivan ai Catlolici di quella provincia. Mi promise la risposta, e di scrivere in buoni termini al Kan sudotto, e che le cose in avvonire sarebbero camminate bene. Ciù inteso, gli ordinai di più che gli comandamenti del Re, voleva cbe fossero registrati ncl Tefter, cioè nel libre délia cancelleria ; il tutto mi fù accordato ; od io me ne partii, augurandomi egli buon viaggio.

Ritornato dunquo alla mia residenza, vennero moite visite, per rallegrarsi meco degli ottenuti Regj favori ; cosi fui in impegno di renderle, corne feci, nel quai tempo visitai tutte le chiese, e li Missionarj délia città. Terminale le visite e registrati i Regj comandi nel Tefter, ne feci fare moite copie per tutte le Missioni di Giorgià, Tauris e délia Provincia di Abranello, autenticate con sigillo di notajo Regio, e 1’ originale lo mandai a Tillis, residenza del P''® Prefetto. Finalmenle, ricevuta ancora la risposta del Gran Duca, ed assignatimi dal Memandar tredeci uomini per accompagnarmi per tutto il regno e risquotere il denaro che giornalmenle mi correva, secondo il costume de’paesi per li quali passava, fatte le necessarie provvisioni, e spicciatomi d’ogni altro affare, me ne partii per Tauris li 21. di Apprile 1701 ove giunsi dopo trenta nove giornatedi viaggio, per essermi traltenuto qualche giorni nellastrada, a cagione délia stanchezza, e per dar riposo a’ cavalli. Prima d’entrare in detta città, mandai secondo il solito avviso, che nel tal

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giorno sarei arrivato. Onde quel Principe fece prepararo l’alloggio; ordinando a tutti li mercanti Caltolici che dovessero venirmi incontro, corne fecero, insieme co’ PP. Missionari Francesi, i quali tutti avendo preparato un bel rinfresco in un giardino, mi obbligarono a reficiarmi ; poscia ordinata una nobilissima cavalcata, con lutta solennità feci l’entrata, portandomi a dirittura al palazzo asegnatomi.

Passati i due giorni, andaialF udienza di quel Principe, e gli présentai r ordine Regio, per la provincia di Abranello ; ma questo, corne Kan senzafede, si oppose ad alcune cose contenute in quelle, non volendo sgravare quel popoli dall’ ingiusta annua contribuzione di settanta tomani, clie sono mile e quatre cento piastre, corne veniva ordine dal Re ; benchè dopo poi, per mio amore ne levù mile, onde quel popoli mi restarono molto obbligati per tal benefizio.

Con taie occasione gli raccomandai gli missionarj, quali tratto sempre bene, e mi promise di avéré per l'avvenire, per essi, tutto il riguardo. Lasciai a’ detti Religiosi una copia del memoriale, ô sia comandamento regio, il qualè conteneva molli privilegj, necessarj al mantenimento delle mission!, corne accennai di sopra. Per molli motivi fui astretto trattenermi in questa ciltà davinli sette giorni : primo peravercle spedizioni di quel Principe; 2''®per la festasolenne del loro Profeta morto Ali, cbe durava dieci giorni; 3° per essere venuto nuovo governatore, le quali contingenze lutte mi furono di grande spesa. Non perdelti perù il tempo, montre in taie occasione rappacificai quell’ arcivescovo co’ missionarj e caltolici, i quali mi fecero un solenne convito; ed io ne feci un’ allro a loro, tantopiù sontuoso, quanto cbe ebbi in quel punto la felice novella délia creazione del Sommo Pontefice Clemente XL alla salule del quale fù bevulo più volte.

Terminalo il convito con zuccberi, confetture etc. gli feci a tutti un brieve ragionamenlo, dimostrando loro, quanto il Re di Persia benchè Turco, stimasse il Sommo Pontefice, sopra tutti gli allri Principi Cristiani, e corne lo chiamava Vicario di Cristo, e perô quanto più dovean farlo essi, che si professavano Caltolici; poichè cliè non lo riconosceva per talc e superiore a tutti li Vescovi, Arcivescovi ePalriarchi, non potca salvarsi, con altre cose, che lascio per brevità, del chè tutti sodisfatti se ne parlirono.

Speditofinalmenle anch’ io, parti! daXauris sul fine di Giugno, inviandomi verso Giorgià,pcr accomodare gli affari di quella Missione; ma comecchè veniva meco di conserva il Padre Provinciale de’ molto RRdi ppri Domenicani délia Provincia di Abranello , questi voile

per ogni modo condnrmi al suo convcnlo, poco distante dal mio cammino. Quel popolo Cattolico con alcuni Turchi del paese, ed il Padre David allora vicario generale per la morte dell’ Arcivescovo suo zio^non solo mivennero incontro da loutano conrinfreschi, ma ancora mi ricevettero con gran solennità, ringraziandomi dell’ operato in lor favore presso il Re , corne constava da’ racami che diedi loro, e comecchè erano Cattolici, ricusai le trenta piastre il giorno, che mi correvano.

