‹ Esther (volume 2)Chapitre 67 sur 68 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Rompez vos fers, Tribus captives ; Troupes fugitives, Repassez les monts et les mers ; Rassemblez-vous des bouts de l'univers.

TOUT LE CHŒUR

Rompez vos fers, Tribus captives ; Troupes fugitives, Repassez les monts et les mers ; Rassemblez-vous des bouts de l' univers.

UNE ISRAÉLITE, Seule.

Je reverrai ces campagnes si chères.

UNE AUTRE

J'irai pleurer au tombeau de mes pères.

TOUT LE CHŒUR

Repassez les monts et les mers ; Rassemblez-vous des bouts de l'univers.

UNE ISRAÉLITE, Seule.

Relevez, relevez les superbes portiques Du temple où notre Dieu se plaît d'être adoré. Que de l'or le plus pur son autel soit paré, Et que du sein des monts le marbre soit tiré. Liban, dépouille-toi de tes cèdres antiques ; Prêtres sacrés, préparez vos cantiques.

UNE AUTRE

Dieu descend et revient habiter parmi nous : Terre, frémis d'allégresse et de crainte. Et vous, sous sa majesté sainte, Gieux, abaissez-vous1 !

Les peuples à l'envi marchent à ta lumière. Heureux pour qui Sion d'une sainte ferveur Sentira son âme embrasée!...

(Athnlie, aet. III, se vu ;

1. Belle imitation de ces mots de la Bible : « Inclinavit cœlos et descen- .lit. » [Iteg., II, xxn, v. 10. — Ps. xvn, v. 10.) — Voltaire a dit dau» la Henriade, chant V :

Viens ; des cieux irrités abaisse la hauteur, Fais marcher devant toi l'ange exterminateur; Viens, descends, arme-toi.

J. B. Rousseau s'est emparé de la même imago, Q&?. vue, liv I- •

'.baisse la hauteur de» cieux; Kt viens su,- leur vonte enflammée.

D'une main de foudres armée, Frapper ces monts audAiaienx.

76 ESTHErV

UNE AUTRE

Que le Seigneur est bon, que son joug est aimable ! Heureux qui dès l'enfance en connaît la douceur! Jeune peuple, courez à ce maître adorable : Les biens les plus charmants n'ont rien de'comparabl. Aux torrents de plaisirs qu'il répand dans un cœur Que le Seigneur est bon, que son joug est aimable*! Heureux qui dès l'enfance en connaît la douceur 1 !

UNE AUTRE

Il s'apaise, il pardonne ; Du cœur ingrat qui l'abandonne

Il attend le retour ; Il excuse notre faiblesse :

A nous chercher même il s'empresse.

Pour l'enfant qu'elle a mis au jour Une mère a moins de tendresse.

Ah! qui peut avec lui partager notre amour!

Page 1