o'-îj Rudimenta linguæ persicæ authore L, de Dieu
accedunt duo priora capita Geneseos ex persica translatione Jac. Tawusi.
2. In Hamed Allæ Casbinensis Persæ Sapientiam Universi Gilberli Gaumini, libellorum supplicum præfecti, epistola dedicatoria Eminentissimo Cardinali Duci. Farisiis, apud Joannem Petitpas, via Jacobea, sub scuto Venetiarum, 1641.
3. Nous trouvons dans l'Inventaire, description et prisée des manuscrits orien-
quelques apologues de rKiivari Soulieily, publiée à Paris en 1G44, sous le titre de Livre des lumières ou la conduite des rois, composé par le sage Pilpay, lndie?i^ traduit en françois par David Sahid d’Ispahan.Ceiie traduction, très libre et très sommaire, ne donne aucune idée du charme et de l’élégance des récits de Houssein Vaïz Kachify ; elle ne contient que quelques apologues des quatre premiers livres de l’ouvrage original'.
Je dois une mention spéciale à un érudit éminent du XVII® siècle, Jos. Greaves, qui, après avoir terminé à Oxford ses études de la manière la plus brillante, y obtint une chaire de physique et de mathématiques. Nommé professeur de géométrie à Londres, il jouit de la protection de Laud, archevêque de Cantorbéry, et fit, en 163o, un voyage à Leyde, à Paris et à Rome. Deux années plus tard, il s'embarqua, avec Édouard Pococke, pour le Levant : ces deux amis séjournèrent pendant quelque temps à Constantinople, et Greaves, grâce à la bienveillance du patriarche grec Cyrille Lucar, put visiter les couvents du mont Athos. Pococke et Greaves s’embarquèrent pour l’Égypte à bord d’un des bâtiments de l’escadre turque; ils s’arrêtèrent à Rhodes et prirent terre à Alexandrie. Greaves put faire au Caire l’acquisition de précieux manuscrits, et il prit passage à Alexandrie sur un navire qui le conduisit à Livourne. Revenu dans sa patrie, Greaves fut pourvu, à Oxford, de la chaire d’astronomie.
taux de Gaulmyn faits par Claude Le Capellain et Pierre des Vallées, interprète du roi, le manuscrit de « Hamed Allæ historia naturalis et rationale imperii persici » coté sous le DO 391 et estimé X. 1. On y voit figurer aussi un exemplaire de la traduction persane du Catéchisme du duc de Richelieu. Cf. l’article de M. Omont dans le numéro d’avril 1886 de la Revue bourbonnaise consacré aux manuscrits de Gaulmyn.
1. Claude Barhin publia, en 1698, une nouvelle édition de celle traduction : il en parut une aussi à Bruxelles, en cette même année, avec un léger changement dans le litre. Gaulmyn a traduit l’abrégé historique de Yahia ibn Abdoul Lethif Qazbiny, intitulé : Loubb out-tewarikh. Cette traduction latine est insérée dans le tome XVII du Büsching’s Magazin,
Tl en fut dépouillé en 1648 à cause de son attachement à la cause de Charles I®". Ses livres et ses manuscrits, pillés par les soldats, furent détruits, malgré tous les efforts de son ami Selden pour les sauver. Miné par le chagrin, épuisé parle travail, Greaves mourut à Londres à l’âge de cinquante ans, le 8 octobre 1652.
11 a publié : Elementa linguæ persicæ; item, anonymus Persa, de siglis Arabum et Persarum astronomicis , latinè et persicè. Londini, 1649, in-4®.
Epochæ celebriores astronomis, historicis et chronologis Chataiorum,Syro-Græcorum, Arabum, Persarum, Chorasmiorum usitatæ ex traditione Ulugh beighi, Indiæ principis, eas primum publicavit, recensuit, et commentariis illustravit Jos. Gravius. Londini, 1650.
