‹ Esther (volume 2)Chapitre 56 sur 68 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ASSUÉRUS, ESTHER, AMAN. ÉLISE. Le Chœur.

Oui, vos moindres discours ont des grâces secrètes ■ Une noble pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or. Quel climat renfermait un si rare trésor ? Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance. Et quelle main si sage éleva votre enfance? Mais dites promptement ce que vous demandez . Tous vos désirs, Esther, vous seront accordés1, Dussiez-vous, je l'ai dit, et veuxbitn le redire, Demander la moitié de ce puissant empire.

Je ne m'égare point dans ces vastes désirs. Mais puisqu'il faut enfin expliquer mes soupirs, Puisque mon roi lui-même à parler me convie,

(Elle se jette aux pieds durai.) J'ose vous implorer, et pour ma propre vie 2,

1. t On ne dit pas accorder des désirs, on dit les remplir. Mais ici, tous vos désirs est l'équivalent de tout ce que vous désirez. » (La Harpe.) — • Désirs pour demandes est une hardiesse permise aux poètes. Racine emploie le désir pour la chose désirée. » ^Geoffroy.) — t Quid petis ut dette* tibi ? et pro qua re postulas? Etiamsi dimidiam partem regni mei petieris, impetrabis. • Esther, eh. v. v. 6.)

1. t Ad quem illa respondit : Si inveni gratiam in oculis tuis, o rex, et si tibi placet, dona milii animam meam pro qua rogo, et popuKim meum pro quo obsecro. Tradiii enim sumus e^o et populus meus, ut conteramur, jugulemur, pereamus. Atque utinam in servos et famulas venderemur' Esset tolerabile malum et gemens t.icerem; nunc antem hostis nosier est, cujus crudelrtas redundat in regem. » (Ksther. ch. vu, v 3, 4.)

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