Chehvet, désir ardent, concupiscence, .‘ij g
pais avec les pestiférés ; tel qui, d’une bonne naissance, d’une humeur plus sociable, voudroil nouer amitié plus particulière avec eux, est arresté par le respect humain; autrement, le voilà noté et on le fera passer pour un na moukayed'^ (peu attaché à sa loy).
L’esprit malin, encor de son costé, leur donne cette horreur des autres religions et de leurs supposts, afin de les tenir captifs et aveugles dans celle-ci^ à raison de laquelle ils maudissent tout le monde ; car dans leurs prières, ils ont des rooles et listes de lanet ber flan^ (malédiction sur un tel). Voyant passer un estranger, comme retenus un peu par le bras séculier, vous verrez ces enivrés de leur sainteté marmoter quelques paroles de nefrin ^ (exécration). Pourcesubject^ils cracheront à leurs pieds; d’autres plus impudents, parleront plus ouvertement et ainsi une pliilaftie toute particulière estant la principale motrice de leurs actions, les faict se croire seuls favoris du ciel et haïr en son nom le reste des hommes comme corbon * ou victimes destinées pour l’enfer.
Leur croiance passe bien encor plus outre, car, quant au temporel, ils disent que comme mouselmans (vrais croyans), tous les biens du monde leur appartiennent, et que partout où ils les trouveront, en bonne conscience, ils les peuvent prendre comme leur propre, et ils le feroient si la police du prince, qui est un usurpateur de la domination, qui appartient seulement à un Imom, ne les en empeschoit. Us apportent ce raisonnement: allant à la campagne, vous trouvez un oiseau, un cerf, une gazelle, etc. ; vous le tuez et luy ostezla vie qu’il possédoit pour vous en servir à vostre repas, et ce légitimement, car il n’a point de maistre, et appartient à celuy qui le premier luy peust mettre la main sur le collet. De même les Kafers^ infidelles,