Kerbas, ^\, J
de sa condition. Les amis s’assemblent, tout le convoy funèbre part. Des portefaix, à sçavoir quatre, chargent le taboiit sur leurs espaules deux à deux à chaque baston du cercueil, sur le quel l’on jettera un petit tapis dessus; ensuite sa bien
pliée dessus. Le w^o^/^^aou deux ou quatre, selon que l’on les paie, précèdent en criante! en chantant A//a, répétant tousiours le mesme, et afin que le bruit se porte plus loing, il mettra ses deux poulces dans ses deux oreilles, et de ses deux mains il fera comme les orbières de ces juments de Gueret, ouvrira la gueule comme endemoniaqué et criera comme un enragé AUa et les autres luy aident tous. Les lanciers suivent; puis vient la foule des amis, le corps est entre tous, sans ordre ou halle ; les chevaux suivent, ensuite on voit quelques portefaix, hammal^, qui portent sur leurs testes du halva^ (douceurs), du pain, viande ou riz. En passant le long des rues, aucuns disent Kroda ech bi amourzed^ (que Dieu luy pardonne); aucuns mus de compassion naturelle, quitteront leur chemin pour accompagner quelque temps le corps et se mettront à porter le tombeau quelque temps. Arrivés aux sépultures, la fosse faicte, ils mettent le corps en terre du costé du kablé^ en sorte que le corps soit sur le costé et non pas sur les reins ; puis dans le fond de la fosse est creusé un petit lieu pour mettre la teste, en sorte que la terre qui doibt remplir la fosse ne luy tombe pas dessus, ou à faute de cela ils mettront deux ou trois quarreaux cuicts, de sorte que cela fasse une voûte sur sa teste, puis remplissent la fosse. Icy, il n’y a point de luminaire : le moulna avec son libvre pourra lire quelque chose ; cela faict, toute cette vénérable compagnie de moulna^ portegaule et autres, se mettront à manger ce que l’on a apporté
1, Sesse est le mot hindoustani qui désigne l’étofTe légère tissée avec des fils d’or, qui formait la coiffure des gens de la cour à l’époque des Séfévis.
2, Hammal,