‹ Esther (volume 2)Chapitre 15 sur 68 · TOUTES DEUX · texte numérisé non relu

TOUTES DEUX

Courons, mes sœurs, obéissons.

La reine nous appelle :

Allons, rangeons-nous auprès d'elle.

tout le chœur entrant sur la scène par plusieurs endroits différents.

La reine nous appelle :

Allons, rangeons-nous auprès d'elle.

ÉLISE

Ciel ! quel nombreux essaim d'innocentes beautés S'offre à mes yeux en foule, et sort de tous côtés! Quelle aimable pudeur sur leur visage est peinte! Prospérez, cher espoir d'une nation sainte. Puissent, jusques au ciel vos soupirs innocents Monter comme l'odeur d'un agréable encens ■ ! Que Dieu jette sur vous des regards pacifiques!

Mes filles, chantez-nous quelqu'un de ces cantiques Où vos voix si souvent se mêlant à mes pleurs De la triste Sion célèbrent les malheurs *. oxe Israélite, chante seule.

Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire8?

Tout l'univers admirait ta splendeur :

Tu n'es plus que poussière ; et de cette grandeur Il ne nous reste plus que la triste mémoire. Sion, jusques au ciel élevée autrefois,

Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, Puissé-je demeurer sans voix,

seul qui ait repris avec succès ce personnage dans Esther et Athalie, deux pièces qui n'étaient pas destinées au théâtre.

1. • Ascendit furaus incensorum de orationibus sanctorum, de manu Angeli, coram Deo. • {ApocaL, ch. vm, v. 4.)

2. Ces paroles sont celles qu'adressaient aux Juifs les vainqueurs qui les avaient conduits en captivité à Babylone : « Et qui abduxerunt nos : Hymnum cantate nobis de canticis Sion." » (Ps. cxxxvr, v. 3.)

3. « Rien n'égale la sublimité, le sentiment et la grâce touchante répandus dans les chœurs de Racine. Notre littérature n'a point de plus belles odes : c'est le langage dos prophètes; c'est la poésie des écrivains sacrés daus tout son éclat. • (Geoffroy.) — 11 est à remarquer que la poésie lyrique, peu cultivée au xvn« siècle, n'a guère à présenter, dans la seconde moitié de ce siècle, d'autres essais que ceux de Racine.

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