‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 84 sur 276 · chapitre du Qoran, il renlérme cent vingt-huit versets · texte numérisé non relu

chapitre du Qoran, il renlérme cent vingt-huit versets

dans leurs maisons ceux qui, pour la fuir, l’abandonnoient dans le combal. Tout ce qu’il leur presche n’est que l’unité d’un Dieu, d’abandonner les idoles et de croire en tout le prophète et le suivre à clos yeux là où il les conduira.

Eu outre, ils ont les hadits \ qui sont les discours familiers du prophète : aucuns sont de luy, aucuns des anciens autheurs, comme les sages de la Grèce, que, par la suite des temps, ses sectateurs luy ont attribués. D’où il arrive que encor à présent, ces gens cy sont contraints d’avouer que aucuns hadits sont mouateher (sur lesquels l’on peust faire fond et s’appuyer), d’autres non, comme quand il dit que le soleil est un grand canal ou tuyau qui a un trou par lequel il regarde et esclaire le monde, et lorsque Dieu, par quelque raison occulte, veut priver l’univers de cette lumière vivifiante pour quelque temps, les anges tournent ce canal, en sorte que ce trou ne se trouvant plus vis à vis de la terre, elle ne peust plus estre esclairée du soleil, et ainsi se fait l’éclipse. Cette théorie estant ridicule à raison du sens commun et de l’expérience, aucuns veulent philosopher là dessus et, sous cette ineptie énigmatique, y trouver des sens mystérieux.

Outre ces deux libvres qui procèdent immédiatement de la source, ils ont encor quantité d’autres légistes : le plus usité est Gemea abbassi' (la somme de Chabbas), là où familièrement il explique la méthode des purifications et des observations

1. tladis, Ehadis, traditions. On donne ce nom à toutes les paroles,

à tontes les lois orales, à tous les conseils de Mohammed, à tout ce qui été recueilli par ses contemporains sur ses actions, ses œuvres, ses pratiques et les habitudes de sa vie. Les traditions d’une notoriété universelle sont appelé Ehadis mouteberèh (traditions respectées) « jww AajjU.1, parce qu’elles ne sont l’objet d’aucun do -te ni d’aucune discussion.

2. Le Djami’ Ahbassy, ou Somme d’Abbas a été composé par Beha

Eddin Amily, fils de Mir Seyyd Hussein. Il était originaire de la Syrie et suivit son père en Perse : il devint Cheikh oui islam et Moudjtehid d’Ispahan. Beha Eddin Amily né en 953 de l’hégire, (1546) mourut en 1030, (1620). Son ouvrage est dédié ù Chah Abbas.

légales, aucunes des quelles nous avons mis icy. Quant à ce qui louche celles des femmes qui sont bi namaz ' (hors d’eslat de faire la prière) comme estant dans leurs heize (flueurs et immondicités), il explique comment il faut qu’elles mettent telle et telle quantité de coton et voir jusques où le sang de telle ou telle couleur a pénétré ; laissons toute cette vilainie ridicule.

Le prophète avoil encor assez bien pourveu à luy et à sa postérité, laquelle est toute qualifiée du nom de il/w-® (prince). Quand la fille d’un dl/?> ou descendant de Mohammed est mariée hors de cette généalogie, alors ces enfans sont appelés chéri nobles ; le mesme nom est encor donné aux enfants qui sont procréés dans le chemin du voïage de la Mekke en la Turquie. Leur couleur propre pour estre distingués est la verte au turban, ce que aucun autre n’oseroit porter. Icy, ils se moquent de cette observation ; donc tous les mii's , cherifs , passent soubs le nom ào.Seadat'' (seigneurs), gentilshommes d’icy. Nos Arméniens voyant que le nom estoit en estime icy, avoient jetté une atme® (renommée), qu’ils esloient les seadat des Francs qui les recognoissoienl pour tels et que vers Erivan, là où est le siège de leur patriarche, les Francs recognoissoienl ce lieu pour leur Kiabé^ (Mekke). Pour le premier, se faisant uiifestin chez lechef des Arméniens en Julpha, eux pour s’extoller disoient telles sottises devant des Mores de condition qui estoient là, entre autres le nepveu à' Athemadulef, lequel s’appelloit Mirza Gafer, iceluy, qui avoit quelque cognoissance avec les Francs et ne pouvoit supporter telle ineptie, leur fit répéter qu’ils étoient les

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