‹ Esther (volume 2)Chapitre 55 sur 68 · ACTE 111, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE III

Sème de fleurs son chemin ; Mais sur ses pas vient enfin Le repentir inutile.

UNE ISRAÉLITE, Seule.

D'un souffle l'aquilon écarte les nuages ',

Et chasse au loin la foudre et les orages. Un roi sage, ennemi du langage menteur, Écarte d'un regard le perfide imposteur.

UNE AUTRE

J'admire un roi victorieux, Que sa valeur conduit triomphant en tous lieux j Mais un roi sage et qui hait l'injustice, Qui sous la loi du riche impérieux Ne souffre point que le pauvre gémisse, Est le plus beau présent des cieux.

UNE AUTRE

La veuve en sa défense espère.

UNE AUTRE

De l'orphelin il est le père.

toutes ensemble.

Et les larmes du juste implorant son appui Sont précieuses devant lui 2.

UNE ISRAÉLITE, Seule.

Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger.

Il est temps que tu t'éveilles :

Dans le sang innocent ta main va se plonger

Pendant que tu sommeilles.

Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger.

UNE AUTRE

Ainsi puisse sous toi trembler la terre entière* !

1. L'inversion donne à ce vers quelque chose de rap;^e qui convient bien à la poésie lyrique, et rend la pensée d'une manière pittoresque. Ce sont là les secrets de la poésie.

i. J.-B. Rousseau termine ainsi la septième strophe de l'ode v du premier livre des Odes :

Mais l'humble ressent son appiù, Et les larmes de l'innoceoce SoDt précieuses devant lui.

3. Ce mot ainsi, placé au commencement du vers, rappelle par le mourement ces souhaits des poètes latins :

Sic tua Cyrnœas fueiant examina taxos. (Virgile, Egl., ix.)

Sic te diva potens Cypri, Sic fratres Uelenap, lucida sidéra. (Horace, Odes, I, m, 1.)

Ainsi puisse à jamais contre tes ennemÎ3

Le bruit de ta valeur te servir de barrière?

S'ils t'attaquent, qu'ils soient en un moment soumis ; Que de ton bras la force les renverse : Que de ton nom la terreur les disperse;

Que tout leur camp nombreux soit devant tes soldats Comme d'enfants une troupe inutile ;

Et si par un chemin il entre en tes Etats Qu'il en sorte par plus de mille.

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