‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 31 sur 276 · Khan · texte numérisé non relu

Khan

bazané), lasche d’envoyer au Roy des filles des plus belles qu'il peut choisir, d’où vient que, de temps en temps, il faict descliarger son haram, baille telle à un tel soldat, telle à un tel officier, au liazard pour ces femmes. Disons chetines \ (impératrices de Perse), qui, quelques fois, tomberont en la main de quelque pauvre carabin^ qui comme affamé, aura fricassé en moins de rien tout ce que cette princesse de bas aloy aura pu apporter de la maison du Roy, qui n’est pas grand chose, et ensuite l’un et l’autre, bien perichon, ne sçavent après de quel bois faire flèche. Cecy se voit assez souvent ; du kolphé~ du deffunt Roy, esloient beaucoup à Hispan de telles abandonnées, qui ne faisoient que pousser requeste sur requeste sur la vérification de leur pauvreté;, qui estoit assez évidente à ceux qui n’y pouvoient pas apporter remède. Enfin, pour payer tout d’un coup, le Roy fit deffense de luy présenter plus aucunes de telles demandes.

Tout ce qui se passe au dedans se sçait par les pauvres déboutées. A présent, les pauvres Arméniens sont assez en presse louchant leurs filles, carie Roy, de temps en temps, en faict faire le rosie, les faict venir h sa maison et prend celles qu’il luy plaist, en retiendra beaucoup, par après en renvoiera une partie en retenant quelques-unes qu’il met dans son haram. Les chastrés encore, pour rendre les autres, rançonnent leurs parents qui se saignent comme pélicans pour redonner la vie à leurs petites qu’ils avoient veües à deux doigts de la mort éternelle. Ensuite, celles que le Roy aura gardées, à quelque temps, il les baillera en mariage à quelqu’un de ses officiers, qui sera un loup enragé de faim pour dévorer cette pauvre maison d’Arménien, en qualité de more, selon la loy du pais, tout le bien appartenant à celte Arménienne morizée ; et encor qu’ils aient préveu à cet

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