‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 96 sur 276 · Kliouda ech biamourzed · texte numérisé non relu

Kliouda ech biamourzed

et ensuite à se partager le reste pour leurs pauvres familles.

Si c’estoit une femme, ils ont comme un fictif ciel de lit avec quatre basions pour cacher le cercueil ou le corps.

La croyance de ces gens cy est que lorsque le corps est là, vient l’ange de transport nakole \ à qui il appartient de voir si le corps mérite d’estre en ce lieu là ou non, car autrement il l’oste et le transporte en un autre endroit conforme à son mérite, comme par exemple, si dans les Kabreston - (cimetières des Mousolmans), on portoit un Kafei\ cet ange ne le laisseroit pas là, mais l’emporteroit au lieu des siens.

Ce corps enterré, viennent deux anges, sçavoir Neqidr et Menker'^ ^ qui le fontlever jusques àla ceinture et luy demandent quel est son câblé, quel a esté son prophète et en qui il a espéré; s’il respond et faict paroistre qu’il a esté bon moumen Kroda /m‘(bon croyant craignant Dieu), ils le laissent reposer tout doucement; s’il se trouve de Xaubour^" en ses flustes, ces deux anges luy baillent tant de coups de baston que les uns et les autres s’en ennuyent. Voilà une estrange croyance! Dites leur: « Vous avez gardé des corps longtemps sans les enterrer, comme ceux que l’on veut transporter au loing: avez-vous jamais vu venir ces lutins tourmenter ces cadavres inanimés? » Ils diront que cela s’est faict, mais que leurs yeux ne pouvoient pas voir cela, non plus que le passage d’un ange.

Sur leurs fosses ils font mettre et maçonner des briques cuites en façon de tombeau. D’autres mettent une tombe dessus, de l’espoisseur de un ou deux pieds et gravent dessus le nom du

Page 1