Zalou
bon et mauvais sang, l’on les met à desgorger dans le grand bassin.
A cet ambassadeur l’on luy donne un Mehmandar '■ (un hoste de la part du Roy), qui va et vient pour pourvoir à ses nécessités. Tous les jours une fois, viennent de la cuisine du Roy de ces grands bassins d’or pleins de flans et chairs à leur façon, portés sur les testes des portefaix pris dans la rue avec leurs guenilles et vestements sordides. Un souillon de la cuisine du Roy les conduira en la maison de l’ambassadeur, lequel s’il estoit de complexion européenne, leslibvrées de ces anges de la Grève (encor plust à Dieu qu’ils fussent en aussi bon équipage!) seules seroient capables de le rassassier, sans qu’il fust de besoing d’ouvrir les plats.
Le Roy luy faict assigner le jour de l’audience ; iceluy estant assis avec tout son monde, chascun selon son ordre, tous la teste couverte, les autres moindres officiers sont en pied, car chaque sçait son rang et s’il se doibt seoir ou non. Lors le grand portier du Roy, echikagacr~ , mène cet estranger faire ses révérences au Roy, qui ne sont que inclinations de teste, les mains sur sa poitrine, cependant ses deux pieds sont comme ceux d’un oison tout droits; approché du Roy, V echik agaci de sa main luy presse les épaules pour le faire tomber sur ses genoux, puis en cette posture baiser le pied du Roy, lequel pour ce subject il retire de dessous ses genoux, car le Roy s’assied comme les tailleurs en France, le reste de son monde de mesme. Après, l’ambassadeur se retire en arrière en la place que lui assigne cet officier.
Toute la dépense de cet ambassadeur tombe sur les esnaf^ ou artizans de la ville, sur lesquels elle est mise : ceci s’appelle havadest^ nouveautés ', car outre cela, ils ont encore le honïtché, le