‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 35 sur 276 · Serkari chah, oL:^ j^j^, le travail du roi · texte numérisé non relu

Serkari chah, oL:^ j^j^, le travail du roi

faire plus d’esclat. Icy les présens les mieux acceptés sont en argent monnoyé, pierreries, perles, car de ces curiosités comme du tour à pans, à ovale, en roze, du point de Gênes, d’autres telles gentillesses que nos roys prisent au-dessus de Tor, icy ces gens n’agréent point cela, disant : akrer tchoiih est ketanest^ (enfin ce n’est que du bois, du fil de lin). Lorsque le présent est reçeu, l’on l’estime, et sur icelle estime, il faut que cet ambassadeur paye les officiers du Roy ; qui de dix pour un, qui demy, qui un quart, et autres telles maltoutes, desquelles en Occident l’on n’a point encore entendu parler. L’ambassadeur expédié, le Roy luy faict un autre présent pour luy, non pour son Roy, et ce le double de ce qu’on a estimé le sien ; il baise les pieds du Roy, puis prend congé.

La coutume icy est que quelconque ambassadeur qui porte lettres, baillant ses lettres au Roy et luy baisant les pieds, mange avec le Roy et sa cour dans son me g des ; à la sortie, c’est un plaisir. Le Roy se levant pour entrer en son haram, tout le monde se lève et un chacun sort pour prendre ses souilliers. Là, d’ordinaire, plusieurs qui estoient mal chaussés s’en retournent chaussés à neuf; qui en prend d’autres, ne trouvant point les siens. Et cecy arrive continuellement, car là de trois ou six cens souilliers, comme un chacun sort à la foule, le moyen qu’il n’y aie de la confusion , laquelle encore est fomentée d’ordinaire par les plus mal chaussés ; là, pour y remédier un chacun ne peust faire entrer son lacquais chastré pour garder ses souilliers.

Le Roy sort assez souvent le soir pour s’aller promener : lors la nouvelle s’en portant parles Rika^^ valets de pied que chacun des grands tient en dehors de la maison du Roy pour donner advis, vous voyez tous nos cavalliers courir çà et là pour se

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