‹ Esther (volume 2)Chapitre 32 sur 68 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

Crois-tu que quelque voix ose parler pour lui? .ur quel roseau fragile a-t-il mis sou appui'?-

HYDASPE

Seigneur, vous le savez, son avis salutaire Découvrit de Tharès le complot sanguinaire. Le roi promit alors de le recompenser : Le roi, depuis ce temps, paraît n'y plus penser.

AMAN

Non il faut à tes yeux dépouiller l'artifice. J'ai 'su de mon destin corriger l'injustice : Dans les mains des Persans jeune enfant apporte, Je gouverne l'empire où je fus acheté ; Mes richesses des rois égalent l'opulence; Environné d'enfants, soutiens de ma puissance 5 ne manque à mon front que le bandea. i royal. Cependant (des mortels aveuglement tatal!) De cet ama d'honneurs la douceur passagère Sait sur mon cœur à peine une atteinte egere; Mais Mardochée, assis aux portes du palais ; Dans ce cœur malheureux enfonce mille traits, Et toute ma grandeur me devient insipide, Tandis que le soleil éclaire ce perfide .

HYDASPE

Vous serez de sa vue affranchi dans dix jours : La nation entière est promise aux vautours .

AMAN

Ah' que ce temps est long à mon impatience î

, 'comme l'arrogance hautaine d'Aman se fait bien voir dans ce dermer ves^coX^^

S. Voilà de ce. traita^ Kie de pensée et de langage qu J°e '^ „uéril d'expressions qui se heur- 5'e.t pas la une antithèse nota le j on je ,u puerU M daQ9 toute 9a force. tent, c'est un contraste puis sant jm^xpr me la P Quumque vid.sset

3. . Egressus est itaque \»° ^L™^ cl non solum non assurrexisse

-î ;iî;i^«;w » -g»-. ^-«2 suffis

., Si ii.--.« t.îl' ;(J»Wt. *«. (HOM../I-. A. 4.,

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C'est lui, je te veux bien confier ma vengeance, C'est lui qui, devant moi refusant de plover ', Les a livrés au bras qui les va foudroyer." C'était trop peu pour moi d'une telle victime' : La vengeance trop faible attire un second crime. Un homme tel qu'Aman, lorsqu'on l'ose irriter, Dans sa juste fureur ne peut trop éclater. Il faut des châtiments dont l'univers frémisse; Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplier;. Que les peuples entiers dans le sang soient noyés. Je veux qu'on dise un jour aux siècles effrayés : « Il fut des Juifs, il fut une insolente race ; » Répandus sur la terre, ils en couvraient la face ; » Un seul osa d'Aman attirer le courroux, » Aussitôt de la terre ils disparurent tous 8. »

HYDASPE

Ce n'est donc pas, seigneur, le sang amalécite Dont la voix à les perdre en secret vous excite?

AMAN

Je sais que, descendu de ce sang malheureux,

Une éternelle haine a dû m 'armer contre eux :

Qu'ils firent d'Amalec un indigne carnage;

Que, jusqu'aux vils troupeaux, tout éprouva leur rage,

Qu'un déplorable reste à peine fut sauvé * ;

1 Dans le style noble et surtout en vers, on dit ployer, et non plier. Et CW.11 - q commandel» (Bossuet.) — (L. Racine.)-

Sous qui le grand Pompée a lui-même ployé. Gela n'est pas absolu, la Fontaine a dit :

...Le roseau plie...

*»îliprJft0P-r0 D,hii° dUXit iD UDum Mard°chaeum mittere manus suas: aud.erat enim quod esset gentis Juds* ; magisque voluit omnem Juda>orum, qui erant m regno Assueri, perdere nationem.» Esther, cb. m v 6 ) ™„',. n,i qa-aîîdllra °btenu d'Assuérus la condamnation de tous les Juifs pour un seul qui 1 a offense, s'écrie, dans le mystère que nous avons déjà cité :

Je vons anrav, très-fière gent,

Je vous auray, d'esprit commun.

Je vous auray! pour l'amour (à cause) d'ung,

\ous en serez trestous putois.

Tant qu'en sçauray en tous pavs

Où j'ai pouvoir et "do min an ce. " Nous voyons dans Virgile que Pallas avait pu

• • Esurere classem

Areiviun, atque ipsos... submergere ponto Unius ob noxam et furias Ajacis Oilei. (JEn., Ub. I, T. 39.) *' J ^|m/an était Un de9 descendants du roi Aga?, qui' fut pris et sauvé

par Saul (fieg., I, xv ), ce qui fut cause de la réprobation de s'ùl e?

cest apparemment par cette raison que Mardochée, qu? descendait de Saûl,

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