‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 91 sur 276 · Alemi erwah · texte numérisé non relu

Alemi erwah

peuvenlpas manquer, ce disent-ils, en s’eslant presque tirés hors des limites de l’estre corporel et grossier. Néantmoins, après cela vous ne voyez rien d’advancé par ces abstinences, sinon qu’il faut continuer à ne se point rebuter, comme nos chimistes qui se donnent tousiours la faute s’ils ne sont pas arrivés au complément du grand œuvre, et non pas à leurs directeurs, drogues et secrets, auxquels ils croyent comme articles de foy. Ces gens icy persévéreront à faire des (commémorations) ; ils auront un pir ‘ (ancien), vieil fol plus trompé que les autres qui les entretient en ces resveries. Assemblés ensemble, le 'pir commencera à chanter A //a, Dieu, Dieu, les autres répéteront de mesme. Iceluy commencera à dire un attribut de Dieu comme adel^ (juste), les autres le répètent en chantant sur un mesme ton, jusques à ce que le qui tient le timon de la barque, en recommence un autre, comme razzek^ (nouricier), et ainsi ils passeront une parlie de la nuict à crier comme les prophètes de Baal, et après tout cela, il ne leur reste qu’un estourdissement de teste que d’ordinaire ils se la mettent m cimbalis. Toute leur intention n’est autre sinon de se rendre recommandables pour deviner le futur, passer pour saincts, aoiilia^ et par ce moïen acquérir de l’honneur et l’approbation du peuple. Voilà où généralement tendent tous les martyrs du diable qui se sacrifient icy, soit fokkaha^ soit euléma et sophy^ qui s’ils pouvoient arriver à faire ou contrefaire quelque miracle, ô Dieu ! quel port pharisaïque, quelle démarche, quels entretiens de Yakeret'" avec leurs auditeurs !

Dans la maison du Roy est une compagnie de Sophy qui portent la tage (ancien bonnet des Persiens) : ceux cy pour la

1. Pir, vieillard, patron, supérieur d’une communauté religieuse.

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