Astronornica quædnm ex traditione Shah Cholgii Persæ : mia cum hypothesibus planetarum ; studio et opéra Jos. Gravii persicè et latinè. Londini, 1652.
Dinæ tabulæ geographiæ unaNassir Eddini Persæ, altéra Ulug beigi Tartari.howàim, 1652.
Greaves a laissé en manuscrit un dictionnaire persan contenant six mille mots.
I^’année 1651 vit paraître le texte et la traduction latine du Gulistan, édités par Gentius. Gentius, après avoir achevé ses études à l’Université de Halle^ alla suivre à Leyde les cours de langues orientales ; il fit de si sérieux progrès en arabe, en persan et en turc qu’il put accompagner, à son retour à Constantinople, une ambassade ottomane qui avait été chargée d’une mission importante. Il parcourut la Grèce et la Perse et revint en Europe, après une absence de sept années. L’électeur de Saxe lui accorda une pension qui fut augmentée à plusieurs reprises. Gentius mourut dans la mi-
sère, à Freyberg en 1687. Le libraire Blaeii fit paraître, en 1651, à Amsterdam, le travail de Gentiiis sous le titre de : Musladin Sadi politicum rosarium, sive amœnum sortis humanæ theatrum. La traduction latine fut réimprimée à Amsterdam, en 1655.
Trois années après la publication de Gentius, Oléarius donnait au public une version allemande du Gulistan, qu’il dédiait à Christian Louis, duc de Brunswick et de Lunebourg. Cette édition, ornée de gravures qui ne donnent qu’une idée fort inexacte des costumes et des édifices persans, porte ce titre : Persianischer Rosetithal. In welchem viel lustige Historien^ scharffsinnige Reden und nützliche Regeln vorAOO Jahren von einem Sinnreichen Poeten Schich Saadi in persischer Sprach beschriehen. Jetzo aber von Adamo Oleario mit Zuziehung eines alten Persianers Namens Hakwirdi übersetzet, in hochdeutscher Sprache herausgegeben, und mit vielen Kupfferstucken gezieret. Mit Rom. Kays. Majest. Freyheit. Schleswig, in der fürstl. Druckerey gedruckt durch Johann Holwein. Bey Johann Nauman Buchhandlern in Hamburg, Im Jahr 1654. «Vallée des roses persanes dans laquelle beaucoup d’histoires agréables, de discours spirituels et de règles utiles ont été relatés, il y a quatre cents ans, par un poète profond. Cheikh Saadi, aujourd’hui traduits par Adam Olearius avec l’assistance d’un vieillard persan nommé Hakwirdy, publiés en haut-allemand et ornés de nombreuses gravures sur cuivre. Avec privilège de S. M. Impériale et Bomaine, Schleswig, imprimé à l’Imprimerie princière par Jean Holwein. Chez Jean Naumann, libraire à Hambourg. 1654.
Oléarius a imprimé quelques vers et quelques noms propres avec les caractères persans employés par Gentius. L’orthographe laisse quelquefois beaucoup à désirer.
La même année, J.-V. Duisberg faisait paraître à Amsterdam une traduction hollandaise de la version allemande d’Oléarius.