Passata questa provinciaincontrai nel restante del viaggio moite difficollà e disagj, si per l’asprezza de’ monti, si per non esser soliti que’ popoli di vedere ambasciatori ; onde fuggendo tutti al solo nome, appena poteasi trovare da vivere, a segno che fui costretto di far mettere in prigione molti, e fra gli allri un Turco, il quale per non voler provvedermi del bisognevole, feci più volte bastonare. Finalmente, doppo infinili travaglj e patimenti con l’ajuto di DIO, mi avoicinai a Cangia, luogo di nostra Missione, e dove avevadimorato quattro anni in qualità di missionario. Intesa da quel Principe la mia vicinanza, mandomi incontro tutti li mercanti Cristiani ed Armeni. Vennero pure li missionari Cappuccini, co’ quali entrai nella città con gran testa e solennité. Giunto alla parte dell’ Armenismo, ove stava assegnato il mio alloggio, venne ad incontrarmi il Patriarca con tutti li vartabietti, sacerdoti, e chierici, vestiti con paramenti ecclesiastici, con istendardi e voce alzata, e fra suoni e canti ail’ uso loro, smontai alla nostra chiesa de’ Cappuccini, cominciando in quel piinto a prendere tal nome. Fù cantate da’ religiosi il Te Deum, poscia rimontato a cavallo, mi portai alla chiesa degli Armeni, congiunta ail’ abitazione assegnatami, e qui vi ricevei moite visite, con regali di frutti, dandomi tutti il Ilôsgéldün.

Passati due giorni, mi portai assieme col superiore di quella Missione dal Principe, il quale mi accolse con tanta cortesia e grandezza, che fece ammirar tutti. Fattigli alcuni complimenti, gli présentai il comandamento Regio, quale ponendolo sul capo, e baciandolo, mi disse che allora non era il tempo' da leggerlo, mà bensi di discorrere e stare allegramente, per alleviare qualche poco le fatiche del viaggio; onde doppo varj discorsi cominciarono a venire fruttami, sorbetti, caffè, etc. con altre simili galanterie; poscia fù preparato un pranzo con tanta quantité di vivande, e si bene accomodate, che sembrava un real convito;,’poicbè oltre l’armonie de’ suoni e canti ail’ uso dell paese, per altro di poco buon gusto assisteva lutta la soldatesca schieratain bella ordinanza, parte délia

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quale stava immobile colle sciabole sguainate, ed allri con cavalli riccamenle bardati, tutti in prospeltiva délia gran sala. Terminato il convito^ e licenziatomi dal Principe con umil ringraziamcnlo, mi manda a regalare quel vaso d’ argento e la tazza d’ oro ove mi era stato dato da bere, acciè le conservassi per sua memoria. Il giorno seguente, mi rimandèilcomandamento Regio,con unasua scritlura, nella quale mi concedeva potessi far fabbricare e casa e cbiesa a mio piacere, e che gli Armeni dovessero assislere in tutti i bisogni di detta fabbrica; che fosse libero ad ognuno l’andare ai Padri Franchi^ con tutti quei privilegj accennati di sopra : del cbè tutti li Missionarj e Cattolici ne fecero gran festa. Doppo due altri giorni, fui convitato ad una ricreazione fuori di citlà, in un bosco lontano quattro niiglia, da uno de’ principali dell’ Armenismo, dette Koggia, cioè superiore di tutti, il quale, quando dimorava in quella Missione, era uno de’ più fieri nemici de’ Franchi, a segno che moriendo il Padre Vincenzo daS. Eraclio, cappuccino missionario délia mia Provincia, non voile dargli luogo nel cimiterio comune dei Cristiani, onde fù duopo seppellirlo altrove; ed io con lutta la mia gente mi feci porre un gran lapide, lavorato per tal eiïetto; mà poi in progresse di tempo, per causa délia medicina esercitata dai Missionarj, cominciô a mansuefarsi in modo che mandava i suoi figlj alla scuola de’ Padri. In questa occasione poi fù constituito dal Principe, provveditore di quanto era necessario per me e per la mia gente; onde io vi andai per maggiormente cattivarlo ; e condussi meco non solo tutta la mia gente, mà ancora li Missionarj, ed altre persone. Si stette in quel convito assai allegramente, ed il medesimo s’ubriaeù talmente, che appena si reggeva a cavallo; con tutto cib al ritorno in città, che fù di nette, aveva fatlo allumare tutta quella contrada, e di più, voile condurmi a casa sua.

