‹ Esther (volume 2)Chapitre 60 sur 68 · Cambyse · texte numérisé non relu

Cambyse

4. Dieu rejettera sa race, le retranchera lui-même. Expressions empruntées à la Bible, et qui sont ici admirablement placées.

5. Dans le fond de la Thrace, etc. La tradition est que les restes des Amaiécites, chassés par Saùl et David, se réfugièrent dans la Thrace et la Mœsie. — Racine fait dire a Zarès :

Regagnez l'Hellespont et ces bords écartés Où vos aïeux errants jadis furent jetés, Lorsque des Juifs contre eux la vengeance allumé* Chassa tout Amalec de la triste Iduinée.

AMAN

De votre gloire! moi? Ciel! le pourriez-vous croire? Moi qui n'ai d'autre objet ni d'autre dieu...

ASSUÉRUS

Tais-toi.

Oses-tu donc parler sans l'ordre de ton roi?

Notre ennemi cruel devant vous se déclare1 :

C'est lui, c'est ce ministre infidèle et barbare

Qui, d'un zèle trompeur à vos yeux revêtu,

Contre notre innocence arma votre vertu.

Et quel autre, grand dieu! qu'un Scythe impitoyablb

Aurait de tant d'horreurs dicté l'ordre effroyable!

Partout l'affreux signal en même temps donné

De meurtres remplira l'univers étonné:

On verra, sous le nom du plus juste des princes,

Un perfide étranger désoler vos provinces,

Et dans ce palais même, en proie à son courroux,

Le sang de vos sujets regorger jusqu'à vous.

Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée? Quelle guerre intestine avons-nous allumée? Les a-t-on vus marcher parmi vos ennemis? Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis? Adorant dans leurs fers le Dieu qui les châtie, Pendant que votre main sur eux appesantie A leurs persécuteurs les livrait sans secours, Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours, De rompre des méchants les trames criminelles, De mettre votre trône à l'ombre de ses «les. N'en doutez point, seigneur, il fut votre soutien. Lui seul mit à vos pieds le Parthe et l'Indien, Dissipa devant vous les innombrables Scythes, Et renferma les mers dans vos vastes limites ; Lui seul aux yeux d'un Juif découvrit le dessein De deux traîtres tout prêts à vous percer le sein. Hélas ! ce Juif jadis m'adopta pour sa fille*.

1. t Dixitque Esther : Hostis et inimicus noster pessimus iste est Aman. »

r, ch. vu. v. 6.) i. Tout ce qu'Esther dit ici en faveur des Juifs, Corneille le fait dire * Sévère dans Polyeucte on faveur des chrétiens.

Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout.

11 font des vœux pour nous qni les persécutons: Et depuis tant de temps «jue nous les tourmentons.

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