‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 67 sur 276 · Menssoukh · texte numérisé non relu

Menssoukh

à la condition du temps. Lorsqu’il envoya Moyse, Moussa^, la magie estoit en grande vogue chez les Égyptiens. Dieu accorda à Moussa de faire ce qu’ils ne pouvoient faire, sa verge convertie en serpent venant à dévorer les autres, contraignit ces négromanciens d’avouer leur impuissance et de recognoistre Moussa comme envoyé d’une puissance suprême qui luy avait donné un pouvoir excédant les limites de l’estre créé.

Lorsqu’il envoya Jésus-Christ, qu’ils tiennent né de Ma-

riam vierge, sans père, en ce temps là, la médecine plaisoit; les maladies n’avoient presque point de lieu assuré, les médecins de ce temps là guérissant jusques aux incurables. Dieu donna à hazeret Aissa ^ (la majesté de J.-C.), le pouvoir de ressusciter les morts, afin que le peuple cogneust que c’estoil un autre qu’Esculape qui avoit envoyé ce prophète. Par ce moyen, il a esté reçu et a abrogé la loi de Moussa. Quant à sa mort et passion, l’unique remède de nostre salut, ils la nient, disant que Dieu le tira en vie miraculeusement et le porta au quatriesme ciel là où il est à présent; et pour satisfaire à la rage diabolique des Juifs, Dieu donna à leur Reis^ (chef), la semblance [chcbahet)^ de J.-C.; ils le prirent au collet nonobstant qu’il réclamas! que l’on se trompoit à son désavantage, et ils le firent mourir cruellement, ainsique nous disons du mesme Jésus-Christ.

Dieu envoyant Mohammed pour abroger la loy de hazeret Aissa^ luy donna l’éloquence en un tel degré que, comme disent les gens icy, fessahet coiiron magdour hechernht^ (l’éloquence de TAlcoran et le style relevé d’iceluy n’est pas possible à une créature), et comme dans ce temps là féloquence et l’élégance

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