Levinus Warner, qui avait suivi à Leyde les leçons de Golius et s’était livré à l’étude de la langue persane, publia, en cette même année 1654, chez Jean Maire, ses
ou Proverbiorum et sententiaruin persicarum centuria, collecta et versione notisque adornata. Ces phrases proverbiales et ces adages sont tirés du Gulistan, et les notes et les commentaires qui les accompagnent ne présentent aujourd’hui qu’un intérêt très restreint. Mais Warner a d’autres titres au souvenir reconnaissant des orientalistes : il fut, sur la recommandation de Golius, envoyé à Constantinople, et il devint, dans le faubourg de Péra, l’hôte de Nicolas Gisbrecht, résidejit des Provinces-Unies. A la mort de ce dernier (10 novembre 1654), il sollicita et obtint la faveur de le remplacer et, jusqu’à sa mort en 1665, année dans laquelle il succomba à la maladie qu’il avait contractée dans la prison d’Andrinople, pour répondre d’une somme imposée par avanie aux négociants hollandais établis à Smyrne, il ne cessa de faire l’acquisition de manuscrits orientaux qui, légués par lui à la Bibliotbèque de l’Université de Leyde, constituent un fonds d’ouvrages excellents que l’on ne trouverait plus dans les pays musulmans L
Thomas Hyde fut, avec Greaves, le plus méritant des orientalistes anglais du xviC siècle. Il naquit en 1636. Son père lui donna les premières notions des langues orientales ; il fut ensuite un des élèves de Wellock qui lui inspira le goût de la langue et de la littérature persanes. Il collabora avec
1. M. Du Rieu, directeur de la Bibliothèque de FUiiiversité de Leyde, a publié, en 1883, à l’occasion du Congrès des Orientalistes, un recueil de lettres écrites de
Castell à la publication de la Bible polyglotte de Walton et il transcrivit en caractères persans le texte de la version du Pentateuque, qui avait été imprimée à Constantinople en caractères hébraïques. Nommé lecteur en hébreu au Queen’s College à Oxford, il soutint peu après sa thèse en persan, afin de pouvoir obtenir le grade de maître ès arts. 11 servit Charles II, Jacques II et Guillaume III, en qualité de secrétaire interprète, et il traduisit, pour ces princes, toutes les lettres qui leur étaient adressées par des souverains orien^ taux. Hyde a publié : Tabulæ longitudinum et latitudinum stellavum fixarum ex ohservatione Ulugh heighi. Accesserunt Mohammed Tizini tabulæ declinationum et rectarum ascensionum. Oxford, 1665 ;
De ludis orientalibus lïbri duo^ quorum prior historiam Shahi ludi continet ;
Ilistoria religionis veterum Persarum eorumque Magorum, Zoroastris vita.
Il a laissé en manuscrit des traductions latines du Boustan et du Beharistan, une grammaire et un dictionnaire persans, et une traduction de l’Histoire de Timour par Aly’ Cheref Eddin Yezdy.
Constantinople par Warner et conservées à la Bibliothèque de Leyde. Le testament de Warner fut reçu le 20 juin 1665, deux jours avant sa mort, parje sieur Richard, secrétaire de M. Roboly, résident de France près la Porte ottomane. Nous apprenons, par quatre lettres d’un certain Mohammed el Ourdhy, publiées en 1887 par M. Houtsma, que Warner avait acheté des manuscrits provenant de la bibliothèque de Hadji Khalfa.
1. SS. Bihlia polyglolta, complectentia iextus originales, hebraicum cum Pentateucho samaritano, chaldaicurn et græcum, versionumque anliqtiarnm samaritanæ græcæ LXII interpretum, chaldaicæ, syriacæ, arabicæ, æthiopicæ, persicæ, Vulgalæ latinæ quiquid comparari poterat ; cum textuum et versionum orientalium translationibus latinis ex vetustiss. mss. undique conquisitis, optimisque exemplaribus
impressis summa fide collalis cum apparalu, appendicibus, tabulis,variis lectio-
nibus edidit Brianus Waltonus, Londini, Th. Roycroft, 1653-1660. Lexicon
heptaglollon, hebraicum, chaldaicurn, syriacum, samaritanum, æthiopicum,[arabicum conjunctim et persicum separalim, Londini, Roycroft, 1669.
Le P, Gabriel de Chiiion fut un des collaborateurs du P. Raphaël du Mans. Il demeura pendant vingt ans dans le couvent des Capucins à Ispalian. Il possédait les langues persane, turque et arménienne, et il avait su conquérir l’estime et la considération des principaux seigneurs de la cour ; les intrigues et les mauvais procédés des prêtres arméniens de Djoulfale forcèrent de s’éloigner d’Ispahan, et il alla se fixer à Taurizoù il se concilia les bonnes grâces du gouverneur de cette ville.