Per corrispondere a tanta gentilezza, il di seguente, feci Megélis neir ospizio de’ Missionari, rinvitandolo con tutti gli altri, e cosi fu fattauna grande amicizia col medesimo, et fù bevuto più volte alla prosperità dell Somme Pontefice. In questo tempo, fui spedito da quel Principe, e faite le mie provvigioni, parlii verso Sciamiakia, nltima città del Regno di Persia, con pensiero di fare la strada di Moscovia. Pervenuto in detta città doppo otto giorni con mile stenti e fatiche, poicliè essendo il sol nelleone, tutti credemmodi morire, non trovandosi altro, che acque fangose e le campagne aride lanto, che per mancanza di erbaggj, ehhero quasi a perire anco i cavalli- Quivi fui spedito presto da quel principe; perché era lontano dal Mare Caspio quattro giornate, ne avevasi sicurezza per l’imharco,

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onde mi convcnne aspoltarne la sicurezza del medesimo. In queslo monlre caddi ammalato si gravemente, che tutti pensavano dovessi morire; ma corne a DIO piacque, presi alcuni medicumenti e fattomi cavare sangue, in pochi giorni mi riebbi alquanto. Fratlanto essendo ginnta nuova per mczzo di alcune navi Moscovite, cbe in quel Regno vi erano moite turbolenze, fui consigliato a mulare disegno per il viaggio, e cosi risolvi di far ritorno a Cangia; onde, lutlo cbe infermo, mi posi in viaggio, poicbè erano di già terminale le spese del Re. Giunto in città, il Memandar cbe mi accompagnava, andô a parlare a quel Principe, narrandogli il successo; ed egli approvato il mio ritorno, mi mandô a regalare dei castrati, vino, bultiro e riso, facendomi anco dire, cbe dovessi aspettar qualche buona occasione per partire, acciù non fossi conosciuto nel regno del Gran Turco, Cosi mi trattenni quasi due mesi nell’ ospizio deiPadri Missionarj, mà sempre infermo, anzi andava peggiorando, essendomi molto contraria quell’ aria. In questo tempo, licenziai quasi tutti li servitori, ed il PadreAlessio da Milano, ePadre Tommaso da Leonessa, délia mia Provincia, ritornarono in Giorgia, con li racami dal Re, acciô li mostrassero a quel Principe, e fossero pubblicati per dar campo a tutti di andare alla nostra cbiesa liberamente, e li nemici sapessero gli ordini Regj, per non incorrere nelle pene tassate a’trasgressori.Questi Padri coridussero seco loro li cavalli, cbe io aveva comprati, mandando io per li medesimi a quella tal Missione e cbiesa, alcuni pezzi di broccati, per far pianeto con molti medicamenti, per la quai cosa il P™ Prefetto mi scrisse, una lettera diringraziamento, e mi disse cbe li racami erano ottimi, e cbe sperava felice esito, corne fii.

In questo mentre, pensando alla povera Missione di Gangia cbe non aveva ne casa, ne pane da mangiare, fatti li conti di quanto aveva speso e di quello mi restava,levati cinquante due zeccbini per il mio ritorno, il rimanente tutto, con denari e regali ricevuti dal Re, vaso d' argento e tazza d’ oro, vestimenti, cavallo, sella, briglia d’argento, ed altre masscrizie alla somma di sei cento e più piastre, consegnai alPadre Reginaldo da Lentino, délia Provincia di Siracusa, religioso di molto spirito ed ingegno, acciù facese fabbricare la casa, corne prontamente esegui, secondo le notizie avute; consistendo detta casa in quattro stanze di sotto e cinque di sopra, tutte a volta; il cbe importava la spesa cinque cento piastre ; il rimanente del denaro servi per gli intrigbi di quella e délia cbiesa ancora assai povera : tanto oprai a benefizio di quelle povere Missioni, e Missionarj, il chè tutto sia sempre a maggior gloria di

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DIO e salute delF anime ricomprate col sangue preziosissimo di Gesù.

