‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 94 sur 276 · Ghiriv · texte numérisé non relu

Ghiriv

s’esleve si estrange que les voisins n’ont que faire de s’inquiester de Testât du malade. Vous verrez ces mégères se décheveler, rompre leurs habits^ se battre la poitrine, crier et hurler, comme pour haster le patient de partir plus tost. A voir tout ce tintamarre, vous jugeriez que le regret et Tamour du défunct causent cet excès de lamentations espouvantables : rien moins de cela, car, le corps présent, vous les voyez se rasséréner le visage tout d’un coup, aussi prestes à rire comme elles avoient esté prestes à plorer et crier. L’on envoyé chez le kazi Tadvertir qn’un tel est mort : le portier d’iceluy, qui a ce petit profit pour ses gages, escript un petit billet de papier permettant au mourdé choiir^ (laveur de morts), de luy rendre ce dernier service, y pose son bul et reçoit pour cela un ou deux casbequis.

Si c’est un homme, un homme les lave, si c’est une femme, la femme faict cet office. Le mourdé chour pour son droict emporte le coissin, bonnet et autres nippes dans lesquellesle deffunct est mort. Vient le (cercueil). Ils ensevelissentde corps de

kerbaze ^ (toile), puis le mettent dans le cercueil. Viendra un moiilna comme une frezaye qui sent de la proye, qui commencera dès la porte à chanter et crier, A//a, Alla, Dieu, Dieu: viendront certains gueux ou aides à ce moulna, qui portent de longues gaules au bout desquelles sont de longues lames d’espées si foibles et tenues qu’elles n’ont pas la force de se soutenir. Là les pauvres s’assemblent encor pour quelque chose qu’ils espèrent que Ton leur donnera. Si cet homme est plus que du commun, comme homme d’espée, Ton tiendra plusieurs chevaux sellés : sur Tun Ton mettra son arc, sur l’autre ses llesches, son espée sur celui cy, son bouclier sur celuy là, sur un autre sa cotte de maille, et ainsi les autres enseignes

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