Le P. Gabriel de Ghinon fut ensuite envoyé à Telicheri, sur la côte de Malabar : à peine arrivé dans cette ville, il succomba, le 27 juin 1678, à une violente attaque de dysenterie. Pendantson séjour en Perse, il avait rédigé plusieurs mémoires qu’il avait envoyés à François Picquet à Alep . Celui-ci les remit à Moreri qui les publia, en 1671, sous le titre de : Belations nouvelles du Levant ou traités de la religion, du gouvernement et des coutumes des Perses, des Arméniens et des Gaures. Avec une description particulière de l'établissement et des progrez que y font les missionnaires et diverses disputes qu'ils ont eu avec les Orientaux. Compozés par le P. G. D. C. G. (Père Gabriel de Chinon, capucin) et donnés au public par le sieur L. M. P. D. E. T. (Louis Moreri, prêtre, docteur en théologie). Lyon, chez Jean Thioly.
Le premier livre contient trois chapitres, traitant de la religion, du gouvernement et des coutumes des Perses. Le second livre est consacré à la religion, au gouvernement et aux coutumes des Arméniens, et le troisième à ceux des Gaures.
Le P. Gabriel de Chinon se montre, dans ces relations, observateur judicieux : les détails qu’il nous fournit sont de la plus rigoureuse exactitude ; il a consacré plusieurs cha-
pitres au récit des avanies que les Arméniens schismatiques de Djoulfa faisaient subir aux missionnaires européens, et, sans se nommer, il nous raconte les tracasseries dont il fut poursuivi par l’évêque arménien et par ses ouailles.
Tavernier a eu entre les mains les mémoires du P. Gabriel de Chinon, et il a obtenu copie de celui qui expose la religion et les coutumes des Guèbres
Un carme déchaussé français, le P. Ange de Labrosse, originaire de Toulouse et connu, en religion, sous le nom de P. Ange de Saint-Joseph, quitta sa ville natale le 28 janvier 1662, pour se rendre à Rome. Désigné pour les missions d’Orient par le pape Alexandre VII, il partit pour Smyrne avec trois religieux de son ordre, et, traversant l’Anatolie, il arriva à Ispahan le 4 novembre 1664. Il s’y livra avec ardeur à l’étude du persan sous la direction du P. Lazare, carme déchaussé espagnol . Envoyé à Basra, il quitta cette ville le 13 avril 1673, remonta les rives du Tigre jusqu’à Bagdad, puis jusqu’à Ninive, et gagna Tripoli de Syrie, en passant par Alep. Après avoir navigué en vue des îles de l’Archipel, il débarqua à Constantinople le 4 novembre 1673. Accueilli avec bienveillance par M. deNointel, le P. Ange de Saint-Joseph lui fit part de son projet de
1. Poullel rencontra le P. Gabriel de Chinon à Tauriz et il parle de ce religieux dans les termes les plus flatteurs : « J’ay veu le Kam de Tauriz qui est la seconde personne de la Perse, disputer de l’Aicoran avec le P. Gabriel, Capucin, un des bons religieux et des plus habilles dans toutes ces choses et dans les langues d’Orient qu’il y ait point dans tout l’ordre, et dire naïvement à ce bon Père qu’il ne désesperoit pas de son salut puisque Dieu l'avoit fait venir de si loin en Perse... Les enfans de ce Kam venaient souvent voir ce Reverend Pere : ils le trailtoient du nom de Baba, qui veut dire « mon père », et ils luy parlaient avec le mesme respect que s’ils eussent parlé au plus considérable d’entre les religieux mahometans. » Poullet, Nouvelles relations du Levant, Paris, 1668, tome II, page 273. Nous trouvons dans le Catalogue des manuscrits orientaux de G. G ulmyn, sous le n® 385, la mention suivante : Pétri Gabrielis Capucini de novissimis... XL .s.
