ACTE III, SCÈNE IV
Et pour les tristes jours d'un peuple infortuné Qu'à périr avec moi vous avez condamné ! .
assuérus, la relevant.
A périr? Vous ! Quel peuple? et quel est ce mystère *?
aman, tout bas.
Je tremble.
Esther, seigneur, eut un Juif pour son père3 ; De vos ordres sanglants vous savez la rigueur.
aman, à part.
Ah dieux !
ASSUÉRUS
Ahl de quel coup me percez-vous le cœur! Vous la fille d'un Juif! Eh quoi! tout ce que j'aime, Cette Esther, l'innocence et la sagesse même, Que je croyais du ciel les plus chères amours, Dans cette source impure aurait puisé ses jours* ! Malheureux !
Vous pourrez rejeter ma prière :
Mais je demande au moins que, pour grâce dernière, . Jusqu'à la fin, seigneur, vous m'entendiez parler, Et que surtout Aman n'ose point me troubler.
I. Voici comment, dans la pièce de du Kyer, Esther fait connaître au roi qu'elle est Juive :
Je ne demande pas qu'on perde ce coupable, Mais qu'un peuple innocent vous trouve favorable. Si l'on détruit les Juifs, on me perd avec eux, Et vous me haïssez s'ils vous sont odieux. Il ne faut pius cacher Esther à votre vue,
Il faut rompre le voile, et qu'elle soit connue... (Act V, se. dernière.) î. « Respondens rex Assuérus, ait : Quis est iste, cujus potentiae, ut jiaec audeat facere. • [Esther, ch. vu, v. 5.)