‹ EstherChapitre 13 sur 146 · NOTICE. XXV · texte numérisé non relu

NOTICE. XXV

qu'Esther, pour conjurer le péril, aille trouver sou époux et lui déclare sa race. Celle-ci objecte que nul ne peut, sous peine de mort, entrer chez le Roi, sans être appelé ; mais Mardochée lui fait comprendre que Dieu lui-même lui ordonne de se sacrifier pour sa patrie. Esther se résout à tenter cette démarche dés le lendemain.

4. Elle adresse à Dieu une fervente prière, lui rappelant les promesses qu'il a faites a son peuple, et le suppliant, pour le salut des Juifs, d'apaiser en sa faveur le redoutable Assuérus.

5. Le Chœur exprime ses alarmes, prévoit les horreurs du massacre, et implore le miracle de l'intervention divine.

Acte II. — 1. Nous sommes dans la salle du trône. Un officier du palais, Hydaspe, confident d'Aman, lui apprend que le Roi a été agité la nuit par un songe effrayant. Ne pouvant retrouver le sommeil, il se fait lire les annales de son règne. Aman est sombre. 11 expose le vrai motif de sa fureur contre les Juifs. Ce n'est pas une haine de race ; mais l'un d'eux, leur chef, Mardochée. le brave tous les jours aux portes du palais, et refuse de s'incliner devant lui. Toute la race va disparaître ; cependant il ne saurait attendre dix jours encore In mort de .Mardochée. Il est venu demander au Roi l'exécution de son ennemi, el. sûr de l'obtenir, il va faire dresser le gibet de l'insolent.

2. Assuérus sort de sa chambre, suivi d'Asaph, l'un de ses officiers. Il vienl d'entendre le récit du complot que Mardochée a découvert.

3. Asaph lui rappelle que celui-ci est resté sans récompense. Le roi veut réparer cette injustice; il s'informe de son sauveur, et apprend avec stupeur que c'est un de ces Juifs condamnés à périr. N'importe! Mardochée recevra le prix de son zèle.

4. Le Roi fait venir Aman, dont les avis pourront l'éclairer.

5. II lui demande ce que peut faire un grand roi en faveur d'un sujet qu'il veut honorer entre tous. Aman, dans son fol orgueil, s'imagine qu'il s'agit de lui-même. Il propose que ce sujet soit mené dans les rues de Suse, sur un cheval du Roi, et que ce cheval soit guidé par le plus grand seigneur du royaume. Assuérus goûte cet avis, et ordonne à son ministre d'aller aussitôt prendre le Juif Mardochée aux portes du palais, et de le conduire à travers la ville. Aman sort confondu.

(3. Le Roi se dit qu'une telle récompense, accordée à un Juif, est sans doute inouïe, mais qu'elle est juste, et que, d'ailleurs, ce peuple abominable n'en périra pas moins.

f n. Quelqu'un ose entrer. Irrité, le Roi appelle ses gardes. Il voit Esther, avec Elise et quatre jeunes Israélites. Sa colère tombe aussitôt. Cependant Esther s'est évanouie entre les bras de ses compagnes. Il la ranime, la rassure, lui déclare qu'elle est maîtresse de son cœur, et lui accorde d'avance tout ce qu'elle pourra demander. Esther obtient avant tout que le Roi vienne le jour même à sa table, et qu'Aman l'accompagne. Devant ce dernier seulement, elle dira ce qu'elle désire. Ils sortent l'un et l'autre pour écouter la réponse des devins qui doivent interpréter le songe de la nuit précédente.

8. Le Chœur célèbre la puissance de Dieu, qui a calmé le courroux d'Assuérus, déplore l'aveuglement qui livre le Roi au culte de ses fausses divinités, et fait un parallèle entre la vie agitée de l'impie et la paix de l'âme innocente.

Acte III. - i. Aman el sa femme Zarès sont dans Les jardins d'Esther, prés de la salle du festin. Aman est plein de honte el de rage : il vient d'être la risée d'un peuple qui le déteste, el de ei induire Lui-même le triomphe de son ennemi. Sa femme., prévoyant quelque malheur, l'engage à dissimuler son courroux et à fuir La Cour.

2. Hydaspe vient chercher Aman de La pari d'Assuérus. Il lui communique la réponse des devins : •< Un étranger veut taire périr la Reine. » Aman apprend avec joie que le Roi impute ce projet aux Juifs; il se rend au festin.

i. Le Chœur dit toute l'horreur qu'Aman lui inspire. Il chante les principales vertus des rois: la justice et l'amour de la vérité.

{.Les convives sortent de la salle du festin. Assuerus exprime de nouveau sa tendresse à Esther ; il la questionne sur son origine, et l'invite à dire enfin ce qu'elle demande. Esther déclare qu'elle appartient au peuple qui doit être extermine, au peuple de Dieu. Ce Dieu est l'e maître des Cieux et de la terre; c'est lui qui a armé le bras de Cvrus. abattu Canibyse, mis Assuerus sur le trône, et dissipe ses ennemis. C'est lui ipii a l'ait' découvrir a Mardochee le complot qui menaçait les jours du Roi. Dr la haine d'Aman va faire périr l'oncle d'Esther, et. à cause de lui. tous les Juifs, alors qu'Assuérus n'a pas d'esclaves plus fidèles et plus soumis. Le Roi. dont les yeux commencent à s'ouvrir, se retire étonné. après avoir l'ail appeler Mardochee.

.Y Resié seul eu lace d'Esther, Aman, aussi lâche que cruel, prétend qu'il a ele trompe sur le compte des Juifs, et qu'il vase tourner contre leurs ennemis. Le mépris d'Esther lui annonce sa perte ; il la supplie de le sauver.

*i. Assuerus voit Aman aux pieds d'Esther ; devant son trouble, il achève de se convaincre de la perfidie du misérable ; et aussitôt il l'envoie au supplice.

-. Puis il donne a Mardochee les biens et la puissance d'Aman. Les Juifs vont élie libres, le Temple sera rebâti, el (ont tremblera au nom du Dieu d'Esther.

S. Le Roi apprend qu'Aman vient d'être massacre par le peuple; il révoque ledit qu'il avait signé contre les Juifs.

9. Le Chœur chante la ruine de l'impie. le triomphe d'Esther. la délivrance des Juifs, le retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple, la bonté et la toute-puissance de Dieu.

8. Le < Livre d'Esther» dans la Bible. — On trouvera plus loin une analyse et des extraits du Livre d'Esther. Nous n'en parlerons ici qu'autant qu'il sera utile pour mieux l'aire comprendre et juger la pièce de Racine.

Ce livre a été écrit en hébreu, comme les autres livres de l'Ancien Testament, et, comme les autres, il a été traduit en grec dans l'ancienne version dite des Septante. Mais, outre la traduction du texte hébreu, le texte des Septante présente des Additions assez considérables, incorporées dans le livre, chacune à la place

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