publier un dictionnaire italien-latin-français qu’il avait com-»posé. L’ambassadeur lui donna sans difficulté une lettre, dans laquelle il se déclarait obligé <( de requérir et supplier, comme nous le faisons très-instamment, les docteurs des plus célèbres universitez de faciliter et authoriser l’impression d’un ouvrage composé par le R. P. Ange de Saint-Joseph, carme déchaussé, duquel la connoissauce parfaite de cette langue (la langue persane) nous étant connue par le long séjour qu’il a fait en Perse, aussi bien que par les certifications de ceux qui, à Constantinople, possèdent le mieux le persien, nous avons creu en conscience devoir rendre ce tesmoignage que nous fortifions par l’asseurance d’avoir esprouvé de ce Père, pendant cinq mois qu’il a demeuré auprez de nous, un très-grand zèle et une connoissauce fort entendue et très-exacte des meurs et coustumes de la Perse et pais voisins. C’est ce que nous attestons par ces présentes, etc.
« Donné en nostre palais, aux vignes de Pera lès Constantinople, le 16 février 1679.
« Signé : O lie a de Nointel. »
Le P. Ange de Saint-Joseph s’embarqua à Constantinople pour aller à Venise: il se dirigea ensuite sur Romei revit Toulouse, sa ville natale, et vint à Paris où il essaya vainement de faire imprimer son Gazophylacium linguæ persicæ. Il réussit cependant à faire paraître la traduction latine d’une pharmacopée persane qui fut donnée au public sous le titre de : Pharmacopœa persica ex idiomate persico in latinum conversa^ o ^
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opus missionariis , mercatoribus, cæterisque regionum orientalium lustraioribus necessarium^ neenori^ Europæis na-
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tionibus perutile. Accedunt in fine specimen notarum in pharmacopœam persicam, tum indices duo^ aller pharmaceuticus, compositiones in hoc opéré contentas indigitans^ aller pathologicus, remedia ad singulos rnorhos ostendens. Lutetiæ Parisiorum. Typis Stephani Michallet, 1681.
Le P. Ange de Saint-Joseph crut devoir faire donner , par François Bernier, une approbation à la version latine de sa Pharmacopée. Celui-ci rend le témoignage que la traduction de la Pharmacopée est conforme à l’original et que cet ouvrage pourra être d’une grande utilité non seulement
en Orient, mais encore en France. Pétis de la Croix, « le füs
de l’interprète du Hoy » , déclare que : « pendant les deux années que j’ai passées à Ispahan, j’ay esté témoin des conversions qu’a faites le R. P. Ange de Saint-Joseph, carme, déchaussé toulousain, à quoy la médecine qu’il exerçoit charitablement et religieusement n’a pas peu contribué, et ainsi j’espère que la traduction qu’il a faite en latin de la Pharmacopée persienne sera beaucoup utile pour l’établissement des missions, aussi bien que pour les nécessitez publiques » . La première partie de la préface est, en effet, consacrée aux conversions obtenues par le P. Ange de Saint-Joseph ; il mentionne entre autres celle d’isaac Botet de l’Estoille dont nous avons déjà cité le nom, et qui, à l’âge de soixante-dix ans, au moment de sa mort, abjura le calvinisme pour entrer
dans le giron de l’Eglise catholique romaine'. Dans la dernière partie, le P. Ange de Saint-Joseph critiqua quelques passages de la traduction persane du Nouveau Testament, insérée dans
1. Le P. Ange de Saint-Joseph nous apprend que les filles et les fils de l’Esloille avaient été élevés dans la religion catholique. Son fils Louis avait été l’interprète des agents français de la Compagnie des Indes. Une de ses filles avait épousé Ishaq Khan fils de Zeno qui était interprète de la Compagnie anglaise. Pharmacopœa persica, page 23 de la préface.
la Polyglotte de Walton ; il s’attira de la part de Hyde une réponse indignée qui parut, en 1685, sons le titre de Castigatio in A . delà Brosse, carmelitam. Dans ce pamphlet, Hyderaccuse d’avoir passé sous silence le nom du P. Mathieu auquel il était redevable de ses connaissances, et il relève vertement toutes les assertions du critique du Nouveau Testament persan.