La spesafaltain delta Ambasciata,per il mioritorno, ascende alla sommo di quatre mile Irecento ottanta scudi romani incirca. Tulto questo denaro, levati da trecento ottanta scudi, lo ricevei dal medesimo Re di Persia, corne accennai di sopra, e tutto quasi lo spesi nel medesimo regno; ma se io non avessi avuto quella cognizione, che aveva, peressere stato più anni cola, mai con si pochi denari,non mi sarei posto in tal’ impegno si arduo, ne più mi ci metterei; anzi e sorto tutti a non accingersi ad una taie impresa, senza una buona somma di denaro, piena cognizione de’ paesi, corrispondenza di fedelissime persone, dalle quali possa essere avvisato. Egli è vero, cb’ io avevo pochissimi denari, ma nel principio mi servj di quelli delle Missioni che meco portavo; sapendo non esservi altro mezzo, per acquistar crédité, che lo spendere dell’ oro e far regali, corne felicemente mi riusci; poichè essendo quei popoli idolatri delT oro e deir argento, pensano che ne porti delle somme onde per farmi crédité nelle spese pubbliche, e che potevansi propalare, sempre spendeva deir oro, acciù vedessero che poco stimava V argento, e che non aveva bisogno di loro. Oltre di chè cosi richiedeva l’ impegno, in cui mi trovava, ed il decoro di chè mi avea spedito, Questo è il hreve racconto di tutto il mio viaggio fatto di Roma sino in Persia, cioè in Ispahan città reale e da Ispahan in Gangia, dove lasciai il nome d’ambasciatore.

Spogliatomi dunque de’ vestimenti nobili e preziosi, e rivestitomi da plebeo ail’ uso de’ mercanti Armeni, uscij da detta città di Gangia di notte tempo, il primo di Novembre 1701. e con buona caravana m’inviai verso Erzrum, città nel regno del Turco, ma sempre con timoré d’ essere scoperto, e benchè damolti mercanti fossi riconosciuto, tutti perù furono fedeli, proseguendo il viaggio verso Toccatis colla stessa caravana, non mancarono nevi, e ghiacci, con tutto il restante, che suole accompagnare la stagione del verno.

In detta città fui conosciuto da molti Gattolici, quali confessai e consolai allô meglio, e poi fatte le dovute provvisioni, parti! per Smirna, ove giunsi, grazie a DIO, sano e salvo, tullochè spendessi per il viaggio quattro mesi continu!, ove li patimenti furono senza numéro, dovendosi dimorare quasi sempre tuttochè il freddo fosse intensissimo alla campagna aperta, e quando si trovava qualche villaggio commodo, la stalla serviva per il più delizioso ristoro. Mi costô questo viaggio, tra il cavallo, servidore, vitto, da quairo cento scudi Romani, eppure feci una vita miserabilissima.

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Arrivato in Smirne l’ultimo diFebbraro, fui cortesemente accolto neir ospizio de’ PP. Missionarj Cappuccini Francesi : ivi mi riveslii del sagTO abilo di cui n’ era stato senza, un’ anno e diecimesi: conessi dimorai qiiaranta gioini, aspettando l’ imbarco per l’Italia; finalmente, giunta 1’ occasione di un vascello Francese, fui da quel capitano ricevuto con molta amorevolezza, ed alli 10. d’ Aprile. spiegarono le vele alla voila di Messina, ove doppo venü otLo giorni arrivammo in porto a salvamento. Fatli giorni dieci otto di contumacia, me n’ anda al convento, d’onde parti! per Napoli e da Napoli giunsi a Roma li 28 di Giugno 1702.

Arrivato al Convento, poco doppo mi portai dell’ Sommo Pontefice Clemente XI. essendo già passato ail’ altravita Innocenzio XII. di felice memoriacbe mi aveva spedito. Gli présentai la risposta dal Re di Persia, e gli narrai quanto aveva operato, seconde gli ordini avuti dalla SagraCongregazione. Ascoltô il tutto conpiacere; mi dimostroun’ affabilità molto spéciale, applaudendo a quanto aveva operato, e doppo esser dimorato ivi quasi un’ ora e mezzo, m’ ordinù, cbe dovessi mettere in carta, quanto a bocca gli avova narrato ed il modo tenuto in taie ambasciata. Obbedii al comando. La lesse con molta sodisfazione, e perquanto mi disse, lamandù in Propaganda, acciô fosse registrata.

La lettera di Venezia la trasmisi a quella Serenissima Repubblica, per il mio interprète. Quella dell’ Imperatore la consegnai, per ordine del Papa, (giaccbè io non potevo più camminare per li gran patimenti) al Conte di Lamberg suo ambasciatore, acciô la présentasse a Sua Maestà, corne fù eseguito per un corriere. Ma quella del Gran Duca, voile Sua Santità cbe io medesimo per esser breve il viaggio, gli la presentassi, onde doppo tre mesi di dimora in Roma, rinfrescatasi P aria, ringraziata Sua Beatitudine dell’ onore compartito a me ed agli Religiosi, colla sua benedizione, parti! per Firenze.

Giunto cola, consegnai a Sua Altezza Reale la detta lettera, quale mi fece moite offerte, dame tutte ricusate con umil ringraziamento ; e cos-i povero Cappuccino feci ritorno ail’ amata mia Provincia^ lodando, ebenedicendo DIO, il quale aveva operato tante maraviglie, con un istromento si debole.

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