‹ Estat de la Perse en 1660Chapitre 97 sur 276 · Oubour, fissures · texte numérisé non relu

Oubour, fissures

deffunct et le temps de son décès. Sur la fosse de quelque 'pehelvon ‘ (lutteur, homme fort outre mesure), l’on met un gros lion de pierre, l’espée au costé de mesme matière, la gueule ouverte, dans laquelle est la teste d’un homme, car ils luy font ouvrir la gueule si grande que dans l’estoffe qui reste entre ses dents, l’on peust graver la figure d’un visage.

Icy de ces pehelvons il s’en faict académie; leur escole s’appelle 20^^r kroné’^ (la maison de la force). Là, sont de gros poids de bois remplis de plomb et qui ont un manche : avec les deux mains ils prennent deux de ces pièces, une en chaque main, puis ils lèvent et haussent ces poids, en jouent, et ce pour se desnouer les membres. Ils auront des arcs rudes à bander pour s’accoustumer à se roidir les nerfs du bras, et aussi d’autres instruments pour accoustumer et exercer leurs bras. Pour la lutte, ils se mettent nuds, prennent un haut de chausse de gros cuir encor tout huilé et graissé; ils se colletent et taschent de se renverser. Pour avoir gaigné, il faut faire toucher les deux espaules de sa partie à terre ; là est la fin et la victoire. Cecy est pour les gens du commun, un lionneste homme ne se fourrant point là. Il est bien vray que aucunes des personnes d’un estât plus haut, pour faire voir leur force, s’exerceront à jetterle gerid^^ qui est une barre de fer ronde, longue et pesante, et ce sera à qui la jettera plusloing en la lançant comme le dard ou javelot. Avec leurs semblables, ils se prendront main à main, doigts entre doigts, et c’est celuy qui peust faire ployer le carpe de l’autre qui l’emporte. D’autres feront amener de vieils asnes pour leur couper le col d’un seul coup, en sorte que les parties tombent séparées à terre. D’autres, d’un coup d’espée, frapperont le dos de cet asne là, ou ils le coupent et fendent à

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