Le P. Ange de Saint-Joseph fut nommé, en 1683, supérieur des Carmes déchaussés de la province de Belgique : il profita de son séjour dans les Flandres pour faire acheter les caractères orientaux appartenant aux héritiers des Elzevirs, et ij livra à l’impression, à Amsterdam, son Gazophylacium linguæ Persarum, triplici linguarum clavi, italicæ, latinæ, gallicæ, necnon specialibus præceptis ejusdem linguæ referaturn. Opus missionariis orientalihus , linguarum professoribus, sacrorum librorum scrutatoribus , mercatoribus , cæterisque regionum orientalium lustratoribus perutile ac necessarium . Amstelodami, 1684. Chardin qui, à cette époque, était agent des affaires de la Compagnie des Indes orientales d’Angleterre vers MM. les États généraux des Provinces-Unies, prit connaissance, pendant l’impression, de quelques feuilles de cet ouvrage . Il crut devoir formuler son opinion en ces termes : « J’ay leu diverses feüilles de ce livre intitulé : Gazophylacium linguæ Persarum, durant le cours de l’impression, et j’en ay trouvé l’érudition vaste et curieuse; j’ay eu l’honneur de connoitre particulièrement l’autheur en divers endroits de l’Asie, et je sçais qu’il en parle avec beaucoup d’élégance les langues les plus belles et les plus répandues. Il seroit à souhaiter que ce sçavant homme nous voulust instruire des meurs, du pays et de l’industrie des Persans aussi bien que de leur langue ; n’estant pas possible que sçachant si bien le» mots, il ne sçache aussi
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les choses. » Malgré ce témoignage favorable, il ne faut point accorder créance entière à la façon dont le P. Ange a rendu en persan les mots latins ou français de son vocabulaire. Il a donné à un très grand nombre d’expressions un sens erroné, et l’orthographe laisse bien souvent à désirer. Hyde fait remarquer, avec une certaine aigreur, que l’ignorance du P. Ange éclate pleinement dans son Gazophylacium et que les erreurs que l’on y relève formeraient un volume égal à celui de son dictionnaire. « Uti plenius constat ex ejus Gazophijlacio persico, ubi tam ampla errorum messis, ut omnes corrigere aliud ei suppar volumen conficeret : ibi enim quævis fœmina vix pejus in orthographia erravcrit quam ille. »
Le P. Sanson, auteur d’un Estât présent de la Perse, fut envoyé dans ce pays en 1683, en qualité de missionnaire apostolique. Il y étudia les langues arménienne, persane et turque : après un séjour de six mois à Qazbin, il passa six mois à parcourir le Kurdistan et la Susiane. Il accompagna l’évêque de Babylone à la cour de Perse, et il y passa trois ans après la mort de ce prélat, pour obtenir justice des vexations commises par les autorités de Hamadan au sujet de sa succession. Louis XIV ayant écrit à Cbâh Suleyman pour lui recommander les intérêts confiés au P. Sanson, ce prince fit droit aux demandes de ce missionnaire : il l’admit au nombre de ses hôtes et lui permit d’assister, avec les envoyés et les agents des souverains, aux audiences et aux banquets royaux.
Châb Soleyman chargea le P. Sanson de porter une lettre à Louis XIV. Le roi la reçut de ses mains et lui ordonna de donner au public les renseignements qu’il avait recueillis sur la Perse. U Estât présent de la Perse, dédié à M. Rouillé,
conseiller d’État, parut dans la dernière moitié de juillet 1694; cet ouvrage, qui est orné de cinq planches finement gravées sur cuivre, ne donnej^aucun renseignement que l’on ne trouve dans Tavernier, Thévenot et le Tchehil Soutowi de Bedros Bedik. La façon dont les mots persans sont transcrits fait supposer que le P. Sanson n’avait point, dans cette langue, des connaissances fort étendues'.
