‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 40 sur 276 · Mouhlessib · texte numérisé non relu

Mouhlessib

le nerke'^ (taxe) sur les denrées de bouche. Tous les boutiquiers de cuisine sont ses tributaires, avec lesquels il s’accommode moyennant qu’ils luy graissent la main, de laquelle ils ne manqueront pas d’avoir quelque revers^ s’ils manquent à leur debvoir. Nonobstant cela, de temps en temps, il fera promener par les rues de la ville par ignominie quelque pauvre malotru, disant « c’est pour avoir fraudé au poids ou au prix courant », et ce, pour se faire passer pour grand justicier. Mais avec cela, le peuple n’en croit rien.

Kazi^^ juge, cheik el eslom aussi juge. Nous en avons parlé assez au long; seulement icy se passe une façon d’intérest d’argent assez gentille. C’est que, un homme voulant emprunter cent tomans et en payer l’intérest à dix pour cent, il engagera sa maison à cet homme pour cent tomans à païer dans un an. Ils font le papier juridique de cent tomans; à présent, le maistre de cette maison n’a plus de droict en cette maison, c’est cà l’autre de l’habiter luy mesme ou bien la louer à qui bon luy semble. Lors le débiteur luy dit : « Relouez moy ma maison, mon argent est aussi bon que celuy d’un autre. » Enfin il reprend son logis à ferme de dix tomans par an et ainsi, sans faire translation de ses meubles, il faict son affaire.

Une autre prest d’argent sur une maison &?,ibéi(it (charte) \ qui est de prendre sur sa maison tant cà païer en tel temps ; que si ce terme là se passe, la maison est perdue pour son premier maistre. Telle est la loy du païs; mais maintenant, la malice leur vient de prolonger les procès, d’embrouiller les affaires, ne se trouvant maintenant rien d’assuré, rien de déterminé, que par argent, ruze et amis, l’on ne le puisse renverser.

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