‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 34 sur 276 · Ilavadis · texte numérisé non relu

Ilavadis

quel à raison de la boutique qu’ils tiennent à loüage du Roy (car icy les ouvriers de mesme mestier sont d’ordinaire en mesine canton, et ce en boutiques appartenantes au Roy) et encor de leurs facultés et renom, tous les ans, au printemps, sont nn mois entier cà esgailler cette taxe sur tous les sonfe (mestier) *. Là ils se hargiient, envient la boutique, le lieu, l’un de l’autre, et, par ces disputes, se font mettre en la taille plus haut les uns les antres, car icy l’élixir de la malice, aiarï^ et fourbe, echkil,%e, trouve parmi cette caste de monde, avec les quels aurez affaire. Quelque chose de difficile à faire que vous leur proposiez, ils ne disent jamais qu’ils ne la sçauroient faire, lorsqu’ils voyent apparence de pouvoir estre bien payés.

La première chose qu’ils demandent est du krarcji^ de l’avance®, ponr avoir de l’estoffe ; ensuite demandez-leur quand cela sera il fait, incontinent ils diront: sabaJi bia beston^ (viens demain, emporte-le). Le lendemain, ils n’y auront pas pensé, vous payeront d’autre bourde, du ser kar cha '% que pour avoir esté employés à travailler pour le Roy, ils n’ont pas eu le loisir, et ainsi, sans réflexion, ils vous feront présent d’une bonne quantité de bourdes, vous remettant [insabah, demain et ainsi sabah,

vous fera promener trois mois, an bout desquels, s’ils vous font quelque chose, il sera très mal faict, et encor avec cela, vous feront payer au centuple.

Pour retourner à nostre ambassadeur, la Cour ne s’inquieste pas tant des affaires qu’il a à traiter que des présents qu’il apporte, que l’on faict passer devant le Roy l’un après l’autre. Une grande bande d’officiers queüe à queüe, comme chevaux de messager, porte chacun sa pièce, et ce en long bois pour

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