Le dernier ouvrage relatif à la Perse, qui ait vu le jour à la fin du xvif siècle, est la Relation de la mort de Schah Soliman, roy de Perse, et du couronnement de Sultan üssain, son fils, avec plusieurs paidicularitez touchant l' estât présent des affaires de la Perse et le détail des cérémonies observées à la consécration de l'évêque de Bahylone à Zulpha lès Ispahan. Paris, 1696.
Je termine cette introduction en donnant les quelques renseignements que j’ai pu trouver sur l’auteur de \' Estât de la Perse en 1660.
Jacques Dutertre, qui prit en entrant en religion le nom de Bapliaël^ naquit au Mans au mois d’août 1613. 11 était le fils de Charles Dutertre sieur de La Bagottière, avocat au siège présidial du Mans, et de Gabrielle PaullartL Je n’ai pu recueillir aucune donnée sur les années de sa jeunesse, mais les récits des voyageurs qui l’ont connu à Ispahan nous apprennent qu’il avait fait de sérieuses études et qu’il avait des connaissance étendues en mathématiques. Les renseigneTments que je mets sous les yeux du lecteur sont tirés des rela-
1. Le peintre hollandais Corneille Le Bruyn fit, quelques années plus tard, le voyage de Perse, et dessina les monuments do Persépolis. Les planches remarquables qu’il afaitgraver se trouvent dans le premier volume de ses Voyagespour la Moscovie en Perse et aux Indes orientales. Amsterdam, 1718. Les ruines de Persépolis avaient aussi été dessinées par Daulier-Deslandes et par Grelot qui accompagnait Chardin.
2. Je dois la communication de l’acte de baptême du P. Raphaël à l’obligeance de M. l’abbé G. Esnault.
lions de ceux qui ont visité Ispahan, où se trouvait le couvent des Capucins français protégés par le roi et dont le P. Raphaël a été le supérieur pendant plus de quarante ans. Ce religieux jouit, jusqu’à la fin de sa vie, de l’estime et de l’appui de la cour de France, ainsi que de la considération des souverains de la Perse, depuis Châh Abbas II jusqu’à Sultan Hussein.
Le nom du P . Raphaël du Mans est prononcé pour la première fois parTavernier; il nous apprend que le 20 février 1641-, il s’apprêtait à quitter Alep avec la caravane se rendant à Ragdad, lorsque les capucins, établis dans cette première ville, le prièrent de différer son départ pour attendre deux religieux de leur ordre qui devaient arriver du Caire et se rendre en Perse.
Tavernier y consentit et, le 4 mars 1644, il se mit en route en la compagnie des deux Pères capucins. « L’un, dit-il, vit encore à Ispahan et s’appelle le P. Raphaël duquel j’auray occasion de parler souvent, l’autre s’appeloit le P. Yves et est mort aux Indes à Surate où je luy fis faire un tombeau avec une épitaphe. » A son sixième et dernier voyage en 1 664, Tavernier ne crut pouvoir mieux faire, pour assurer la sûreté des joyaux apportés par lui d’Europe, que de les déposer au couvent des capucins et de les confier à la garde du P. Raphaël. « Le P. Raphaël, écrit-il, est supérieur de ce couvent de la mission des capucins dans le royaume de Perse... Il entend parfaitement les mathématiques et il y a plusieurs seigneurs de la cour qui ont des instrumens faits de sa main. Comme il y a plus de vingt ans qu’il est en Perse, il parle tout à fait bien la langue du pays et c’est par ce moyen qu’il a acquis beaucoup de crédit à la cour, qu’il est très-bien connu du roy qui le fait venir d’ordinaire pour être son interprète dans les affaires qu’il a avec les François.»
