‹ Esther (volume 2)Chapitre 30 sur 68 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Lire en un songe obscur les volontés des cieux l... Mais quel trouble vous-même aujourd'hui vous agite? Votre âme en m'écoutant parait tout interdite8 : L'heureux Aman a-t-il quelques secrets ennuis ?

AMAN

Peux-tu me le demander dans la place où je suis?

Haï, craint, envié, souvent plus misérable

Que tous les malheureux que mon pouvoir accable î

HYDASPE

Hé I qui jamais du ciel eut des regards plus doux ? Vous voyez l'univers prosterné devant vous.

AMAN

L'univers! Tous les jours un homme..., un vil esclave, D'un front audacieux me dédaigne et me brave.

HYDASPE

Quel est cet ennemi de l'Etat et du roi 5 î

AMAN

Le nom de Mardochée est-il connu de toi?

HYDASPE

Qui? ce chef d'une race abominable, impie?

AMAN

Oui, lui-même.

HYDASPE

Hé, seigneur! d'une si belle vie Un si faible ennemi peut-il troubler la paix?

AMAN

L'insolent devant moi ne se courba jamais4.

En vain de la faveur du plus grand des monarques

1. Les rêves, par la manière bizarre dont ils se lient aux acte9 de la vie réelle, la conformité qui les rattache souvent avec les événements futurs, ont été chez 'tous les peuples l'objet de croyances superstitieuses. Socrate entreprit une foule d'actions d'après des avertissements qu'il tirait de ses rêves. Xénophon, son élève, admettait, avec la plupart des philosophes de son temps, que l'âme, pendant le sommeil, est plus dégagée de9 liens du corps, et conséquemment dans une relation plus immédiate avec la Divinité. {Cyropzd., vin, 7, 21.)

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