Temacha, spectacle
maisons ont, qui la teste, qui le pied, qui le corps qui leur appartient jusques au neiikté ‘ (cordeau qui luy servoit de licol). Chaque canton qui y a droit prend sa part, et tous les bastonniers suivent. Reste la dispute pour lapréséance : pour la teste, aucun ne dispute cette pièce, et le peuple qui l’emporte précède ; pour les deux pieds de devant, chaque an, il y a de la dispute entre deux cantons, car l’un dit que le pied droict du chameau doibt marcher devant, l’autre dit que cela appartient au pied senestre, et sur ces contrastes^ d’ordinaire, ils se battent à bons coups de baston, et il y a tousiours quelque teste folle qui paie pour tout. Ainsi, chaque canton rapporte l’un de ces membres du lorhon en son quartier; suit toute cette populace, qui s’en va porter ceste avoirie chez son maistre, lequel reçoit le teberrouk, et faict un festin de riz et de bouilly à tout le monde, que vous diriez des chiens faisant la curée sur la nappe du cerf. Pour la teste de cette année, elle est salée, et celle de l’an passé est cuisinée pour le festin, et bien heureux qui en peust avoir ou manger un morceau.
Chaque maison faict son sacrifice, korhon, en son particulier d’un mouton et en donnera aux pauvres gens ses voisins. En ce temps, les chiens des rues se sentent du festin aussi, car vous ne voyez que tripailles, roudeh^j de ces brebis jettées ça et là le long des chemins, qui augmentent la puanteur ordinaire.
Autrefois, l’on faisoit aussi des sacrifices de coqs,/^■o^^ro^A<^% en chaque maison pour espargner la bourse, et la vie de tant de pauvres brebis. Enfin cet hypocrite du quel nous avons parlé, à qui le saheb el zeinon donna un manuscrit, prescha tant et contesta tant que ce sacrifice de coqs n’est pas légitime, qu’enfin lacoustume en est abolie.