Tavernier nous a raconté, avec les plus amples détails, tous les incidents qui se produisirent pendant les entrevues que le Chah lui accordait pour fixer le prix des joyaux dont il désirait faire l’acquisition. Le P. Raphaël était appelé chaque fois par Chah Sefy pour lui servir d’interprète et la conduite de ce religieux contraste, par sa retenue et sa modestie, avec celle de Tavernier entonnant des couplets bachiques et se laissant embrasser, après boire, sur le désir du Châh, par des danseuses publiques, ou avec celle de Daulier-Deslandes chantant et jouant de l’épinette, ou bien avec celle d’un orfèvre, appelé Sain, se livrant à mille bouffonneries pour divertir un souverain blasé sur tous les plaisirs.
Thévenot ne consacre que trois lignes au P. Raphaël. 11 nous apprend qu’il arrivaàispahanle l^octobre 1664, et alla loger au couvent des capucins. «Le R. P. Raphaël, dit-il, qui est un religieux dont la vertu et la capacité sont hors du commun, en étoit gardien. Ilavoit avec lui deux religieux, à savoir le R. P. Valentin d’Angers et le R. P. Jean-Baptiste de Loches. »
Il est pour moi hors de doute que Thévenot a profité des renseignements que lui a donnés le P. Raphaël, dont il était l’hôte, pour rédiger sa description d’ispahan et les chapitres consacrés par lui aux croyances, aux mœurs et aux coutumes des Persans.
J’ai parlé précédemment du rôle joué par le P. Raphaël dans les négociations qui eurent lieu, en 1665, pour obtenir l’établissement à Ispahan, à Chiraz et à Bender-Abbassy d’agences de la Compagnie des Indes orientales. Les conseils de conciliation qu’il essaya de faire prévaloir auprès des délégués n’eurent pas le succès qu’il devait espérer. Les prétentions devinrent telles qu’il fut obligé de renoncer à toute tentative d’intervention auprès des autorités persanes. Il rappelle
avec regret toutes ces dissensions dans la lettre qu’il écrivit à Colbert, sous la date du 20 août 1670.
Lorsque François Pétis de la Croix se rendit à Ispahan, les ordres de la cour lui enjoignaient de s’adresser au P, Raphaël. Pétis de la Croix arriva à Ispahan malade, en proie à une lièvre qui le retint pendant quarante jours au lit. «J’en fus guéri, nous dit-il dans son journal, par les soins du P. Raphaël, supérieur des capucins, homme illustre pour sa piété, sa prudence et sa grande capacité, autant estimé à la cour de France qu’à celle de Perse *. »
Le P. Raphaël enseigna à François Pétis de la Croix les éléments de la langue persane; il lui fit faire la connaissance de quelques seigneurs de la cour et entre autres celle de Mir Mourteza, gendre de Chah Abhas, de Mirza Riza, parent de Chah Suleyman, et de Mirza Tahir, adjoint au grand maître del’hôtel .
Chardin parle également en termes respectueux du P. Raphaël qui lui fournit des mémoires sur l’établissement des Jésuites en Perse et, au moment de la mort de Châh Abhas, lorsque les Européens établis à Ispahan conçurent les craintes les plus vives pour leur sécurité, ce fut le P. Raphaël qui fit savoir au sieur Hubert de Lairesse, agent de la Compagnie hollandaise, que la tranquillité publique était complète, qu’elle ne serait pas troublée et que les Francs pouvaient, sans appréhensions, vaquer à leurs affaires h J’ai donné plus haut une analyse très sommaire de l’ouvrage publié par Redik eu 1678. Il est incontestable, pour moi, que le plus grand nombre des documents qui lui ont permis de rédiger son livre, lui ont été fournis par le P. Raphaël. Redros Redik parle en termes élogieux de ses connaissances en mathéma-